« L’étrange ville de Grimsly » de Alyson NOEL

Quatrième de couverture : À Trembleterre, tout est magique. Certains peuvent voler, on y suit des cours pour apprendre à tordre les cuillers par la pensée, les chiens donnent naissance à des cochons et, au final, il n’y a que le jeune Grimsly, 12 ans, qui est anormalement ordinaire.

Aussi, quand un malfrat dérobe les ossements du cimetière pour animaux, la source même de la magie de la ville, le pire est à craindre et Trembleterre est en passe de devenir… normale.

Grimsly et ses amis se lancent alors à la recherche des coupables. Au risque de déterrer un complot dangereusement mortel.


Une petite aventure sympathique au cœur d’un univers magique et ténébreux.


A Trembleterre, on vit en marge du monde extérieur, celui où la magie n’existe pas ou plus. Peuplée d’êtres atypiques aux caractéristiques physiques singulières et aux pouvoirs étranges, un tremblement de terre anime chaque jour la ville et son camouflage de brume, où le soleil ne perce pas. Au détour des chemins, on peut y trouver des lapins aux pelages multicolores et des plantes carnivores et voraces, mais aussi un cimetière d’animaux où bientôt les ossements disparaissent affaiblissant l’aura magique de la ville. Pourquoi ? Grimsly du haut de ses onze ans est le gardien du cimetière et le maître de cérémonie des enterrements. Pourtant, il est un personnage des plus ordinaires, dénué de magie et de pouvoir, dépourvu de singularité physique, Grimsly est rapidement accusé de la malédiction qui touche la ville. Démarre alors pour lui une aventure faite de rencontres étonnantes, d’énigmes et secrets familiaux, d’épreuves et révélations difficiles pour trouver la vérité et déjouer les plans les plus fourbes.

On suit donc essentiellement le personnage de Grimsly, un jeune adolescent orphelin reflet d’une jeunesse mal dans sa peau, vivant mal son originalité qui n’en est pas vraiment une et sa différence qui attire les regards accusateurs des uns mais aussi la vénération des autres. C’est un personnage qui dénote finalement par son manque de folie et de magie, là où certains personnages lévitent ou tordent des cuillères, Grimsly est pour la première fois dans l’histoire de la ville le seul qui ne sait rien faire de magique. Il se sent donc inutile et un profond désarroi s’installe en lui. Évidemment, ce personnage si différent dans sa « normalité » va peu à peu se construire, se sentir moins inutile et prendre confiance en lui au fil de l’aventure et se révéler bien plus indispensable qu’il n’y parait.

Autour de lui gravitent des personnages différents, un peu trop manichéens pour être réalistes cependant, on a les bons d’un côté souvent magique et les méchants de l’autre souvent extérieur. Des amis, des ennemis, des rencontres surprenantes et instructives, la galerie de personnages secondaires est riche et bien ancrée dans l’histoire. Ils manquent toutefois d’une certaine forme d’étincelle pour être réellement attachants, ils sont classiques pour ce genre littéraire jeunesse mais ne dénotent pas forcément par une grande originalité.

Finalement, la richesse de l’ouvrage repose sur Trembleterre et ce qui entoure cette ville magique plus que ces personnages et son intrigue relativement simpliste. Il y a un côté désinhibé très intéressant, on n’est pas chez les bisounours, il y a des scènes intenses, violentes, des notions d’isolement, de meurtres, d’harcèlement, de bizutage, de torture psychologique et physique, tout en restant soft et surtout suggéré. Une lecture automnale idéale en période d’halloween pour de jeunes adolescents. Il y a aussi tout un côté naturaliste, où le monde animal, le respect de leur dépouille mais aussi l’environnement, prennent du sens, mais aussi païen dans cette ville, de même qu’une approche ésotérique avec ce cimetière, ces ossements et les pouvoir qui leur sont associés. Au final, le côté sombre et gotique timburtonien m’a particulièrement plu à l’image de la couverture. Cette dernière est particulièrement jolie.

Ce qui m’a en revanche le plus gêné, c’est le passage du monde magique au monde extérieur qui est un peu trop tranché et brutal, cela manquait clairement de subtilité. J’avoue que ma lecture en a été perturbée, avec cette impression de démarrer une nouvelle histoire, les deux univers sont tellement différents, on passe de quelque chose de solaire dans les brumes à des ténèbres en plein jour. On finit toutefois par s’acclimater. Sans oublier que tout arrivait trop facilement au bon moment, décidément le hasard fait souvent trop bien les choses dans ces romans et sont d’un tout autre niveau que dans notre monde.

L’ensemble est donc divertissant mais pas transcendant, cela reste une lecture  assez simple, avec une intrigue basique mais efficace. Le style n’étincelle pas d’un haut niveau littéraire mais à l’avantage de rendre le récit fluide et la lecture rapide, les chapitres sont  courts et donc dynamisent le tout. Les thèmes abordés sont justes et toucheront le public visé mais aussi les plus grands ; l’amitié, la différence, la notion de normalité, le harcèlement et la violence, la confiance en soi, la douleur émotionnelle, l’amour filial, le rapport à la terre (nature, cimetière, monde animal, environnement, …), etc.

En bref, une histoire divertissante dans un univers sombre timburtonien qui a cependant le défaut d’être un peu trop manichéen et simple pour parfaitement convaincre. Cela reste néanmoins une lecture plaisante.

Je remercie les éditions Michel Lafon et plus particulièrement Camille pour cet envoi.

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Cold Winter Challenge 2018

Depuis 7 éditions maintenant, le challenge Cold Winter réchauffe les fraîches soirées hivernales des lecteurs et lectrices, une couette, un bon thé et c’est parti ! Margaud du blog Margaud Liseuse propose de suivre ce challenge sur un groupe FB. Il s’agit de nous préparer une petite pile à lire pour tenir durant 2 mois de froid. Les thèmes ? Le froid, Noël, l’hiver, etc… mais rien n’est figé, chacun est libre de concocter sa PAL. Dans nos choix de lectures, il est demandé d’intégrer un titre qui correspond à l’un des quatre menus proposés.

