« Le Saut du grillon » de Xavier OTZI

Quatrième de couverture : À vingt-deux ans, Sian pourrait vivre l’existence insouciante de la jeunesse bohème. Mais l’arrière petite-fille d’Edmond Locard, le fondateur de la criminalistique, préfère réserver ses nuits au musée Testud-Latarjet. Ses collections autour de l’anatomie humaine la fascinent. Derrière cette étrange obsession, l’absence de sa mère, disparue dans des circonstances énigmatiques.

Quand un inconnu entre par effraction pour dérober un foie infecté, la ville de Lyon se retrouve le théâtre d’événements insolites. Un légiste radié de l’Ordre des médecins se livre à des expériences inquiétantes, des sans-abri se jettent dans le Rhône après avoir été mordus par des rats… Sian décide de mener l’enquête.


Un ouvrage qui offre une ambiance type cabinet de curiosité et polar mêlé. Étrangeté, horreur, enquête, ne sont là que pour faire transparaître davantage la noirceur humaine.


J’avais déjà pu découvrir le talent d’auteur et le style résolument unique de Xavier Otzi à travers son ouvrage L’homme maigre. Ce dernier était une lecture différente qui dans sa simplicité d’intrigue, intégrait énormément de profondeur et de réflexion, le tout manié avec une plume ciselée à la fois délicate et pleine d’éclaboussures, qui donne l’impression d’avoir bourlingué, un style très sombre et parfaitement adapté aux intrigues subtilement fantastiques et très « polarisées » qu’affectionnent l’auteur.

Sian est une jeune femme qui passe son temps entre des virées nocturnes dans le musée Testud-Latarjet en compagnie de son ami Greg et des journées la clope au bec à porter un regard profondément cynique sur le monde qui l’entoure ; les études, son père, les autres. A vingt – deux ans, Sian est résolument décalée ; meurtrie par l’absence d’une mère et passionnée par la criminalistique, l’anatomie humaine et la parasitologie. Sa vie va prendre un autre sens quand un foie infecté de vers morts est volé dans la collection du musée. Non loin, un ancien médecin légiste aux sombres secrets élabore un stratagème à des fins apocalyptiques, Lyon devient le siège d’étranges évènements où il est question de SDF suicidaires et de morsures de rats.

Insolite synopsis présenté ainsi, ne chercher pas ici une grande intrigue policière, tous les éléments nous sont révélés, on sait qui, on sait quoi, on sait comment, mais là n’est pas le plus intéressant de l’ouvrage. L’aspect enquête est ici pour renforcer l’atmosphère sombre et étrange du roman, le polar a quelque chose de nettement moins propre que le policier, c’est souvent plus mystérieux, plus brumeux, et l’intégration de la ville de Lyon, rappelle forcément ces polars parisiens où l’on ne voit jamais le soleil, où tout est noir, pluvieux et venteux. J’avoue apprécier ce type d’ambiance glauque qui frôle avec l’horreur de la situation. Mais l’auteur ne s’arrête pas là, il joue aussi sur le milieu underground, sur ces soirées musicales qui anesthésient toute lucidité et bienséance, où au contraire, on oublie un peu cette vie, cette routine, alcool, drogue et délires divers, une autre façon de s’extirper d’une humanité bridée et codifiée. Polar, underground, mais pas que !

Cabinet de curiosités et ambiance freack show sont aussi au rendez – vous et là, j’avoue que l’auteur a su me rendre aussi enthousiaste sur son univers que dans son ouvrage L’homme maigre. Un musée avec des collections incroyables et assez effrayantes tout de même sur l’anatomie humaine, des bocaux emplis de morceaux d’hommes, des organes, infectés ou non par des parasites, l’odeur de formol peut venir vous titiller le nez et les sens à cette lecture, sans oublier, les hauts-le-cœur liés à certaines scènes. Parce que l’horreur ne réside pas forcément dans le visuel des choses, mais dans le personnage de Damir Kovacs et de ses rats. Sachez qu’après cette lecture, vous ne regarderez plus les rats de la même  façon. Belle ambiance donc conférez à ce livre, on peut décemment parler d’univers « Otzien », très sombre, très noir, et bien loin d’être édulcoré. Pour en revenir au côté monstrueux, Damir Kovacs fait partie des personnages étranges et rebutants, personnage massif aux cheveux longs et à la barbe drue et épaisse, vraiment flippant dans ses idées, ses manigances mais aussi tragique avec un passé douloureux. Indéniablement le personnage fort de cette histoire, sans forcément être attachant, tourmenté, malmené, psychologiquement instable et à la fois intelligent, avec des moments de lucidité apparente, on ne sait pas réellement si le personnage est bercé par la folie ou s’il a bien conscience des choses, tantôt froid, calculateur et violent, tantôt indécis, dominé par le doute et humain.

