« Un parfum d’herbe coupée » de Nicolas DELESALLE

un parfum d'herbe

Quatrième de couverture : « Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la GTS, j’ai fait la gueule. Mais j’ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l’odeur de sa première clope. J’ai dit “ouais”, j’ai dit “super”, la mort dans l’âme, même si j’avais compris que la GTS pour la GTX, c’était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le père Noël, Mathilde, la plus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel. »

Par petites touches qui sont autant d’instantanés de vie, Kolia convoque les figures, les mots, les paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, Raspoutine le berger allemand… Des petits riens qui seront tout.

Un premier roman remarquable, plein d’émotion, d’humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l’enfance ouvre sur une partition universelle.

Avis :

Un roman empreint d’émotions simples et d’une grande sensibilité évoquées à travers les souvenirs de Kolia, un voyage réaliste sur ces petits et grands moments de vie qui font de vous un être à part entière.

Kolia, le regard posé sur son grand – père allongé, endormi, si paisible, se cache des autres membres de la famille, on vient d’enterrer sa grand-mère. Son grand-père se réveille, le regarde,  l’alzheimer l’a transformé, pourtant ce regard scintille d’une conscience bien lucide,  « Tout passe Kolia. Tout passe, tout casse, tout lasse »… Ces derniers mots, pessimistes, vont profondément toucher et perturber Kolia. Il raconte alors ses souvenirs, sa vie, à Anna, son arrière petite fille fictive, afin que celle-ci se souvienne qui il était…

A travers les réminiscences de Kolia, un personnage russe masculin ayant été élevé en France, l’auteur fait un état des souvenirs les plus marquants qui ont construit ce personnage, sa vie et ce qu’il est aujourd’hui. Des souvenirs nostalgiques ponctuant chaque chapitre sans aucun lien chronologique ; son premier amour, son rêve enfantin de fusée et d’astronaute, les liens qui l’unissent à Raspoutine, la métamorphose adolescente de ses soeurs, la perte d’un ami d’enfance, sa complicité avec Totor, sa maison de famille… Autant de moments de vie, tantôt joyeux, tantôt tristes et décevants qui transportent le lecteur, qui lui rappelle que lui aussi est ainsi fait, d’expériences, d’actes, d’objets, de mots et de liens d’amour.

Le tout est épuré, justement dosé et ne sombre jamais dans le trop ou le trop peu. L’auteur a le talent de dire les choses de manière juste et simple avec une terrible douceur, le texte est à la fois vivant et poétique, des émotions pures et partagées, on sourit, on rit, on fronce les sourcils, on sombre dans la tristesse, toutes ces émotions qui à travers les âges façonnent votre visage et raconte votre histoire.

En bref, « un parfum d’herbe coupée » est composé des petites notes magiques formant ensemble une tendre mélodie. A découvrir !

Je remercie Babelio et les éditions Préludes pour ce partenariat, une belle découverte !

écletique franco Jtaime

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