Le but est de choisir 1 menu minimum et de remplir la condition de lecture du menu choisi en lisant 1 livre lui correspondant ou de mettre plusieurs livres dans le même menu, ou de choisir plusieurs menus, etc. Pour le reste de notre PAL, nous sommes totalement libre (froid ou pas, Noël ou pas).

Étant donné que le Pumpkin Autumn Challenge m’a bien plu, j’avais bien envie de réitérer un challenge saisonnier. C’est donc ma première participation à ce challenge !


Les menus

Pour ce premier menu, mon choix s’est porté sur une romance, et oui on ne va pas me changer ! Et j’avoue adorer lire ce genre de livre pendant cette période propice. Ce sera donc Au pied du Sapin de Keira Andrews, le titre, la couverture, l’histoire, cadre bien avec ce challenge.

Pour ce second menu, j’ai le choix entre Loup y est tu ? d’Angela Behelle, une romance qui correspond à une réécriture de contes, Noire Neige de Nicolas Skinner, un roman fantasy sombre, entre le titre et la couverture, je pense qu’on est dans le thème ! Et La fée des Glaces de Maxence Fermine, là aussi je ne pouvais faire plus « glacial ».

 

Pour ce troisième menu, j’avais dans ma PAL Le dernier ours de Charlotte Bousquet où l’on devrait baigner dans les grands espaces, la nature…

Enfin, pour le dernier menu, j’ai choisi La disparue de Noël de Rachel Abbott, un thriller hivernal qui je l’espère se révélera haletant !


Catégories bonus

Si l’on souhaite se challenger un peu plus, il existe des catégories bonus, à ajouter aux menus de bases qui permettent de gagner des points supplémentaires. Ces catégories bonus, présentés ci-après, doivent impérativement être associées à un des quatre menus et peuvent se combiner avec un seul livre.



Et à la fin on gagne quoi ?

On gagne des paliers ! 🙂

  • C’est l’heure du thé. De 1 à 10 points devenez un petit Bonhomme en pain d’épices.
  • Pas de repos pour les braves ! de 11 à 20 points vous serez un Lutin du père Noël.
  • Qui croira en vous ? de 21 à 30 points vous transformerez chaque brise en tempête de neige, devenez Jack Frost.
  • Dès 31 points, palais de glaces et bonhomme de neige à gogo ! Libérée, délivrée, laisser chanter la Reine des neiges qui en est vous !

Voilà, en espérant que j’arrive à tenir ce programme (Goûter aux quatre menus serait idéal !).

Et vous participez – vous à ce challenge ?

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« Pourquoi pas nous ? » de Becky ALBERTALLI & Adam SILVERA

Quatrième de couverture : Arthur est à New York pour l’été, en attendant de savoir s’il va être reçu à Yale. Lorsqu’il croise le chemin de Ben dans un bureau de poste, c’est le coup de foudre. Il y voit un signe du destin. De son côté, Ben doute que le destin soit de son côté : il vient de rompre avec son petit ami, Hudson, et n’est pas vraiment prêt pour une nouvelle relation. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne parviennent à oublier cette première rencontre. Au fil des rendez-vous, les deux garçons se rapprochent, jusqu’à ce qu’Arthur découvre que Ben, toujours ami avec Hudson, préfère se confier à son ex-petit copain. Arthur est dévasté. Il est persuadé que son amour est à sens unique. Il leur faudra le soutien de leurs amis pour dépasser les malentendus afin de mieux se retrouver. 


Une jolie romance coup de foudre pleine d’humour et de premières fois entre deux personnages young adult très différents qui soulève quelques réflexions dans un cadre new-yorkais très tendance.


Pourquoi pas nous ? C’est la rencontre de deux personnages masculins que tout oppose, une romance coup de foudre comme on aime en cette saison. Une rencontre inopinée dans un bureau de poste, un sourire amusé et complice, un échange platonique prometteur et une perte de vue impromptue qui vient tout gâcher ! Comment retrouver l’autre qui obnubile nos pensées sans informations identitaires précises, qui plus est en pleine ville new-yorkaise ? Entre recherches internet, pensées communes, déduction logique et une bonne dose de motivation, la quête va finalement porter ses fruits pour des retrouvailles tout en douceur et des premières expériences tout en intensité.

D’un côté,  on a Arthur, un garçon de seize ans, pas très grand qui passe l’été à New-York en compagnie de ses parents. Il en profite pour faire un stage dans le cabinet d’avocats où travaille sa mère. Arthur c’est un garçon intelligent qui convoite l’université de Yale, il est rêveur, optimiste et d’un enthousiasme communicatif. Il a depuis peu fait son coming out et ses amis, avec qui les relations amicales sont bancales, comme ses parents, qui se disputent souvent, sont parfaitement au courant, il le vit donc plutôt bien dans sa vision idéalisée de la chose. Arthur croit au destin, aux signes de l’univers, et est persuadé que sa rencontre avec Ben n’est pas le fruit du hasard. Embarqué par sa folle innocence et ses émotions, il fera tout pour le retrouver et y arrivera ! Comme un enfant, Arthur est tout excité par la nouveauté et est friand des découvertes qu’il peut faire, passionné, il vit à fond les choses et ses premières expériences avec Ben seront très exaltées, intenses parfois même un peu excessives du coup les désillusions sont nettement plus fortes et blessantes pour lui. On sent qu’il n’a pas d’expérience dans les relations amoureuses avec un autre garçon, il ne s’en cache pas et cela se traduit parfois sous une forme de maladresse attendrissante. Arthur est donc entre la sensibilité et l’ébullition.

De l’autre, Ben est tout le contraire, il est grand, vit depuis toujours à New-York, doit suivre des cours de rattrapages estivaux afin d’éviter le redoublement, a certaines difficultés financières et vient de subir une rupture douloureuse. Il ne croit donc plus en l’amour et encore moins aux signes que l’univers pourraient lui envoyer. C’est un personnage plutôt pessimiste, ayant une très mauvaise image de lui-même et ne croyant absolument pas en ses talents d’écriture, sa passion. Aussi évolue t-il doucement dans cette relation, prenant une certaine distance, sans réellement y croire bien qu’il soit lui aussi attiré par ce garçon qui s’éloigne de son type d’homme habituel. Il envisage une amitié plus qu’autre chose, mais c’est sans compter sur la motivation d’Arthur, qui va attiser quelque chose de plus profond chez Ben.