Les autres personnages n’en mènent pas large non plus, tous plus ou moins abîmés par leur vie ou leur psychologie, chacun d’entre eux traînent ses casseroles. Aucun personnage solaire n’est décrit ici au contraire. Sian est profondément affectée par le manque de sa mère, inspectrice et disparue une dizaine d’année plus tôt dans des contions particulières, le personnage accumule les dérives, et se révèle très observatrice du monde qui l’entoure sans réels émotions, on a vraiment l’impression qu’elle est complètement détachée, c’est assez déroutant, on a une héroïne rock’n’Roll bien éloignée des conventions qui m’a souvent rappeler Elsy dans les Mondes Miroirs. Timmy, l’un des meilleurs amis de Sian, porte lui aussi son propre mal être, hypocondriaque, cherchant sa place entre les sentiments ambiguës pour son amie, ses études et ses soirées underground. Cheb, l’ancien partenaire de Lili, la mère de Sian, tente de tenir sa promesse, protéger sa filleule, mais il traîne aussi ses propres souffrances entre une vie familiale éclatée, des secrets inavoués, une vie professionnelle qui s’étiole. On reste donc dans des figures psychologiquement fortes avec beaucoup d’abîme et de tourments. L’auteur doit affectionner l’analyse d’une humanité dans ce qu’elle a de plus sombre dans des thèmes résolument actuels ; son insertion dans la société, ses vies familiales instables voire détruites, les conséquences de ses idées noires qui s’accumulent…

En bref, avec le Saut du grillon, on n’est pas forcément dépaysé si l’on a déjà lu l’auteur, Xavier Otzi dresse encore des portraits de personnages singuliers, torturés et sombres à leur façon qui gravitent dans un fond d’intrigue policière qui n’est pas le point principal du récit et agrémentent des notions d’étrangeté, presque de monstruosité, rappelant sans cesse, ces cabinets de curiosité et ces freak show d’une époque résolue. Sans oublié la ville de Lyon et ses ruelles secondaires. Tout cela confère à l’ouvrage, une véritable atmosphère typique des univers « Otziens » avec une grande notion d’humanité dans ce qu’elle a de plus noire. Encore une belle réussite pour l’auteur !

Je remercie sincèrement l’auteur pour m’avoir donnée l’occasion de découvrir son roman.

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Premières lignes # 167

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Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.


Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de Replis d’Emmanuel Quentin paru aux éditions de Mü. Voilà un titre que j’ai très envie de lire, l’auteur faisant parti de mes auteurs chouchous que j’aime suivre et dont je guette les sorties des nouveaux romans (avec Nicolas Cartelet, Vincent Mondiot ou encore Michael Roch par exemple). Va falloir quand même que je prenne mon mal en patience, j’ai deux ou trois titres à lire avant, mais à mon avis, il ne va pas traîner longtemps celui-là. Je ne serais pas même pas étonnée de tout lâcher malgré tout pour y jeter un œil !

Quatrième de couverture : La guerre des images a bien lieu. Tout est désormais sous contrôle d’un gouvernement autocratique. Une seule lueur d’espoir : savoir que vous pourrez vous assimiler à vos enfants quand la fin sera venue. Mais à quel prix ?
Daniel Sagnes le connaît. Et quand vient le moment d’accueillir en lui la conscience d’un père qu’il déteste, il n’a d’autre alternative que la fuite.


Voici les premières lignes :

1

Après une courte halte à Araouane, l’occasion de quelques prises de vue et portraits des soldats participant à l’opération de surveillance, le convoi repart en direction de Bouje-Baya. L’ambiance est décontractée. Les militaires ne sont pas présents sur le terrain depuis assez longtemps pour que les conditions climatiques et ce sable si prompt à se glisser partout, aient un impact significatif sur leur moral. Dans l’habitacle, les discussions vont bon train en dépit du vrombissement du VAB. La routine est là, dans la guerre, une routine malgré la guerre, avec son lot d’images et d’odeurs rémanentes, de souvenirs inscrits jusque dans leurs gestes et leur parole.
Le convoi avance en file indienne sur un sable impassible. Le ciel est dégagé. Calme et volu…
On repassera pour le calme. J’oublie la volupté. Le blindé juste devant décolle du sol, soufflé par une explosion, et se retrouve catapulté vers l’arrière. Un instant, je crois voir le visage d’un soldat contre l’une de ses vitres, alors qu’il s’élève dans les airs, tourne sur lui-même et survole le VAB qui le suit.


Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Light & Smell
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages
Vie quotidienne de Flaure
Ladiescolocblog
Selene raconte
La Pomme qui rougit
La Booktillaise
The Cup of Books
Les lectures d’Emy
Aliehobbies
Rattus Bibliotecus
Ma petite médiathèque
Prête-moi ta plume
Au fil de l’histoire
L’écume des mots

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« Nous » de Julie BOZZA

 

Quatrième de couverture : Grae Edwards et ceux avec qui il partage la vedette – Chris Willoughby et Ben Clyde – travaillent bien ensemble. Ils ont peut-être même une alchimie. Ils sont amis, c’est certain, et Grae est tenté d’en demander plus… Quand Chris, ce beau salaud, a l’audace de le rejeter, Grae débute une relation amoureuse confortable avec Ben, qui est plus galant. Mais l’image de Chris ne le quitte jamais vraiment et quand ce dernier suggère qu’ils passent une nuit tous les trois, Grae entrevoit une solution qu’il n’ose espérer.


Un titre qui aurait pu être intéressant par son sujet mais qui n’a pas su décoller jusqu’à la fin !


Mon avis risque d’être un peu découse, ce titre est une vraie déception, j’avoue, j’en attendais beaucoup plus. En général, ce genre de titre est un peu une lecture doudou, vous savez le genre qui coupe entre deux lectures plus profondes ou qui vient « enjoliver » un moment de votre vie où la fatigue s’accumule ou bien une petite baisse de morale qui se fait sentir. Dans mon cas, c’est plutôt la fatigue en général qui choisit mes lectures, dans ce cas-ci j’avais envie d’une romance, il y en a une voire même trois ! Et j’étais curieuse de lire un ouvrage qui abordait ce que l’on appelle le « trouple », un couple à trois.

