« L’échange » de Brenna YOVANOFF

L'échange

Quatrième de couverture : Mackie Doyle donnerait n’importe quoi pour avoir une vie normale, jouer de la basse et passer du temps avec Tate Stewart, cette fille solitaire aux yeux pailletés. Mais la petite ville de Gentry cache de sombres secrets. Il y a 16 ans, Mackie a été échangé contre un nouveau né : il est un « remplaçant ».
Il vient en fait d’un monde terrifiant ù d’obscurs tunnels côtoient des eaux noires et pestilentielles…
Lorsque la soeur de Tate disparaît, Mackie n’a pas le choix : il doit affronter les créatures des entrailles de Gentry si il veut savoir à quel monde il appartient et sauver une vis innocente.

Avis :

J’ai terminé ce roman hier soir et je suis partagée sur son contenu. Je crois comprendre ce qui a modéré les avis des autres lectrices. Je vais commencer par expliquer ce qui m’a le moins plus puis développer l’intérêt de ce livre car il y a du très bon comme du moins bon.

Malcom DOYLE, dit Mackie, est un jeune homme de 16 ans à l’attitude bizarre, il ne supporte pas la vue du sang, se sent mal au contact du fer et de l’inox, et au physique étrange avec des yeux très noirs et son teint très pâle.  Il tente de passer pour un adolescent normal en sortant avec ses amis et en profiter les joies. Mais Mackie ne fait pas parti des « vivants », il y a 16 ans, il a pris la place du véritable Malcolm Doyle et a grandi en tant que tel. Il s’agit de la malédiction de Gentry que les hommes semblent accepter. Lorsque Mackie comprend que le dernier enfant enlevé est peut-être encore vivant, il n’a pas d’autres choix que de plonger dans le monde souterrain, humide, froid et repoussant qui est le sien…

Que penser de ce livre ? La couverture est splendide, simple et efficace et évoque relativement bien le contenu du livre. Elle est plus que tentante et augure un roman excellent et pourtant ce n’est pas vraiment le cas.
L’intrigue est longue à se mettre en place, une centaine de pages environ sont nécessaires pour présenter le contexte, l’environnement et les personnages, ce n’est pas désagréable à lire mais finalement c’est relativement long au vu du nombre de pages de ce roman (331 pages !).
Ensuite les actions se suivent sans de véritables explications, les personnages secondaires suivent le protagoniste principal, Mackie, sans se poser de questions sur le monde étrange qui cohabite avec le leur, ce qui nous laisse dubitatif, pourquoi accepter de déterrer un corps ? de planter son ami mal en point au milieu de nulle part ? Un minimum de questionnement est attendu face à ce genre d’actions et ce n’est pas le cas.
Enfin, les personnages « sombres » sont présentés comme si c’était normal qu’il soit là, même si on a bien compris que la population de Gentry était consciente que certaines choses dont on ne parle pas existaient, une explication, une origine, un nom pour qualifier les choses, m’ont finalement énormément manquée et c’est dommage parce que l’auteure tenait là une histoire de fond très intéressante ! Cela a rendu le texte pas assez abouti et un peu décousu.

Malgré tout, j’ai vraiment bien aimé cette histoire. La présence des êtres « non vivants », glauques, aux physiques atypiques voire morbides et à tendance gothiques à la Tim BURTON m’a complément séduite. C’est un roman où règne une atmosphère diluvienne et une ambiance ténébreuse et brumeuse en adéquation avec les croyances obscures des habitants. La rencontre de Mackie avec des les « autres » qui vivent sous terre lui fera prendre conscience de sa nature car il se sent mieux parmi eux. Il y a La Morrigane, petite fille aux dents trop nombreuses, qui gère ses êtres étranges et recherche l’amour des habitants « vivants » pour survivre. Elle est maudite pas sa soeur, La Dame, personnage en apparence plus attirante et pourtant machiavélique et sans scrupules, qui enlève et tue les bébés, sacrifice soit-disant nécessaire à la prospérité de la ville de Gentry.
L’histoire de fond d’un être qui n’aurait pas du survivre, puisque les remplaçants sont des « malades » et ne survivent jamais, et finalement devient un jeune homme de 16 ans, élevé par l’amour fraternel de sa sœur. Le personnage de Mackie est très profond, conscient de sa différence, de ne pas être un « humain » comme les autres, d’être une chose qui doit se faire discrète et ne pas attirer l’attention pour protéger sa famille mais surtout se protéger lui – mêmes des autres qui ne tolèrent pas la différence. La relation qu’il entretient avec Emma sa sœur est une vraie relation d’amour profond, l’un et l’autre se protégeront quoi qu’il arrive. Il ne supporte pas le contact et l’odeur des métaux tel que le fer et l’inox qui le rendent malade, ce qui est difficile à vivre dans une société où ces métaux font parti intégrante de la société. Ses amis semblent se satisfaire de sa bizarrerie et ne lui en tiennent pas rigueur; Roswell est le garçon parfait, toujours là pour Mackie, posant de rares questions qui restent souvent sans réponse, c’est un personnage qui malgré sa perfection ne manque pas d’épaisseur. Les jumeaux Drew et Stan, semblent indifférents, toujours pris dans leur délire technologique et conçoivent une amitié sincère avec Mackie.
Enfin, il y a Tate, la jeune fille, recluse depuis la mort de sa soeur, a vite compris que le corps que sa famille a enterré n’est pas celui de sa soeur et se pose énormément de questions sur ce qui c’est vraiment passé. Elle comprend vite que Mackie a probablement des réponses et le harcèle afin qu’il les lui donne. Elle est tenace, intelligente et très forte et semble n’avoir peur de rien. Il s’instaure entre eux une attirance mutuelle pas toujours acceptée ni par la jeune fille, ni par Mackie même si celui – ci fera les premiers pas.

Les thèmes abordés sont donc nombreux : la fraternité, l’amitié, l’amour sous ses différentes formes, la tolérance à la différence, l’acceptation de soi, le bien et le mal. Ces considérations actuelles nous parleront à tous forcément, chacun y trouvera son compte. Même si le roman manque d’épaisseur et n’est pas assez étoffé et exhaustif et ponctué d’invraisemblances, la rencontre des personnages et l’atmosphère unique qui s’en dégage en valent le détour. Le roman est court et se lit très vite car l’auteure a recours à un style épuré, à des chapitres concis et à une clarté incroyable dans son écriture. Je le conseille donc vivement pour que chacun se fasse sa propre opinion.

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