On a donc deux garçons qui se cherchent et en manque de confiance de façon différente, l’un dans ses premiers émois amoureux qui doute sans cesse d’être un bon petit copain, l’autre se dénigre, persuadé de ne pas être suffisamment intelligent ou talentueux pour l’autre. C’est une relation estivale plus profonde qu’une simple amourette de saison, l’un est porté par l’autre. Arthur prend confiance, découvre l’amour, le contact physique et vit des expériences qui lui paraissent extraordinaires. Ben prend confiance d’une autre façon, se sent beau et intelligent auprès d’Arthur qui le valorise énormément et croit de nouveau en l’amour et au bonheur. Ces deux personnages seront chaperonnés par une batterie de personnages secondaires qui auront leur importance et viendront raccrochés nos personnages principaux à une certaine réalité tout en renforçant les différents thèmes abordés.

Le tout est mené par un style fluide et prenant, le roman se lit bien et vite, avec une bonne dose d’humour ce qui ne gâche rien. Les traits d’humour des auteurs dédramatisent certaines situations. C’est très tendre, les personnages sont attachants, on vit toutes leurs découvertes et expériences avec eux, et on plonge avec émotions dans leur relation. On passe un agréable moment et c’est bien là le principal. J’ai particulièrement aimé la partie quête d’Arthur pour retrouver Ben, c’était tellement mignon ! Quant aux thèmes abordés, ils sont nombreux et bien ancrés dans l’histoire ; l’homosexualité évidemment mais aussi relation de couple, premières fois, la notion de confiance en soi, les désillusions, et surtout l’amitié et l’amour.  La seule chose qui aura légèrement ternie mon enthousiasme est cette fin qui n’est pas celle que j’attendais, elle est cependant ouverte, j’espère qu’elle laisse présager une suite.

En bref, une homoromance young adult pleine d’humour, de tendresse qui fait passer un bon moment de douceur et teintée d’une petite dose de magie propre aux coups de foudre. Lecture cocooning de saison !

Je remercie NetGalley et son partenaire les éditions Hachette pour ce partenariat.

              

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« La légende des quatre tome 2 : Le clan des Tigres » de Cassandra O’DONNELL

Quatrième de couverture : La guerre contre les hommes est imminente : les hauts Conseils des Yokaïs se préparent déjà au pire tandis que Bregan, Maya, Nel et Wan associent leurs efforts pour éviter l’inéluctable. Et, alors que le visage de leur véritable ennemi se dévoile, les quatre héritiers n ont qu une idée en tête : éviter le bain de sang qui se prépare et protéger ceux qui leur sont chers…


Un second tome plein d’énergie avec une intrigue post-apo-écologique qui s’étoffe et vient dessiner un peu plus les traits de caractère de nos quatre héros et les secrets de leurs clans. Divertissant !


Avec ce second tome, l’auteure nous embarque au cœur des Taigans et de leur complot politique ! On cible donc le personnage de Bregan que l’on avait pu bien découvrir dans le premier opus. On le retrouve ainsi dans son clan, où il se querelle sans cesse avec sa mère, froide et rigide, et passe beaucoup de temps dans l’arène à combattre ceux qui le défient sous prétexte de prendre sa place dans la succession du chef de clan. Les manigances vont bon train et malheureusement vont vite dégénérer. Mika le petit frère de Bregan fuit et se retrouve sur la terre des Serpais face à Wan et deux de ses acolytes plutôt gourmands. Accusé de trahison, Bregan, accompagné de son meilleur ami Cook, est obligé de fuir la terre des tigres sous peine de se faire tuer. De son côté, Maya est toujours isolée de la meute et a interdiction de se transformer. Elle sera bannie et deviendra une louve solitaire. Pendant ce temps là, Nel, curieuse et futée, apprend qu’un groupe d’hommes cherchent à nuire aux yokais et n’hésitent pas à se rendre sur les terres interdites où ils auraient potentiellement trouvé une nouvelle arme.

On plonge donc une nouvelle fois dans une aventure qui voit venir l’affrontement entre les Yokais et les hommes mais aussi révèlent de nombreux conflits internes et combines pour s’approprier le pouvoir. Les quatre jeunes héritiers doivent donc à nouveau s’unir pour déjouer les plans machiavéliques du groupuscule humain qui n’hésite plus à prendre des risques pour s’approvisionner en arme nocive et dévastatrice pour les métamorphes. Dans un premier temps, on suit donc les mésaventures de chacun après leur retour dans leurs clans respectifs suite à leur désobéissance, Maya est sévèrement punie par son clan et contrainte à l’isolement, Bregan doit sans cesse se battre pour défendre sa place et déjouer les vices des plus proches, Nel a subi le courroux violent de sa mère, quant à Wan, toujours égal à lui-même, n’a a priori eu aucune sanction de son clan où il est plus que respecté malgré son jeune âge. Dans un second temps, on suit leur aventure commune dans une quête vouée à faire avorter les plans des hommes. Sur leur chemin se dresseront beaucoup d’embûches, leurs propres clans, des hommes chasseurs, des créatures légendaires effrayantes et empreintes de folie, d’anciens maux et des terres particulièrement hostiles, ravagées et abandonnées, véritables No man’s land. Et avec cela, une légère vision du passé, des catastrophes qui ont eu lieu et des technologies humaines anciennes méconnues des Yokais. Une nouvelle aventure au cœur de laquelle des thématiques certainement sensibles à l’auteure viennent se greffer ; les manigances politiques, l’écologie, les catastrophes humaines qui nous pendent au nez et de manière plus positive ; l’entraide, l’amitié et même l’amour.

