« La Symphonie des Abysses Livre 2 » de Carina ROZENFELD

La sympphonie des Abysses 2

Quatrième de couverture : Une nouvelle ville, de nouvelles lois, les mêmes interdits. Abrielle et ses compagnons croyaient s’être enfin affranchis du tyrannique Règlement Intérieur. Hélas, ils vont découvrir que les rêves qu’ils portent en eux ne pourront jamais s’exprimer dans l’enceinte du Mur. Mais leur rencontre avec Eyal, jeune homme assoiffé de vérité, va faire renaître l’espoir. Aucun mur, aussi haut soit-il, ne peut étouffer les cœurs épris de liberté. Car un passage vers l’extérieur existe bel et bien. Pour y accéder, Abrielle et ses amis vont devoir vaincre les terribles gardiens qui le défendent farouchement… C’est en n’étant personne que l’on peut devenir quelqu’un.

Avis :

Cet opus clos ce dyptique de manière frustrante et finalement assez peu convaincante. Tout comme le premier tome, on plonge rapidement dans la lecture du roman qui apporte son lot de réponses, mais qui manque toutefois de profondeur et de complexité.

Eyal est un jeune métis de 19 ans vivant dans une société régie par un Règlement intérieur strict où les différences ne sont pas acceptées et où les personnes n’ayant pas la peau suffisamment foncée sont des parias. Rêvant d’égalité et de vivre sereinement, Eyal recherche les origines secrètes de son monde qui lui permettrait enfin de connaître la liberté. Sa rencontre avec Abrielle, Sand et Cahill, va profondément modifier sa vie. Ensemble, ils découvriront la vérité sur l’Anneau et peut-être enfin la solution pour jouir d’une liberté dont chacun d’entre eux rêve.

Le récit démarre donc de manière déroutante et longuement avec le personnage d’Eyal rencontré à la toute fin du livre 1 mais qui n’avait pas suffisamment marqué pour établir dès le début le lien avec les trois personnages principaux du premier tome. Eyal est un « mélangé » pour son peuple noir qui ne tolère pas les peau pâles. Ses origines sont secrètes, entre un père à la peau sombre, aujourd’hui maire de la ville, et une mère à la peau pâle, décédée depuis. Eyal a toujours vécu dans le secret et la discrétion, il est officiellement un domestique et son statut de métis ne lui donne pas accès à l’éducation. Pourtant sa mère et sa demi-soeur, Yaël, 11 ans, lui ont appris certaines choses. Il cherche les secrets de l’histoire de son peuple, celle qui n’est pas écrite dans les livres d’histoire, celle qui n’est pas inculquée au peuple, celle qui peut-être permettra de changer les choses.  Certes, l’histoire de ce personnage est intéressante et soulève à nouveau le thème de la tolérance et des différences physiques, pourtant c’est long à démarrer, le roman ne décolle vraiment qu’autour de la centième page avec l’arrivée des trois protagonistes qu’on avait laissé, blessés et amochés mais pleins d’espoir à leur arrivée à Portes. Très vite, ils se rendent à l’évidence qu’ils ne sont pas les bienvenues dans cette ville de peaux sombres et doivent rapidement fuir, Eyal leur propose son aide car il voit en ces étrangers, un espoir de découvrir la vérité et surtout la confirmation que d’autres personnes vivent sur l’Atoll. Abrielle est toujours aussi fade malgré sa sensibilité musicale et son rôle déterminant dans la découverte de la symphonie des Abysses. Sand et Cahill sont eux toujours aussi touchants et différents, autant Sand apprivoise son nouveau physique rapidement, il faut dire qu’il est avantageux, autant Cahill est toujours sur sa réserve et vit très mal ses modifications physiques qui sont loin d’être celle de Sand. Pourtant, on ressent toujours leurs sentiments profonds l’un pour l’autre et misent à mal par cette transformation.

Plusieurs choses sont à reprocher à ce récit ; la description répétitive de la Symphonie des Abysses (on ne compte plus le mot mélopée…) qui finit par être lassante et donc moins intrigante, car le cœur de l’histoire tourne véritablement autour de cette musicalité marine. Ensuite, le côté enfantin des protagonistes, des réactions puériles contrastantes avec des attitudes « violentes » et détachées dans certaines situations. Ceci rend inévitablement le lecteur perplexe, et on se perd dans l’âge de nos personnages. Est – ce des adolescents ? (Yaël à 11 ans, Abrielle en a 16) ou de jeunes adultes ? (Eyal, Sand et Cahill ont plus de 18 ans). Là encore, on contente le public young adult (public visé, j’en ai bien conscience) mais cela manque terriblement de profondeur, de réalisme et de caractère pour satisfaire pleinement un public plus adulte. Enfin, il y a cette fin très ouverte, peut-être même un peu trop, beaucoup le ressentiront ainsi, certes on peut s’imaginer l’avenir des personnages, mais on a davantage l’impression d’une ouverture sur un troisième opus plutôt qu’une véritable conclusion d’un diptyque.

Quand au point positif, il y en a bien sûr, d’une part l’originalité de l’histoire et les réponses aux questionnements induits du tome 1 trouvent ici des réponses étonnantes et franchement bien trouvées qui expliquent notamment le « parquage » et le mode de vie de chacune des sociétés rencontrées dans chacune des villes visitées par nos héros et surtout l’instauration de ce Règlement Intérieur qui caractérise l’ensemble de l’Atoll ; privation de l’Art (on ne dessine pas, on ne chante pas…), de l’Amour (pas de contact physique, pas de démonstration public, …), des Libertés (couvre – feu, interdits selon vos origines…), etc. La Symphonie des Abysse, qu’est-elle ? La réponse à cette question est certes un peu alambiquée, mais c’est magique et plein de poésie. Enfin, la pluie de la Lune et ses conséquences sur l’Atoll et ce qu’il y a au delà du mur, n’est qu’une métaphore d’un avenir malheureusement possible… Le style et l’écriture de l’auteure sont toujours aussi fluides et agréables à lire, le roman se lit vite, même si cela manque un peu plus de complexité dans le vocabulaire. Enfin, il y a cette jolie couverture qui est en parfaite adéquation avec la première et qui rend magnifique ce livre-objet.

En bref, une lecture plutôt agréable mais au regard de la fin du premier tome, on s’attendait à mieux. Un peu déçue mais le roman vaut tout de même la peine d’être lu.

 écletique monde changea

franco Jtaime

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