« L’heure de Juliette » d’Elsa CHABROL

l'heure de Juliette

Quatrième de couverture : Elle s’appelle Juliette, elle a cent un ans, un mois et quatre jours, et espionne de son balcon la vie quotidienne des neuf autres habitants de Pouligeac, un hameau du fin fond des Cévennes. Il y a Robert, un ancien marin incapable de rester dans le noir, la Vivette et sa fille Aurélie, qui ressassent leur mépris des hommes qui les ont abandonnées, Franz et Martine, les retraités qui viennent de s’installer au village, et Léonie qui, à quatre – vingt – sept ans, ne veut plus mourir vierge. Le jour où Pierrot, le gentil colosse du village qui assure la survie de tous en faisant les courses et les dépannages essentiels, décide de quitter Pouligeac pour trouver une épouse à la ville, la hameau se mobilise. Avec à sa tête Juliette, qui s’accroche à la vie, et Franz à internet, tous les moyens vont être bons pour faire rester Pierrot …

Avis :

Ce roman contemporain et régional est tout simplement une bouffée d’air pure ! Personnellement, je suis fan de ces histoires de personnes âgées dépeintes dans des contextes régionaux reculés et que personne ne connait !

Nous sommes donc dans les Cévennes, au coeur d’un village de montagne d’une dizaine d’habitants auquel on accède par un chemin de goudron tellement abimé que vos amortisseurs prennent un coup à chaque passage ! Seul le facteur et notre héros dans le coeur des personnes agées vivant là, Pierrot, prennent la route quotidiennement pour aller « à la grande ville » d’à côté. C’est dans ce contexte que nos protagonistes, vivant dans un hameau perdu et dans des maisons au caractère prononcé, se détestent, s’allient puis s’aiment … pour sauver leur unique chance de conserver leur lieu de vie et une activité minimum au village. Je n’en dirai pas davantage, la quatrième de couverture est déjà très parlante.

Il s’agit du premier roman de l’auteur « Elsa CHABROL » et c’est prometteur.

Première qualité, l’écriture, simple, concise et très régionalisée par la présence de mot du patois locale (traduit bien évidemment) qui vous mettent dans l’ambiance. Nous sommes au fin fond des Cèvennes en compagnie d’octogénaires et centenaires et on le sait !
Deuxième qualité, la fluidité du texte, de nombreux paragraphes alimentant des chapitres de taille moyenne, la lecture est aisée et on peut s’arrêter où l’on veut sans que cela gène.
Troisième qualité, la richesse des personnages, tous plus attachants les uns que les autres, émotionnellement accrocheur, une mention spéciale pour Léonie dite la « nymphomane », octogénaire au look clownesque, qui est particulièrement attachante.
Quatrième et dernière qualité et pas des moindres, les valeurs et idées humaines développées dans ce roman : l’entraide, représenté par Pierrot, la notion de sexe chez les personnages agés, représenté par Léonie, l’amour, l’intelligence de l’expérience, représenté par Juliette, la centenaire, la modernité et l’avancé technologique, représenté par les nouveaux : Franz et Martine, et toutes ces idées que l’on a des « vieux » : leur côté acariâtre, les idées politiques extrêmes, etc …

C’est un beau roman, pas forcément un coup de coeur, mais on passe vraiment un bon moment à Pouligeac !

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