L’auteure garde son style très franc, direct, dynamique et ne tourne pas autour du pot. Les jeunes héritiers doivent faire face à certaines violences, et certains ne seront pas épargnés. J’aime l’idée que Cassandra ne fasse pas dans la dentelle avec ses personnages, ils ont leur personnalité très marquée ; Bregan, le tigre froid et autoritaire, Maya la louve protectrice et loyale, Nel l’aigle intelligente et stratège, Wan le serpent vicieux et sociopathe, et restent avant tout des prédateurs, des créatures qui aiment la chasse et qui n’ont pas peur du sang qui coule. La mort fait partie intégrante de l’histoire. Dans ce tome, ils évoluent beaucoup, certains plus positivement que d’autres, ils grandissent, prennent conscience des responsabilités qui les attendent, s’ouvrent bien plus que leurs prédécesseurs et s’allient pour leur peuple face à des humains de plus en plus en colère d’être sectarisés. Et si les relations entre les uns et les autres ne sont pas toujours faciles, elles s’affinent, s’intimisent aussi et les uns et les autres se découvrent tout autrement que selon leurs idées préconçues et les ont-dit des anciens. J’ai une affection particulière pour Wan qui représente l’interdit, il ose tout sans aucun regret, il prend un virage dans ce tome et j’espère que l’auteure ne dessinera pas un virage trop en « épingle à cheveu » pour ce personnage qui est particulièrement sexy dans son côté sombre et mystérieux. Il me tarde d’en savoir plus ! En parlant de relation entre personnages, des amourettes se dessinent et pas forcément celles auxquelles on aurait pu penser, j’avoue ne pas savoir si cela m’emballe ou pas !

En bref, un second tome qui se dévore tant il est fluide à lire et divertissant, on passe un bon moment de lecture, simple et efficace. On pourra y reprocher un certain manque d’approfondissement et des relations entre personnages un peu trop tranchées qui manquent de subtilité. Toutefois, nul doute qu’il plaira autant que le premier opus aux adolescents, cibles de cette saga trépidante et aux personnages particulièrement attachants !

Je remercie l’auteure Cassandra O’Donnell et les éditions Flammarion pour l’envoi de cet ouvrage tant attendu !

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Bilan : Pumpkin Autumn Challenge – Session Magies et Sorcières – 2018


Tout début septembre, Guimause du blog Le terrier de Guimause proposait de nouveau son challenge automnal. Cette année la thématique cible la Magie et la figure de la Sorcière.

A titre personnel, je ciblais l’option 2 avec le niveau « ça s’appelle avoir les crocs » soit 8 lectures. J’avais d’ailleurs préparé une petite sélection que j’ai effrontément snobée pour d’autres choix…

Voici mon bilan en image, je n’ai pas finalisé certaines chroniques encore, j’ai aussi interverti des titres annoncés dans certaines catégories pour en combler un maximum cela va de soi ! ^^ Le principal est que j’ai quand même réussi mon objectif premier puisque si l’on fait les comptes, je finalise le challenge avec le niveau un appétit de Goule (merci le livre qui compte double ! 😉 ).


— Menue 1 —

Face Screaming in Fear on Samsung Experience 9.5 Le cri de la Banshee  Face Screaming in Fear on Samsung Experience 9.5

 

Ghost on Twitter Twemoji 11.1Le Fantôme de l’opéra Ghost on Twitter Twemoji 11.1

Vampire on Facebook Vous prendrez bien un verre de true blood ? Vampire on Facebook

 


— Menue 2 —

Trick or Treat

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Hot Beverage on Mozilla Firefox OS 2.5 Pomme au four, tasse de thé et bougie Hot Beverage on Mozilla Firefox OS 2.5

(Livre compte double car il se passe en automne à la période de la Toussaint)

Fallen Leaf on Apple iOS 11.3 La feuille d’automne emportée par le vent, en rondes monotones,
tombant, tourbillonnant Fallen Leaf on Apple iOS 11.3


— Menue 3 —

Wind Face on emojidex 1.0.34  Witches Brew  Wind Face on emojidex 1.0.34

 

Candle on emojidex 1.0.34 Cristaux, tarot et encens Candle on emojidex 1.0.34

Woman Mage on Apple iOS 11.3 Balai Pattes ! Woman Mage on Apple iOS 11.3


— Menue 4 —

Wolf Face on emojidex Les métamorphoses Wolf Face on emojidex

Elf on Facebook 2.2.1 Clochette, Grimoire et Chandelle Elf on Facebook 2.2.1

Deciduous Tree on Apple iOS 11.3 Au détour de Brocéliande Deciduous Tree on Apple iOS 11.3


Un chouette challenge qui touche à sa fin. Je n’ai malheureusement pas pu être aussi présente sur le groupe FB que je l’aurai souhaité mais c’était tout de même très sympa de suivre les lectures des uns et des autres et de sentir cet élan commun début septembre lors de l’établissement des listes de chacun. Une expérience à réitérer sans nul doute. Je réfléchis au Cold Winter Challenge maintenant, vais-je participer ? Je ne sais pas encore.

En tous cas le RDV est pris pour l’an prochain !

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C’est l’heure du bilan !

Voici le bilan de mes lectures du mois de novembre !

Vous pouvez cliquer sur certaines couvertures des ouvrages présentés pour aller sur le lien des avis déjà rédigés mais comme d’habitude, je ne suis pas à jour.


Mon favori : Ce mois-ci, les Confessions d’une Séancière m’ont complètement embarquée dans leur univers. C’est un roman singulier qui vous emporte au cœur des rites, des croyances et de la magie chamanique martiniquaises, captivant !

Du côté des très bonnes à bonnes lectures : On commence avec la Légende des quatre tome 2 : Le clan des Tigres qui voit une belle évolution des personnages et une intrigue dynamique. L’auteure ne joue pas dans la sensiblerie ; les morts et la violence continuent de s’accumuler dans un univers post-apocalyptique qui devrait sensibiliser nos jeunes adolescents !  Les Planches Pourries est une lecture pleine de vie, d’improbables et d’humour, il y a dans cette lecture quelque chose de jubilatoire et d’assez dément même avec son lot de drame, si vous avez lu Kafka sur le rivage, et surtout que vous l’avez aimé, vous devriez fortement apprécié celui – ci ! Stolen est un roman touchant qui embarque son héros dans une quête de ses origines et dans une crise de vérité au travers de l’outback australien aussi fascinant qu’inquiétant où culture, tradition, croyance et famille se mêlent dans une quête de soi. Le tout pour dénoncer le phénomène des stolen générations qui a existé en Australie.

Enfin, Pourquoi pas nous ? est une homoromance young adult plutôt sympa qui se passe au cœur de New York et qui vient poser pas mal de réflexions sur l’identité de manière générale, mais aussi l’avenir, les amitiés, les amours. On passe un bon moment !