On suit donc trois hommes aux caractères bien distincts, tous les trois acteurs, ils se rencontrent d’ailleurs sur le tournage d’une série et se lient très vite d’amitié. Grae Edwards est au centre, pourrait-on dire le protagoniste principal, c’est un jeune homme présenté comme talentueux, unique, un physique plutôt filiforme et qui ne cache pas son homosexualité. Il est plutôt passionné. Chris Willoughby est un jeune homme reconnu pour son physique et son côté sexy, il traîne une relation de Don juan, accumulant les conquêtes aussi bien féminines que masculines, ce n’est donc pas un personnage stable dans ses relations bien au contraire. Ben Clyde est plus terre à terre, plus posé et charmant. C’est le sérieux du trio, celui qui nuance un peu les choses, c’est un romantique amoureux et sensible, théoriquement hétérosexuel. Il présente comme un personnage à tendance plus fade qui manquerait d’aspérités pour le rendre un peu plus épais. Oui vous avez bien compris, un homosexuel passionné, un bisexuel sexy et un hétérosexuel romantique, un peu cliché tout ça mais bon ce n’est pas forcément le plus gênant.

L’histoire commence réellement lorsque Grae tente sa chance avec Chris à la fin d’un tournage et que celui-ci le remercie gentiment en laissant toutefois une porte ouverte pour l’avenir. C’est à ce moment que Ben se déclare à Grae et se propose comme solution alternative. Ces deux derniers démarrent alors une relation sérieuse, nouvelle pour Ben qui n’a jamais eu de relation avec un homme, et rassurante pour Grae. Tout se passe plutôt bien jusqu’à ce que Chris revienne dans leur vie. Grae est toujours attiré mais amoureux de Ben, Chris envisage cette fois de tenter le coup avec Grae et, Ben, au beau milieu de ce bazar, cherche à conserver son véritable amour ; Grae. Le triangle amoureux démarre surtout avec au centre le personnage de Grae qui est le lien direct avec les deux autres personnages. C’est vraiment trop facile, Chris débarque après que Grae se soit refusé à lui, et propose une expérience sexuelle à trois. Pour Grae, c’est la panacée, pour Ben c’est différent. Pourtant, ils vont tenter et de là chaque personnage va évoluer à sa façon dans ce trouple, que ce soit d’un point de vue sentimental ou sexuel.

C’est le point le plus intéressant de cette intrigue qui peine à décoller, observer les changements des uns et des autres mais aussi vis à vis des uns et des autres. D’un côté Grae apprécie, entre son désir pour Chris et ses sentiments amoureux pour Ben, il est plutôt bien loti même s’il essaie de préserver Ben au mieux. Pour Chris, c’est la découverte de l’exclusivité mais aussi tout un travail pour obtenir la confiance des autres et montrer qu’il peut être sérieux et engagé dans une relation. Enfin pour Ben, c’est un peu plus complexe, il est dans l’état d’esprit de faire plaisir à Grae et surtout de conserver cet amour unique qui l’a fait basculer de bord, comment trouver sa place dans tout ça ? Évidement, cela amène des sujets de réflexions légitimes ; comment aborder une relation à trois ? comment assurer une place équitable pour tous dans le trouple ? la question des enfants, l’amour , le regard des autres, tout autant de choses qu’induit la relation homosexuelle d’une part, mais surtout la relation amoureuse à trois d’autre part.

A côté de cela, les trois acteurs évoluent également dans leur vie professionnelle, on suit l’écriture, la production et le montage d’une pièce de théâtre pour l’un, l’expérience solo et très talentueuse de l’autre, le tournage d’une comédie romantique pour le troisième, chacun dans sa ligne de prédilection, avec toujours un choix constructif sur leur projet individuel pour mieux se retrouver ensemble sur un projet commun. De ce côté là, ce n’est pas franchement passionnant, c’est linéaire, il y a des références à des classiques, mais j’ai trouvé la thématique du théâtre et du cinéma survolée, sans grand intérêt, servant juste de fil conducteur liant les trois protagonistes.

En bref, le roman se lit bien, heureusement, mais le tout est assez plat, si le sujet du trouple est intéressant, le reste est plutôt ennuyeux, même les scènes de sexe censées être un minimum torrides ne le sont pas, c’est trop mécanique et pas assez sensuel, l’environnement artistique n’apporte pas grand chose non plus, j’avoue être passée à côté de cette lecture que j’ai un peu expédié sur la fin. Une vraie déception à laquelle ses qualités n’auront pas su me convaincre.

Je remercie NetGalley et son partenaire les éditions MxM Bookmark pour ce partenariat.

             

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C’est l’heure du bilan !

Voici le bilan de mes lectures du mois de mai !

N’hésitez pas à cliquer sur l’image du roman pour vérifier si le livre est chroniqué et pour y accéder !


Mon favori : Ce mois-ci, c’est Le Passeur d’Ombres tome 1 : Amour Fatal de Claire McFALL qui m’a particulièrement marqué par son ambiance ! Certes, ce n’est pas une histoire si originale que ça mais l’auteure l’amène plutôt bien et nous embarque dans une Écosse particulièrement fantomatique.

