« La Pluie ébahie » de Mia COUTO

pluie

Quatrième de couverture : À Senaller, un village dont on ne peut que partir, la pluie ne tombe plus, elle demeure en suspens. Le fleuve est à sec, la sécheresse menace. Le village est-il la proie d’un châtiment divin ou des rejets de l’usine installée à proximité? Devant l’impuissance des commandeurs de nuages et des villageois, la mère du narrateur décide de se rendre à l’usine…

Devenu le complice malgré lui d’un terrible secret, l’enfant n’a pas d’autre choix que de protéger sa mère de la fureur paternelle. La présence aimante du grand-père est l’unique refuge de l’enfant. Afin que la pluie tombe à nouveau, la famille devra dérouler les fils de son histoire et revivre la légende des Ntowenis.

Dans ce récit hanté par le conte, Mia Couto déploie toute sa puissance poétique et créatrice pour toucher au plus près la destinée des êtres dans un Mozambique encore à naître.

Avis :

Un court roman dépaysant, intemporel et poétique mené par la plume posée et élégante de Mia COUTO.

Senaller, village du Mozambique, un jeune garçon vit dans la maison familiale. Depuis quelques temps, les terres deviennent arides, craquelées par la sécheresse ambiante et l’absence de pluie nourricière. Pourtant, un « pluviotis » demeure et humidifie les corps et les tissus. Serait- une mise à l’épreuve de Dieu ? Les conséquence d’une légende non respectée ? Ou alors cette usine nouvellement active à proximité et qui rejette nombre de vapeurs et fumées ?

A travers le point de vue innocent d’un enfant, entouré de personnages adultes attachants et différents ; une mère à fort caractère prenant les choses en main, un grand – père tendre, nostalgique se laissant mourir, un père absent se laissant vivre ou encore une tante vieille fille, tare et malédiction familiale, l’auteur emporte son lectorat au cœur d’un roman à la limite de la nouvelle et frôlant le conte moralisateur. Entre légendes locales des Ntowenis, malédictions et croyances divines, l’enfant se heurte aux avis d’adultes pour se construire, lui-même apportant une certaine innocence au récit et une naïveté des croyances traitées. Au delà, les thèmes de l’écologie et du racisme sont manifestes entre le fleuve et les puits asséchés, les cultures ralenties à l’agonie  et le pouvoir des blancs sur l’industrie. Par ailleurs, le vocabulaire général et spécifique de l’eau, tour à tour, scientifique et plein de poésie est développé avec une grande richesse de termes et de descriptions.

En bref, un baume à l’âme que ce livre plein de douceur et où le temps semble s’être arrêté dans une atmosphère humide asséchante et aérienne. Une parenthèse magico-mélancolique absolument divine à savourer et à ressentir. A lire !

Je remercie Babelio et Les éditions Chandeigne pour ce partenariat.

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