Du côté des titres graphiques : Ce mois-ci, je me suis rattraper dans les lectures de mangas. A commencé par les troisièmes tomes de In these Words et d’Eclat(s) d’âme. Le premier est toujours aussi sulfureux, sombre et psychotique mais surtout très prenant. Le second traite toujours de la « communauté » LGBT avec ici, la problématique des idées reçues, du rejet et de l’incompréhension. Encore une belle lecture. Le cinquième opus de l’Enfant et Le Maudit reste dans la lignée des précédents, un visuel splendide et une histoire qui s’épaissit toujours davantage.

Le diptyque Rêve de coucou est un manga yaoï visuellement très beau et tout en finesse, et la romance qu’il renferme ne gâche rien. C’est tout en sensibilité et très fort à la fois. Un joli coup de cœur !

Ensuite, j’ai achevé le manga L♥DK en lisant les 7 derniers tomes (sur 24 !), un chouette et beau shojo avec les rebondissements classiques du genre et une fin qui contente.

Enfin, le tome 4 de Elfes : l’élu des semi-elfes est certainement celui que je préfère visuellement depuis le départ, le dessin est très soigné, vraiment superbe, il n’y a aucun défaut.  Quant au synospsis, c’est toujours de qualité.


Et j’ai entamé :


5 romans, 12 mangas et 1 BD ! Ce mois-ci était donc davantage consacré aux bulles

RDV au mois prochain !

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« Confessions d’une séancière » de Ketty STEWARD


Quatrième de couverture :
À la faveur d’une nuit étoilée, la Séancière t’ouvre les portes de son île. Tu devras emprunter une langue de sable interminable à travers l’océan et braver bien des dangers.
Tu entends déjà Manman Dlo t’appeler par ton prénom. Sa voix t’attrape le cœur et ne le lâche plus.
Papa Dlo marche à ta rencontre au-dessus des flots, te désignant du bout de sa canne la crique où tu trouveras tout ce que tu cherches et, peut-être aussi,
ce que tu fuis.


Un roman singulier qui vous emporte au cœur des rites, des croyances et de la magie chamanique martiniquaises, captivant !


Confession  : Acte de déclarer ou d’avouer quelque chose.

Séancière : Chaman invoquant les esprits pour guérir le mal lors de séances voisines du rite vaudou


Confessions d’une séancière est un ouvrage envoûtant qui emporte le lecteur dans les mythes et superstition martiniquais, au travers de ces pages bien écrites et captivantes, on y découvre les légendes ; Papa D’lo et son océan d’amertume, Manman D’lo et son charme de sirène, côtoyant d’autres créatures viles et joueuses, des esprits perdus ou malins ou encore des hommes démons. Tout autant de choses qui alimentent l’imaginaire et les croyances créoles, sans oublier les malédictions qui nécessitent l’intervention chamanique d’un séancier pour contrer le mal qui ronge.

Chaque nouvelle voit un personnage, qu’il soit enfant ou adulte, dédié à une histoire mettant en scène tout un folklore riche et varié, allant de la divinité aux  créatures fantastiques et malines, en passant par des malédictions inopinées et virulentes, voire même des fantômes. Chacun est touché d’une façon ou d’une autre par des actes ou des esprits surnaturels. On y trouve aussi au travers de ces écrits, des descriptions de la vie quotidienne des martiniquais souvent frivole : la danse avec le Zouk ou les relations de voisinage, mais aussi des thématiques plus fortes et actuelles, souvent féminines ; le viol, la violence, la mort,… Les nouvelles ouvrent donc à des réflexions plus subtiles qu’elles n’y paraissent.

Ce qui se dégage de ces nouvelles est très sombre, il y a une grande part d’occultisme dans ces croyances créoles qui surfent sur le Vaudou, il y a d’ailleurs un clin d’oeil à Haïti, avec une grande touche de fantastique et d’imaginaire insolite, inquiétante mais qui dénoue toujours sur quelque chose de positif ou une morale sensée et intelligente. La sorcellerie semble avoir une emprise importante dans ces mœurs sociétaires. Toutefois, l’auteure n’en oublie pas un humour qui vient sourdre parfois au travers de ces histoires.

L’ensemble est vraiment bien écrit, la lecture est fluide et dynamique, avec à chaque nouvelle un suspens et une fin qui contentent. Chaque nouvelle est précédée d’un poème court à la mise en page ludique et originale, des mots qui touchent, qui entretiennent l’imagination, qui claquent dans notre esprit telle des incantations, préparant celui-ci à la lecture de la nouvelle qui suit. Un bel hommage de l’auteure à ses racines avec en prime une nouvelle entièrement écrite en créole (sans traduction toutefois) et un lexique explicatif des différents termes locaux usités dans l’ouvrage.

Un petit mot sur la couverture tout de même, on commence à connaître les œuvres photographiques de Jean-Emmanuel Aubert qui illustre de belles couvertures chez Mü éditions (Cyberland ou Dernières fleurs avant la fin du monde), en général c’est très linéaire, avec des lignes de fuite qui vous donnent cette impression de sombrer dans l’infini. Dans ce cas, c’est un peu différent mais on y trouve toujours ce quelque chose qui vous capte, ici cette impression d’oeil qui se rapporterait à la partie croyance ou de coquillage qui se rapporterait à l’île des Antilles, et donc au côté créole. En tous cas, elle joue sur les deux tableaux et sublime de manière efficace le contenu.

En bref, un petit ouvrage assimilable aux mémoires d’une Séancière, qui viendrait là nous conter les expériences surnaturelles et fantastiques qu’elle a pu recueillir et annoter dans un vieux grimoire, une façon de transmettre la prudence et le savoir de ces rites anciens. La plume douce et piquante de la Séancière captive et envoûte son lectorat à chaque histoire contée et à chaque poème citée. Quand l’imaginaire créole vous emporte dans l’océan des légendes et croyances, où les superstitions flirtent avec les malédictions, Papa Dlo et Manman Dlo ne sont jamais bien loin.

Je remercie Babelio et son partenaire le Peuple de Mü pour ce très bel envoi.