Les bonnes et très bonnes lectures : La ronde des corbeaux d’Angélique Ferreira est une novella qui mêle époque victorienne et légende fantastique, c’est assez sombre mais le conte fait mouche jusqu’à la fin ! Les étonnantes aventures du merveilleux minuscule Benjamin Berlin de Julien Dufresne-Lamy, un titre long et ambitieux qui respecte parfaitement ses engagements, le voyage dans la culture Japonaise en prime !

Les lectures plus mitigées : Deux lectures complètements différentes mais qui m’ont tous deux à leur façon laissé un goût d’inachevé ou de pas assez. De roses et de sang tome 1 : Déviance de Callie Hart est une dark romance, si l’atmosphère peut particulièrement s’enhardir et s’échauffer avec certaines scènes, l’intrigue peine à avancer. Ma vie n’est pas un roman a un fond intéressant mais c’est une histoire d’adolescente alambiquée où il ne se passe finalement pas grand chose.

La déception : Nous de Julie Bozza, ce titre me tentait bien pour son sujet d’un amour à trois, je suis assez curieuse de ce qui sort un peu des « préceptes de normalité » de notre société, mais là, je pense être passée complètement à côté, je me suis ennuyée et la romance ne m’a pas du tout enflammée !

Et j’ai bien entamé : Le saut du grillon de Xavier Otzi, j’ai bien avancé sur cette lecture qui devrait  être finalisée dans les prochains jours avec mon retour à la clé ! Un ouvrage qui offre une ambiance type cabinet de curiosité et polar que j’aime beaucoup !

Du côté des livres audio : Deux livres d’Harlan Coben, Rupture de contrat et Balle de match, j’avais bien envie de découvrir l’auteur mais pas forcément envie de le « lire » de manière traditionnelle. Au final, l’auteur joue la carte d’une ambiance très américaine avec son lot de beaux et belles gosses dans le milieu très « requin » du sport, sans oublié les vulgarités et l’humour qui vont bien. Je ne sais pas si j’apprécierai en tant que lecture mais en audio ça passe plutôt pas mal ! (et j’ai un petit faible pour le personnage de Windsor… qui sort un peu du lot ! 🙂 )

Du côté des titres graphiques : 10 count tome 6, j’ai enfin terminé cette série que personnellement j’ai apprécié de bout en bout, plus particulièrement grâce au personnage de Kurose vraiment bien traité !

Depuis un moment, je voulais commencer la série Be-Twin you and me, un shojo, prise dans une frénésie d’achats, je me suis pris les 8 premiers tomes que j’ai dévoré ! C’est un shojo assez classique avec les clés d’intrigue habituelles mais ça passe très bien et on s’amuse avec les personnages ! Et puis, il faut dire aussi que j’aime beaucoup le style de Saki Aikawa.


En bref, 5 romans lus, 1 bien entamé, 1 novella, 2 livres audio et 9 mangas. Je suis plutôt contente de ce mois synonyme d’un bon rythme personnel !

RDV le mois prochain !

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« Le passeur d’ombres tome 1 : Amour fatal » de Claire McFALL

Quatrième de couverture : Dylan a échappé de justesse à un terrible accident. Du moins, c’est ce qu’elle croit. Car le paysage désolé qui l’entoure n’a plus rien de l’Écosse. C’est une plaine dévastée hantée par des esprits. Et le garçon qui l’y attend n’a rien d’ordinaire. Il s’agit de Tristan, le Passeur chargé de l’amener dans l’au-delà. Mais cette fois, tout est différent. Le plus sacré des interdits pour un passeur est brisé : il tombe amoureux. Et cela pourrait bien lui coûter son âme… ou celle de Dylan.


Une romance YA, oui, mais surtout une ambiance douce, fantomatique, avec une bonne touche de noirceur et de violence… Le temps s’écoule autrement dans cet ouvrage et le lecteur est indéniablement emporté dans un autre univers, entre l’Écosse et le monde des morts, efficace et déroutant. 


Dylan est une adolescente écossaise comme beaucoup d’autres. Élevée par sa mère, elle n’a jamais vraiment connu son père. Cependant, un jour après avoir repris contact avec ce dernier, elle décide de le rejoindre pour un week end de retrouvaille. Alors embarquée à bord d’un train, un bruit éclate et c’est le trou noir. Dylan se réveille seule, aveuglée et perturbée de milles sensations étranges, elle finit par sortir du train, puis du tunnel dans lequel ce dernier était coincé, persuadée que les secours l’ont oubliée. A la lumière du jour, le paysage écossais apparaît, silencieux et dénué de toutes traces de civilisation, là un jeune homme assis la regarde, elle s’approche convaincue qu’il s’agit d’un autre rescapé de l’accident. En réalité, Dylan est dans l’entre-deux, un monde où les esprits demeurent, attaquants leurs proies dès qu’il fait sombre, pour les emporter profondément sous terre. Le jeune homme est en réalité Tristan, le passeur qui l’accompagnera et l’aidera à traverser ce monde hostile pour qu’elle puisse rejoindre l’au-delà et que son âme repose en paix. Mais, la rencontre entre les deux êtres ne va pas se passer comme prévu, le protecteur vacille face à cette âme nettement plus perspicace et attentive que les autres…

