« Avant d’aller dormir » de S.J. WATSON

avant d'aller dormir

Quatrième de couverture : Chaque matin, c’est le même effroi. La même surprise.
En se découvrant dans la glace, Christine a vieilli de vingt ans. Elle ne connaît ni cette maison, ni l’homme qui partage son lit.
Et chaque matin, Ben lui raconte. L’accident. L’amnésie…
Ensuite, Christine lit son journal, son seul secret. Et découvre les incohérences, les questions, tout ce qu’on lui cache chaque matin, posément. Peut-être pour son bien… Peut-être pas.

Avis :

Un thriller psychologique tout en finesse qui aurait pu souffrir d’un manque de rythme mais qui au final révèle une tension croissante de page en page.

Chaque jour, Christine se réveille dans la peau d’une autre, dans le corps de cette femme vieillissante, cinquantenaire, ridée, et pourtant il s’agit bien d’elle, de son corps, elle a juste oublié les vingt derniers années de sa vie. Christine souffre d’amnésie, après chaque nuit, à son réveil elle a tout oublié, se rappelle vaguement de son enfance et surtout ne connaît pas l’homme allongé près d’elle ; Ben, son mari. Chaque matin, il lui raconte son histoire. Un jour, elle rencontre un médecin prêt à tenter de l’aider, il lui conseille d’écrire un journal, peu à peu, la lecture de ce dernier révèle des failles, des interrogations, est-ce qu’on lui cache des choses ? Est-elle psychologiquement instable ? De jour en jour, les vérités se mêlent jusqu’à ce que les mystères s’éclaircissent…

Le roman se lit en trois parties, dans la première, très courte, Christine, l’héroïne est contactée par le Docteur Nash comme chaque jour depuis qu’il se voit. Bien sûr, elle ne se souvient de rien de leurs échanges passés, mais accepte à nouveau de le rencontrer. Il lui raconte, lui explique leur entretien et surtout lui rend son journal qu’elle lui avait confié. Dans la seconde partie, la plus importante, on relit le journal avec l’héroïne, qu’elle écrit depuis un mois, on suit donc ses événements journaliers, chacun de ses réveils, ses souvenirs plus ou moins lointains, ses interrogations au fur et à mesure qu’elle l’écrit, ses expériences avec le Docteur Nash pour stimuler sa mémoire, ses progrès, ses doutes vis à vis de son mari, Ben, qui semble lui cacher des choses pour son bien. Au fil des pages, les incohérences se télescopent, les discours et les explications ne sont pas toujours cohérents avec ses « flashs » de souvenir qu’elle a de plus en plus chaque jour. Enfin, dans la troisième partie, on suit le dénouement, les révélations qui s’imposent à l’héroïne qui doute d’elle -même et de sa santé mentale et le lecteur doute tout du long avec elle.

Ce livre est très étonnant à lire, compte tenu du synopsis on pourra s’attendre à ce qu’il soit répétitif, un peu longuet et finalement rapidement inintéressant et pourtant ce n’est pas du tout le cas. L’auteure use parfaitement de la thématique très intéressante et complexe de l’amnésie, son origine difficilement explicable par la médecine, les tentatives scientifiques pour la stimuler, le rôle et la force de l’esprit jouant un rôle non négligeable. Elle nous présente avec finesse la psychologie d’un personnage, qui au début assez perdu et effacé, se révèle rapidement forte et avec une soif de vérité afin de retrouver ces vingts années de mémoire qui lui ont été volé (petite parenthèse, je me suis demandée tout le long du roman, mais pourquoi se couche t-elle chaque soir, pourquoi ne pas faire l’expérience de la nuit blanche pour conserver plus longtemps ses souvenirs retrouvés…). Des personnages secondaires papillonnent autour de cette héroïne qui prend toute la dimension du récit, on pense à Ben, son mari, personnage assez énigmatique, qui chaque jour lui tient le même discours, omettant volontairement certaine vérité, qui chaque jour lui dit qu’il aime, on imagine l’épuisement psychologique de vivre avec quelqu’un attend de cette rare amnésie. Ensuite, il y a le Docteur Nash, ce jeune médecin professionnel très intéressé médicalement parlant par le cas d’amnésie de Christine, qui se rapproche très humainement de sa patiente, cherchant à l’aider du mieux qu’il peut et cela fonctionne. L’auteur distille, par ailleurs, des vérités au compte goutte,  on se demande tout du long, l’héroïne vit-elle une machination ? Est – elle malade psychologiquement ? Se raconte t-elle des histoires ? On est rapidement perdu, on entrevoit une possibilité et pourtant l’auteure nous déconcerte avec ce final car honnêtement on ne voit pas du tout venir ce dénouement dans son intégralité.

En bref, un thriller réussi qui mérite d’être lu et promet une intrigue psychologique difficile à éclaircir avant la fin.

Ayant à nouveau partagé ma lecture avec Louve, je vous invite à retrouver très bientôt son avis sur son blog Les victimes de Louve.

MA PAL

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