 

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« Stolen » de Pascale PERRIER

 

Quatrième de couverture : Encore bébé, Joshua est retiré à ses parents aborigènes pour être confié à un couple de Blancs. Jusqu’à ses quinze ans, il grandit parfaitement assimilé, quand surgit brusquement Ruby, qui se présente comme sa sœur de sang. Pourquoi l’a t-on kidnappé ? La vérité est -elle préférable à l’inconnu ? Joshua se lance dans une quête de ses origines qui l’emmènera loin, sur les terres de ses ancêtres.


Un roman touchant qui embarque son héros dans une quête de ses origines et dans une crise de vérité au travers de l’outback australien aussi fascinant qu’inquiétant où culture, tradition, croyance et famille se mêlent dans une quête de soi. Le tout pour dénoncer le phénomène des stolen générations qui a existé en Australie.


Joshua est un adolescent élevé par un couple de blancs qui a perdu un enfant et qui a décidé d’en adopter un autre pour le remplacer. Joshua a toujours accepté cette situation, conscient de la chance de vivre sereinement et dans une famille aimante par rapport à d’autres « abos » non adoptés. Joshua est un peu trop clair de peau pour un aborigène et un peu trop foncé pour un blanc, aussi est-il toujours dans un questionnement identitaire incessant même s’il se considère davantage comme un « Aussie ». Élevé dans l’oubli de ses origines et de ses ancêtres, il connaît peu les us et coutumes des aborigènes, voire même porte un regard plutôt négatif sur ce peuple à la dérive. Il ne se vante pas de ses origines car il est plutôt bien intégré dans sa vie avec les blancs. Mais un jour, une jeune fille débarque dans sa vie, elle dit être sa grande sœur et elle va complètement « fracasser » son quotidien et ses certitudes. Des doutes apparaissent, une certaine distance se crée avec ses parents adoptifs et beaucoup de nouvelles questions sur son identité se posent. Il n’a pas d’autres choix que de suivre les idées de cette grande sœur qui en impose. Joshua va aussi se révéler plus effacé et être certainement le plus perdu dans cette quête d’identité qui n’est au début pas la sienne, mais plus que tout il voudra connaître la vérité.

Ruby, elle, a connu l’enfer des foyers ; la violence, le racisme et l’éducation difficile par des blancs. Elle a un caractère bien trempé, un certain charisme et impose une certaine force. Son teint est nettement plus foncé que son frère, ses cheveux épais et sombres, son visage porte la force de ses origines et ne trompe pas. Ruby est aborigène dans le sang et fière de l’être. Évidemment, ce sera celle qui sera la plus encline à retrouver sa famille perdue, à trouver une famille tout court, une quête d’amour filiale qu’elle n’a jamais connue et d’un peu d’apaisement dans une vie qui ne la ménage pas. Elle est d’ailleurs prête à beaucoup de choses pour retrouver ses parents quitte à prendre des risques inconsidérés.

Avec des tempéraments aussi différents, la relation entre le frère et la sœur ne sera pas forcément facile et celle tant attendue ; une éducation opposée, une différence d’âge qui fait que les souvenirs ne sont pas les mêmes, des incompréhensions aussi, des déceptions pour l’une, une grande déstabilisation pour l’autre. Ils décident pourtant de s’allier, d’apprendre à se connaître, de retrouver leur frère William et surtout leurs parents et les secrets de leur mise en foyer.

L’auteur dresse une peinture d’une période historique particulièrement sombre de la société australienne ; les blancs volaient les bébés aborigènes à leur famille, considérés comme arriérés et persuadés que ces « sauvages » ne leur inculquaient pas une bonne éducation. Ce sont ce que l’on appelle les stolen generations, symbole d’une période particulièrement horrible pour un peuple qui ne demandait rien d’autres que de vivre et qu’il ne faut pas oublier, des gestes qui ont certainement détruit la vie de milliers d’enfants qui n’auront pas eu la même chance que Joshua, celle d’être adoptée et d’être élevée dans une famille aimante.

On notera aussi cette culture du racisme profondément ancrée dans les mœurs des blancs (anciens colons) avec des idées reçues que même les aborigènes « citadins » ont parfois assimilé à l’image de Joshua par exemple ; l’aborigène est associé à l’alcoolisme, à la drogue et à la criminalité. Les aborigènes sont des membres d’un peuple brimé par les colons blancs qui rappelle évidemment l’histoire du peuple amérindien, une grande richesse de tradition, de croyance et de culture, à l’image de l’art pictural aborigène, un peuple écrasé par des volontés de pouvoir, de puissance et de conquête de colons blancs toujours prêts à faire preuve de force et de violence pour imposer ses propres idéaux et sa façon de vivre. Pourtant ici, la force de ce peuple prend un tout autre sens, il a beau être parqué, dénigré, marginalisé, sous-estimé, il en reste néanmoins très attaché à ce qu’il est au plus profond de lui-même. Une force que l’on découvre à travers un road trip fraternel, avec des descriptions sauvages, arides et rocailleuses du bush australien, l’image d’une Australie de l’intérieur, celle originelle, celle du cœur, celle des esprits, celle qui appartiendra toujours aux aborigènes.

Le tout est écrit avec une belle fluidité et une jolie plume, l’auteur n’hésite pas à multiplier les points de vue pour renforcer l’imprégnation du lecteur dans son histoire et celle de ses personnages, Joshua et Ruby en tête. Les chapitres sont courts ce qui accentuent le dynamisme de lecture.

En bref, un très bel ouvrage sur une tranche de l’histoire aborigène qui n’est pas très reluisante pour l’Australie blanche, des actes qui ont certainement abîmé la jeunesse aborigène de la fin du XIXème au milieu du XXème et surtout contribué à la déchéance de tout un peuple. Il est d’ailleurs intéressant que la réflexion soit menée par des personnages appartenant à cette jeunesse justement. Roman vivement conseillé !

Je remercie les éditions Actes Sud Junior pour l’envoi de ce roman.

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« Les Planches Pourries » de Samuel NOEL

Quatrième de couverture : Librarius est un homme marginal et fantasque, du genre à rêver sa vie plutôt que de la vivre.

Tombé amoureux de la belle Suzanne, qui ne rentre également dans aucun moule prévu par la société, il lui a promis qu’un jour, il l’emmènerait sur une île déserte afin d’échapper à ce monde qui ne leur convient pas.