J’avoue avoir beaucoup aimé ce premier tome, particulièrement pour son univers et son ambiance qui m’ont littéralement emportée ailleurs, comme dans un état second, une sorte de torpeur livresque, intemporelle et dépaysante. L’auteure étant écossaise, l’intrigue se passe en Écosse, on est surtout baladé dans la vision de l’Écosse de l’héroïne à laquelle vient se greffer un aspect fantastique et divin. Ainsi on traverse des paysages sans bruit, où règne une atmosphère à la fois lourde, lente, mais aussi éprise d’une certaine liberté et de lumière, entrecoupée cependant de moments plus sombres, plus violents et plus haletants où tapis dans l’ombre, des esprits avides quêtent les faiblesses des nouvelles âmes durant leur traversée. On est donc dans un univers contrasté, le pays s’y prête bien ayant déjà tout un folklore légendaire où la pluie et la brume accentuent davantage son côté ténébreux et sauvage. L’intrigue est assez lente, on est dans un dynamisme assez retenu, les jours passent, s’étirent plus ou moins en longueurs, les refuges (zone sécurisée où se réfugient l’âme et son passeur pour la nuit) s’accumulent, on approche peu à peu de la fin du voyage avec le danger qui grandit toujours plus, c’est très centré sur les deux personnages, assez peu sur ce qui les entoure finalement, on a une espèce de huit-clos silencieux et déroutant, mais aussi presque apaisant. C’est dans cette ambiance bien particulière que naviguent deux personnages qui vont nouer une relation inédite et surtout interdite. Personnellement, j’ai beaucoup aimé ce choix de dynamique, cet aspect un peu  contemplatif par moment, les échanges entre les deux personnages et voir naître l’étincelle de sentiments dans leur cœur.

Parlons en de ces deux protagonistes, soyons clairs, ce ne sont pas les plus originaux qui soit mais ils sont plutôt bien posés et attachants. Dylan est une jeune adolescente sans réelle expérience mais qui se révèle forte, intelligente et prête à accepter ce qui lui arrive avec une aisance déconcertante. Elle n’est pas égocentrique mais plutôt empathique, j’ai bien aimé cette forme de naïveté et ce caractère un peu têtu du personnage. Tristan est plus en retrait, plus silencieux et surtout plus mystérieux, on sent qu’il est là pour sa mission et rien d’autre, pourtant la carapace se fêle face à cette rencontre inhabituelle. L’échange et la relation des deux personnages  sont pleins de non-dit et de déni aussi. Il y a aussi une dualité assez forte entre eux, d’un côté on a les doutes et les questionnements de Tristan, qui amènent à une réflexion sur la quête d’identité, les émotions et ressenti et sur ce qu’on paraît être au regard des autres… De l’autre, on a les certitudes de Dylan qui amènent d’autres réflexions, l’envie de vivre et d’aimer, l’adolescence et les premiers émois, la mort, l’acceptation…

Entre l’ambiance et la relation des deux protagonistes, j’ai pensé à deux ouvrages pendant ma lecture que j’avais d’ailleurs particulièrement bien aimé. Angelfall et Les âmes vagabondes, on a à la fois, l’univers hostile, sombre et violent du premier avec ces amours interdits, entre un personnage de la vie réelle et un personnage divin, et l’aspect « âme » de l’autre, avec cette notion d’être non physique mais de l’aimer malgré tout. Le roman se lit vraiment bien, c’est assez simple dans l’écrit mais la qualité est là. Ajoutons à cela que les éditions Michel Lafon ont particulièrement soigné le packaging intérieur avec à chaque première page de chaque chapitre une illustration qui rappelle celle de la quatrième et que j’aime beaucoup. Par ailleurs, ce premier tome a l’avantage de proposer une fin qui se suffit à elle – même même si on s’interroge sur la suite des évènements, cette fin contente autant qu’elle questionne, et c’est plutôt positif !

En bref, un roman young adult qui a parfaitement su m’embarquer, l’univers et l’atmosphère de l’entre-deux sont particulièrement oppressants mais aussi très fantomatiques et pleines de douceur. Effectivement le rythme est assez lent, on ne sort pas des sentiers des deux protagonistes et les jours passent et se ressemblent parfois, pourtant la relation nouée entre les deux personnages est tout en subtilité, bien que la violence se rappelle aussi à eux avec ces esprits vengeurs et assoiffées d’âmes. Un bon premier tome donc et je lirai la suite avec plaisir !

Je remercie les éditions Michel Lafon et plus particulièrement Camille pour cet envoi.

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Premières lignes # 165

2807834

Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.


Aujourd’hui, ce sont les premières lignes d’un ouvrage particulier qui allie écriture et graphisme, il s’agit de Les îles noires, une nouvelle graphique, le n°11 de Petite Bulle d’Univers, parue chez Organics éditions.