Le projet est insensé, mais les rencontres que le hasard mettra sur le chemin de ce doux rêveur vont rendre ce dessein réalisable, au prix de multiples péripéties…


Lecture pleine de vie, d’improbables et d’humour, il y a dans cette lecture quelque chose de jubilatoire et d’assez dément même avec son lot de drame, si vous avez lu Kafka sur le rivage, et surtout que vous l’avez aimé, vous devriez fortement apprécié celui – ci !


Librarius et Suzanne, une rencontre inopinée, improbable, une relation amicale forte et antagoniste. Librarius vit dans la solitude, déteste les gens et rêve d’un ailleurs possible, Suzanne vit une vie plus cadrée, se bat chaque jour pour maintenir la routine quotidienne mais cache une profondeur colère, il est passe partout, elle est belle et rayonnante, il est amoureux, mais elle ? De rencontres en discussions, Librarius évoque rêveusement avec Suzanne une île perdue, une île de tous les possibles, une île où ils seraient heureux, seuls, sans ces autres et cette société qui ne les épanouissent pas. Puis, voilà qu’un gamin mourant et sa très jolie sœur entrent dans le rêve qui pourrait bien devenir réalité.

« Un jour vient où l’on prend conscience de la connerie qu’est la vie, de la connerie qui anime les gens qui nous entourent, les gens normaux qui suivent comme un vulgaire troupeau de moutons les idiots qui jouent les bergers. »

On suit essentiellement le point de vue de Librarius, être humain qui vit complètement dans sa bulle, pourrait-on parfois dans sa folie ? Le personnage est un solitaire asocial affirmé et entièrement assumé, il a ce quelque chose d’amusant de dire tout haut ce que l’on pense tout bas, il écorche les stéréotypes, griffe les convenances et le bien pensée et passe outre toute « normalité » imposée par la société. Il a ce regard un peu voilé mais surtout désinhibé sur les rêves, l’idéal, les envies, ces choses dites souvent inaccessibles qui pour lui ne le sont pas tant que ça si l’on assume un minimum ce que l’on est et ce que l’on ressent, le personnage est un reflet vivant d’une liberté que beaucoup d’êtres humains adultes ont perdus, et que l’on retrouve souvent chez l’enfant, dans son innocence. Librarius, c’est un peu ça, un personnage farfelu, enfantin, rêveur et libre.

« Nous vivons dans un monde où il est interdit de penser autrement
que comme on nous l’a enseigné »

Menée par un tel chef d’orchestre, l’auteur embarque son lectorat dans une symphonie burlesque, poétique, fantastique, improbable, où la rythmique est assez soutenue avec des éléments qui se suivent et ne se ressemblent pas, des moments qui montent crescendo avant de revenir à une douceur, une accalmie avant une nouvelle tempête. En démarrant la lecture, il n’est pas exclu d’être un peu perturbé, septique peut-être, complètement perdu, et de se dire « Wow, mais où va/veut nous amener l’auteur ?! », mais très vite on est embarqué et finalement on intègre pleinement ces absurdités qui deviennent importantes pour maintenir toute l’aura qui sort de cet ouvrage et vous englobe. L’auteur ose beaucoup de choses et crie de nombreuses vérités, certes c’est complètement fou, mais c’est aussi très intelligent. Loin d’une lecture utopique, il y a une part sombre, une certaine violence parfois même une crudité qui viennent se greffer à cette lecture fantasque et onirique.

« Elle est tellement belle dans ce petit corps rose avec ce cœur cabossé que je m’efforcerais de réparer sans jamais y parvenir ! »

La plume de l’auteur est aussi très belle, très joueuse, et certainement empreinte d’un message de positivité ; vivre sa vie comme on l’entend, penser à se construire, se plaire avant de plaire aux autres, ne pas sombrer dans un moule insipide et extrait de toute personnalité propre, etc. tout en instillant des paramètres immuables qui viennent entacher tout cela pour plus de réalisme : l’amour, la mort, les confrontations… Animé de chapitres courts aux titres évocateurs et perchés, on est juste alpagué dans les vives émotions de ce conte onirique, promesse d’une lecture décalée et désinvolte.

« Ses travers ne la rendaient que plus humaine. »

La galerie de protagonistes y est aussi pour beaucoup dans la qualité du récit, au côté de Librarius, il y a d’abord Suzanne, la femme magnifique dont il est fou amoureux, qui sous ses airs de saintes et de perfection cachent une colère et une violence très surprenantes, Tête de nœud, un gamin mourant mais plein de vie et Jolies Lèvres, une jeune femme sensuelle et maternelle, des peintures de personnages parfois empreintes de force et de gravité mais toujours traitée avec une certaine relativité. Des personnalités bien distinctes toutes un peu marquées que la vie semblent ne pas gâtées ou acceptées, tous embarqués vers un projet insensé, illusoire, mais peut-être pas tant que cela lorsque l’union fait la force.

« – Te foule pas, Tête de Nœud, prier sans avoir la foi, c’est comme essayer de se saouler au panaché ; ça donne juste envie de pisser. »

En bref, une lecture mouvementée, décalée, intense et émouvante mais aussi pleine de vérité sur la nature humaine, la société et ses faux-semblants, tout ce qui éteint à petit feu l’étincelle de vie délurée en nous. Jouissif !

Je remercie Babelio et son partenaire IsEdition pour cet envoi.

              

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« Le rapport Oberlander » de Laurent MANTESE

Quatrième de couverture : Quelque part à l’est de l’Europe, au cœur de la taïga, se dresse une forteresse de pierre sombre sur laquelle flotte la bannière nazie. Les sinistres préparatifs qui s’y déroulent et les épouvantables secrets qui se cachent dans ses profondeurs ne donnent guère envie de s’y rendre en visiteur. C’est pourtant là que devra pénétrer Marcus, un détective privé londonien à la vie apparemment sans histoires, au terme d’un voyage déclenché par une tache de sang et un vieux livre, qui le mènera du fin fond des forêts de Finlande aux plaines de l’Ukraine déchirée par la guerre civile. Dans cette citadelle dirigée d’une main de fer par un groupe de fanatiques à la surprenante longévité, il espère trouver en effet la réponse au mystère de ses origines, de ses cauchemars et de son existence même. Mais au bout de sa quête l’attendent aussi des horreurs plus anciennes que le temps, l’espace et les dimensions que nous connaissons… 


Une lecture percutante avec une dynamique en dent de scie mais un sentiment d’oppression qui ne cesse de s’accroître qui invite le lecteur dans une aventure temporelle et géographique sur fond de guerre, de nazisme et d’horreurs fantastiques.


Marcus est détective privé à Londres, il mène une vie tranquille, est amoureux de Marie avec qui il partage un appartement et retrouve son père de temps en temps. Sa vie professionnelle est peu passionnante, faite de filature d’adultères pour l’essentiel. Décrit ainsi, rien ne prédestinait Marcus à faire les terribles découvertes et à vivre les mésaventures à venir ; un livre tâché de sang reçu anonymement, de sombres secrets révélés, une trouble rencontre soit disant pacifique au discours alambiqué, un voyage dans la campagne froide et profonde finlandaise, puis dans une Ukraine prise dans la tourmente de la guerre jusqu’aux recoins reculés où le nazisme perdure dans sa noirceur et dans les horreurs tapies dans l’ombre qu’il protège.

On démarre en 1943, la seconde guerre mondiale fait rage et les nazis puissants et aliénés détruisent des vies  par centaine de milliers, mais à côté de cela, le Directoire affronte la Prévôté constituée majoritairement de nazis et d’alliés inquiétants, cela tourne mal… Une trentaine d’année plus tard, un petit garçon est sujet à des cauchemars récurrents, réalistes et qui le plongent dans un état comateux inexplicable et dans des horreurs indescriptibles. De nos jours, un détective privé des plus banals reçoit un livre ancien tâché de sang et c’est l’effet boule de neige.

La majorité de l’ouvrage se passe de nos jours et se concentre sur le personnage de Marcus qui va profondément évoluer, se transformer et se révéler bien plus sombre qu’il n’y paraît. L’évolution du personnage à travers cette histoire est assez terrible, on rencontre un homme sain qui va sombrer peu à peu, les secrets, les révélations, la mort, les affrontements, les voyages dans des conditions extrêmes, vont le ternir, l’amaigrir, lui façonner un physique plus sec, le métamorphoser en somme, que ce soit physiquement ou psychologiquement, ce que l’on peut dire du personnage, c’est qu’il sait parfaitement s’adapter, étonnamment. Et l’auteur ne le ménage pas ! On s’attache à Marcus, il est tenace et prêt à tout pour découvrir la vérité. J’ai également bien aimé sa relation avec son chien Ogami, fidèle à son maître jusqu’au bout. Par ailleurs, Marcus fait de multiples rencontres au cours de son périple, on note entre autre le Docteur Kowalski, personnage ancien et mystérieux ou dans une moindre mesure Grigoriev, soldat ukrainien qui prend des risques pour faire vivre sa famille.

Le roman offre une peinture historique du nazisme, de guerre ukrainienne et de groupuscules mystérieux œuvrant dans la partie fantastique ; d’un côté le Directoire, de l’autre la Prévôté, qui s’affrontent depuis bien longtemps, l’un pour protéger les hommes, l’autre pour imposer son idéologie en acceptant les pires connivences et alliances. L’horreur vient donc des nazis ceux qui vivent dans ce château lugubre au fin fond de l’Ukraine, ceux qui rêvent de la belle époque du IIIème Reich et s’écœurent de la mixité ethnique et migratoire européenne, et menés par des néonazis centenaires mais pas seulement. Ceux que l’on appelle émissaire, sorte de psychopathe souriant et représentant de créatures fantastiques qui attendent leur réveil et qui glacent le sang à leur évocation reptilienne, sont aussi pervers et efficaces que les discours abjectes des fanatiques.

La dynamique du récit est assez déroutante, c’est un peu les montagnes russes sensationnels, il démarre sur les chapeaux de roue avec une ambiance très ténébreuse ; de la pluie, un éclairage au bougie, et une forte inquiétude qui imprègne le tout, c’est rapidement oppressant, mais ce sentiment n’est pas maintenu à la même amplitude tout au long du roman. Il y a aussi beaucoup de moments plus lents, plus introspectifs, dues aux réflexions du personnage principal sur ses mésaventures, aux extraits de lettres, des moments plus descriptifs. Ils sont recoupés de phases plus haletantes, terriblement stressantes, parfois même angoissantes, où tout s’accélère, où le danger se fait plus proche, ce que l’on retient toutefois c’est que ce sentiment d’angoisse monte crescendo sur l’ensemble de la lecture, jusqu’au final qui vient « relâcher » tout ça. Il faut dire que quitter une Londres citadine, pour se retrouver isolé au fond de la Finlande avant d’affronter l’Ukraine, ses conflits internes et son climat froid jusqu’à cette citadelle d’un autre âge, incitent forcément un changement progressif de ton et d’ambiance. On est clairement dans un thriller haletant plus que dans un roman d’horreur gore, certes quelques scènes sont quelque peu écœurantes mais elles sont finalement rares et ce que l’on ne voit pas se révèle nettement plus terrifiant.

Je ne connaissais pas l’auteur, son style se révèle très noir, on sent aussi que c’est très recherché et bien documenté, il joue plutôt bien avec différente dynamisme, le récit a un côté déstructuré, on ne suit pas seulement le personnage de Marcus, on suit aussi avec beaucoup d’intérêt, d’autres personnages, d’autres situations, toujours importantes dans l’histoire. L’auteur nous ballade, torpille notre conscience d’informations, de descriptions, d’éléments qui expliquent l’ensemble de son histoire, la met en place et l’approfondit. Il a pris quelques libertés historiques qu’il signale en fin d’ouvrage. L’ensemble est de qualité même s’il y a quelques coquilles qui traînent.

En bref, un roman qui surfe entre histoire nazie, thriller palpitant, fantastique oppressant, des non-dits, beaucoup de sous-entendus angoissants, on en voit finalement peu de ces êtres obscurs alliés aux fanatiques nazis qui végètent dans un passé glorieux et perdu. Lecture surprenante avec un style bien sombre !

Je remercie les éditions Malpertuis pour ce très chouette cadeau des Aventuriales !

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