Quatrième de couverture : Dans cette nouvelle graphique, l’auteure Sylvie Lainé s’est inspirée des images poétiques du plasticien-graphique Philippe Aureille, images dans lesquelles il redonne vie à des natures mortes. Dans chacune des œuvres se glissent, furtives, des âmes bien vivantes. Sylvie Lainé en a extirpé un conte, sur la difficulté d’être à la fois au monde et avec le monde. Son personnage, Amélia, a du mal à s’intéresser à la vie des personnes qui l’entourent. D’autres choses semblent accaparer son intérêt, des secrets qu’elle partage avec la nature. Sa sœur, Iris, tente tout pour la sortir de ce qu’elle perçoit comme un enfermement … 


Voici les premières lignes :

– C ’est comme si un truc avait disjoncté dans sa tête. Quand tu discutes avec elle tu as l’impression de parler avec un robot. Elle ne sourit pas, elle te regarde à peine, et elle ne te dit que des trucs… utilitaires.
Iris se tord les mains. Elle a toujours cet air angoissé et malheureux, quand elle parle de sa sœur. Sa Sœur Amélia qui, depuis deux ans, est devenue peu à peu une étrangère – ou presque.
Paul tente de réconforter sa femme, comme à chaque fois.
– Elle éprouve encore des émotions. Ce n’est pas un robot. Quand on est allés au bord de la mer, l’autre jour, elle a ramassé un galet sur la plage, elle avait I’ air complètement émerveillée, elle le touchait du bout des doigts, elle le caressait je crois. Tu te souviens ?


Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Light & Smell
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures
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Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages
Vie quotidienne de Flaure
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La Pomme qui rougit
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La Booktillaise
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Le Parfum des Mots
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Shury lecture
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Entre deux lignes
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Figures de style
Ma petite médiathèque
Prête-moi ta plume

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« Ma vie n’est pas un roman » d’Alina BRONSKY

 

Quatrième de couverture : Lors d’une séance de lecture dans une librairie, Kim a la sensation que sa vie lui échappe. Elle se retrouve, littéralement, dans les extraits lus par l’auteure. Malheureusement, l’histoire relatée dans le livre prend un tour tragique. La fiction anticiperait-elle la réalité? Kim va essayer par tous tes moyens — et les plus extravagants ! — de conjurer le sort.


Un roman adolescent rocambolesque bien écrit et qui se lit bien, offrant une réflexion sur la vision de sa propre identité, de la perception de sa vie à travers un univers livresque qui devrait parler aux amoureux des livres. Dommage, qu’il ne s’y passe pas grand-chose !


Kim Joséphine est une adolescente qui n’aime pas lire. Pourtant dans le cours d’allemand, une nouvelle professeure décide d’amener la classe à une séance de lecture dans une bibliothèque locale. Si la majorité des élèves se désintéresse de l’auteure et de son ouvrage, Kim, elle ressent tout autre chose à l’écoute de ces extraits. Une jeune fille dont les parents viennent de se séparer, une mère qui compte les calories, une meilleure amie un peu dingue, un amoureux transit, tout autant de détails qui relatent sa propre vie, Kim va se passionner excessivement pour l’ouvrage quitte à user de tous les moyens pour convaincre l’auteure de changer son dénouement dramatique.

Le fond de l’ouvrage est relativement intéressant et ne manque pas de profondeur. Il aborde des sujets sensibles aux adolescents, la quête d’identité, les vies imaginaires ou que l’on aime imaginer pour s’évader un peu du quotidien, l’excès émotionnel tout cela à travers cet ouvrage littéraire mis en cause par l’héroïne, mais aussi des thèmes plus réalistes mis en valeur cette fois à travers la vie propre du personnage de Kim ; la séparation parentale, les relations familiales mais aussi amicales, les premiers émois amoureux, la famille recomposée, la vie quotidienne lycéenne… Il y a donc dans cet ouvrage, une notion d’imaginaire qui rencontre le réel, une dualité plutôt bien amenée qui finit par s’entremêler, intéressante à suivre. Bref, du côté des idées, il y a du contenu, en revanche du côté de l’intrigue, de l’histoire en soi, cela manque cruellement de dynamisme.

C’est assez plat. On suit une héroïne qui passe beaucoup de temps à se plaindre, un caractère égocentré qui ne rend pas forcément le personnage attachant, évidement l’histoire tourne autour de la vie de ce protagoniste mais on tourne vite en rond. Cette quête d’un changement de dénouement mène au harcèlement, à des réactions puériles et à des situations complètement décalées et plutôt drôles même si cela reste un tantinet excessif. Kim est vite obnubilée par l’auteure et son ouvrage. Elle a une vie d’adolescente assez classique, elle est fille unique, ses parents viennent de se séparer, son père a refait sa vie, sa mère peine à surmonter l’épreuve et en devient quasiment absente. Heureusement, elle a sa meilleure amie, Petrovna, personnage complexe, ambigu et plein d’humour qui aurait certainement mérité d’être un peu plus développer au regard de sa vie familiale qui semble sortir des sentiers battus et de son caractère indépendant et plein de réparti. Parce que si nous avons une héroïne plutôt bien étoffée, les personnages secondaires restent sur la paille et c’est bien dommage car ils se révèlent finalement plus intéressants. Quand à l’auteure à l’origine de tout ce bazar dans la vie de Kim, à part qu’elle a les cheveux gras et qu’elle semble être une vieille fille défraîchie, on n’en sait pas grand-chose de plus.

En bref, un roman qui ne manque pas de fond, bien au contraire, qui est plutôt prenant et facile à lire, qui aborde avec humour l’excès d’imagination, il est juste contrariant qu’il ne soit pas plus intense dans son histoire. Où bien je suis passée à côté, où bien l’auteure aurait pu mieux développer son récit. A vous d’en juger !

Je remercie les éditions Actes Sud pour ce partenariat.

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Premières lignes # 164

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Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.


Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de Cut the line de Pascal Ruter paru en début de mois aux éditions Acte Sud Junior. Le synopsis est intrigant et donne franchement envie de s’y plonger !

Quatrième de couverture : Cinq jeunes musiciens sont les seuls rescapés d’un crash dans la cordillère des Andes. Coupés du monde, ils doivent, pour survivre, endurer le froid, la faim et le découragement. Sans oublier les démons du passé qui, réveillés parle dénuement et la peur de mourir, viennent les hanter. Mais l’ennemi ultime sera peut-être cette frontière infime qui sépare la raison du vertige, l’amour de la haine, la vie de la mort. Dès lors, une seule loi : ne pas franchir la ligne pour ne pas sombrer dans l’abîme. Don’t cut the line.


Voici les premières lignes :

San Domingo, capitale du San Puerto, Hôtel Continental.

Malgré l’heure très matinale, à peine 6 heure du matin, la ville bourdonnait déjà comme une ruche : klaxons, vrombissements de moteurs, sirènes de police, crissements de freins, cris des vendeurs de journaux.
Dans la chambre 32, Roberto commençait à perdre patience. Le jeune garçon pesait de tout son poids sur sa valise pour tenter de la boucler, mais lien à faire, elle continuait à bâiller: trop de souvenirs de toutes sortes entassés au fil des dix jours. La veille, Roberto avait eu beau distribuer presque toutes ses affaires pour libérer de l’espace, faisant ainsi des heureux dans la population locale, la place n’était toujours pas suffisante.
– C’est pas vrai, pesta-t-il, j’y arriverai jamais !


Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Light & Smell
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages
Vie quotidienne de Flaure
Ladiescolocblog
Selene raconte
Pousse de gingko
La Pomme qui rougit
Chat’Pitre
La Booktillaise
The Cup of Books
Le Parfum des Mots
Les lectures d’Emy
Shury lecture
Aliehobbies
Entre deux lignes
Rattus Bibliotecus
Figures de style
Ma petite médiathèque
Prête-moi ta plume

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« Les étonnantes aventures du merveilleux minuscule Benjamin Berlin » de Julien DUFRESNE-LAMY

 

Quatrième de couverture : Benjamin Berlin a un don : il est télépathe. Un vrai pouvoir de sorcier mais parfois lourd à porter. Le déménagement de sa famille au Japon le plonge soudain dans un monde indéchiffrable. C’est pourtant là qu’il va apprendre à maîtriser et à développer son don. Dans son nouveau collège à Tokyo, il découvre qu’il n’est pas le seul à faire usage de la magie. Coïncidence ? Rien n’est moins sûr… De grandes aventures l’attendent.


Sur fond de magie, l’ouvrage offre une réflexion riche et consciencieuse de la jeunesse face à des des « problématiques » quotidiennes ou non. Un ouvrage contemporain intelligent et bien traité.


Benjamin Berlin est petit pour son âge. Depuis toujours, il traîne une taille minuscule qu’il porte comme un fardeau. C’est aussi un télépathe, depuis l’âge de sept ans, il peut entendre les pensées des gens à partir d’un simple contact physique. Un pouvoir dont seule sa famille est au courant et qui le contrarie parfois plus qu’autre chose, l’isolant même de ses proches. Benjamin, c’est aussi le fils d’un diplomate, habitué au changement de pays. Cette fois, il pose ses valises au Japon. Autre langue, autres écrits, autres mœurs, le pays est un véritable choc culturel dans lequel Benjamin plonge à pied joint avec aisance et envie. C’est ainsi qu’il décide d’entrer au collège local quand sa sœur Didine intègre le lycée français, où il trouvera une autre humanité, des amis et peut-être bien aussi un peu de magie.

Benjamin est un personnage certes minuscule par la taille mais très impressionnant pour son âge. Arrivé au Japon, le jeune garçon cherche rapidement à assimiler les codes de cette nouvelle culture bien différente de celle européenne. L’intégration ne sera pas aisée, la vie japonaise demande rigueur, respect et silence, elle nécessite aussi beaucoup de pudeur dans les échanges humains, point d’effusions bruyantes, ce qui n’empêchera pas Benjamin de se lancer à fond dans cette démarche de pleinement s’intégrer. Ainsi suivons-nous, le quotidien de ce petit français expatrié, qui pose de multiples questions à sa gouvernante, et qui impose à ses parents d’entrer dans un collège japonais. Apprentissage de la langue, du vocabulaire, de l’écrit, rien ne l’arrête et rapidement l’intelligence du jeune adolescent fera des exploits. Cette sensibilité à la culture des autres qu’a Benjamin montre ses qualités humaines indéniables et on suit avec plaisir son immersion dans la culture nipponne avec de nombreux clins d’œil et références à ce pays, qui le feront mûrir énormément.

Du côté familiale, le pouvoir de Benjamin crée quelques tensions. Sa sœur, Claudine, en marge des adolescentes classiques, se méfie comme de la peste de ce petit frère qui pourrait découvrir ses secrets et s’éloigne peu à peu, la mère de Benjamin accepte les talents de ce fils prodige mais n’en demeure pas moins anxieuse, quant au père un peu absent, un peu indifférent, va finalement se révéler plus proche qu’il ne paraît. Les relations filiales et fraternelles sont ainsi pointées du doigt par la différence qui vient ébranler un peu tout ça. Mais Benjamin n’est pas seul, des liens d’amitiés se nouent, des liens familiaux éteints se réveillent à nouveau, il découvre aussi que son pouvoir n’est pas le seul et qu’un monde de magie et de merveilleux l’attendent potentiellement, que des soutiens gravitent autour de lui.

L’auteur aborde donc à travers son jeune personnage une multitude de sujets sensibles et humains ; les relations humaines dans tous ses états, la différence physique ou morale, la sexualité, l’adolescence quotidienne, le regard sur soi et les autres, l’écoute des autres, la solitude, la découverte d’une nouvelle culture… Mais il offre aussi une vision jeune et époussetée d’un Japon à la fois moderne et traditionnelle. Une belle manière de découvrir le pays et sa société, ses us et coutumes, ses mœurs, ses spécialités culinaires, ses drôles d’endroits… Évidemment, il saupoudre le tout avec beaucoup d’humour et de tendresse pour son personnage mais aussi de magie, il y a certes des aventures extraordinaires, mais surtout des aventures humaines teintées de drames et de difficultés. Le roman est bien écrit, l’auteur confirme sa plume fine et délicate après le magnifique « Boom », c’est prenant, divertissant, amusant, enrichissant et sensible.

En bref, un joli ouvrage mené tendrement par un personnage jeune et attachant qui, face aux difficultés quotidiennes, se montre d’une belle ouverture d’esprit. Culture nippone, pouvoir paranormal et quête humaine sont au menu de ce roman à découvrir.

Je remercie les éditions Actes Sud Junior (plus particulièrement Nathalie) et l’auteur pour l’envoi de cet ouvrage dédicacé !

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« La ronde des Corbeaux » d’Angélique FERREIRA

 

Quatrième de couverture : Une danse vaut elle votre vie ? Le bal de l’hiver, tant attendu par les jeunes filles de la noblesse anglaise, permet de faire son entrée dans le monde. Or, tous les cinquante ans, lors de cette soirée, est organisé ce que l’on appelle « la Ronde des corbeaux ». Chaque participante reçoit une plume noire qui la désigne comme candidate à la ronde, une danse ou l’une des demoiselles sera choisie par le corbeau, et y perdra la vie.


Une novella historique efficace malgré son petit nombre de pages. L‘intrigue survole le fantastique gothique pour une ambiance sombre et victorienne. Une réussite !


Layla Lallemand, fille de la noblesse anglaise doit faire son entrée dans le monde cette année. Pour cela, chaque année un bal d’hiver est organisé chez les Midfort, permettant aux jeunes filles de la haute société d’éblouir la gente masculine de leur charme et pourquoi pas d’y trouver un mari. Cependant, une rumeur court, tous les cinquante ans, le Corbeau fait son entrée en scène pour y glaner l’âme innocente d’une jeune fille et profite de ce bal pour inviter les prétendantes à une mort certaine à une danse, la « Ronde des corbeaux ». Layla a eu vent de cette légende et souhaite repousser son entrée dans le monde, ce n’est pas l’avis de son frère, et tuteur légal, Gabriel, froid et dur depuis quelques temps…

L’histoire se concentre donc essentiellement sur le personnage de Layla qui redoute le bal de Yul et des conséquences dramatiques qui pourraient s’y produire. On découvre ainsi un personnage orphelin, sous la coupe d’un frère emporté et caractériel, qui ne peut pas vraiment faire asseoir ses opinions. Elle subit les affres liés au comportement de Gabriel, de plus en plus rude et tendancieux tout en redoutant de participer au bal. On y découvre son environnement, sa gouvernante, Emma, rondouillarde et tendre, ses autres jeunes amies qui pépient sur le bal venir et la légende du Corbeau, Charles, charmant aîné des Midfort et ami d’enfance qui rie de ces croyances infantiles.

A côté de cela, on suit le Corbeau et sa passion pour une jeune fille. Changement d’ambiance dans ces passages plus mystérieux, plus lascifs, plus adultes finalement. Le point de vue de ce personnage étrange et emporté par sa fièvre amoureuse est assez savoureux et vraiment bien calibré pour être intégré dans le corps du récit. Il réserve aussi son lot de surprises.

L’auteure offre un très joli conte qui emporte le lectorat dans une ambiance à la fois sombre et romantique. L’intrigue se passe à l’époque victorienne et est donc propice à l’introduction d’un univers historique où le folklore côtoie les mondanités de la noblesse anglaise. Elle dose parfaitement la douceur et la fluidité de son récit avec l’envers du décor sombre et fantastique de la fameuse légende de « la Rondes des Corbeaux », elle baigne le lecteur dans un entre-deux jamais excessif dans l’un ou l’autre des aspects. C’est très juste, le ton est sensible mais pas larmoyant, sans fioriture et bien calculé pour nous balader aussi. Franchement, vu le petit nombre de pages, il n’y a ni temps mort, ni manque de précision, l’ensemble se tient vraiment bien jusqu’à une apothéose surprenante ! Le tout est parsemé d’illustrations venant enrichir le texte.

En bref, la Ronde des corbeaux est un beau conte qui ravira les amateurs d’ambiance à la fois sombre et romantique d’époque victorienne, le tout écrit avec une plume douce et ajustée. L’intrigue fantastique est très bien amenée, ce qui ne gâche rien. Belle découverte.

Je remercie l’auteure Angélique Ferreira pour m’avoir permis de découvrir à nouveau l’un de ses écrits. 

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