« Nympheas noirs » de Michel BUSSI

Nympheas noirs

Quatrième de couverture : Tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels. Au cœur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vieille femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûr, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps. Un étonnant roman policier dont chaque personnage est une énigme.

Avis :

Une nouvelle lecture commune avec Férilou du blog Read and Escape, vous pouvez lire son avis ici.

Un roman long à démarrer mais qui navigue dans l’univers artistique de la peinture et plus particulièrement des Nympheas de Monet et qui promet un dénouement bluffant et inattendu !

Trois femmes, une petite fille de 11 ans, jeune prodige de la peinture, une jeune femme institutrice du village aux charmes ravageurs et une personne âgée aux yeux scrutateurs qui voit et entend tout, trois meurtres, un jeune garçon de 11 ans, un homme adultère et un vieillard en fin de vie et des secrets qui viennent obscurcirent les mystères de Giverny, petit village où Monet avait élu domicile. Quand la passion de l’art et la passion des sentiments viennent s’imbriquer, la résolution des meurtres doit faire face aux faux semblants mais aussi aux étranges rumeurs. Qui ? Quand ? Pourquoi ? Deux hommes, policiers, Laurenç, le nouveau commissaire instinctif venu du Sud et Sylvio, l’inspecteur maniaque du détails d’origine portugaise mènent l’enquête et suivent les pistes des indices semés ; les amantes, le trafic d’art et les enfants illégitimes.

L’auteur met en scène des personnages forts à l’image des fameux Nympheas de Monet, des couleurs, des humeurs et des caractères bien différents, on les suit avec plaisir. Du côté des hommes, deux inspecteurs, on apprécie plus particulièrement Sylvio Benavides, jeune inspecteur touchant dans sa droiture et dans sa future parentalité qui a du mal à tutoyer ce nouveau « patron » qui vient du Sud. Laurenç Sérenac, inspecteur charmeur et qui fait confiance à ses intuitions, la veste en cuir, la chemise entrouverte, il vogue au cœur de Giverny sur sa triumph après un meurtrier qui semble pour lui tout cuit d’avance.  Des gamins aux caractères bien distincts, Paul, Camille et Vincent, tous ont leur individualité, leur charme mais aussi leur intrigue, leur secrets. Du côté des femmes, véritables héroïnes de ce livre, il y a Fanette, la petite génie de la peinture, dévorée par sa passion : la peinture, Stéphanie, l’institutrice aux courbes avantageuses qui ne laisse aucun homme indifférent, une beauté perdue dans un mariage avec un homme qu’elle n’aime pas et enfin, la petite vieille, la souris noire qui met ses yeux et son nez partout, celle qui nous raconte cette terrible histoire et qui guette ses Nymphéas Noirs en haut de sa tour.

Ce roman est un piège inévitable et quel lecteur n’a pas plonger les deux pieds joints dedans ? Car la grande force de ce roman réside dans l’art que manie très astucieusement Michel Bussi à nous perdre et à nous faire douter des nombreuses solutions possibles jusqu’à la fin qui est étonnante et que l’on ne voit pas venir. L’aspect policier du roman est donc plus que réussi.

Par ailleurs, l’atmosphère du récit est assez majestueuse car tel un conte de fée, la magie des lieux, son histoire, son âme vient magnifier l’enquête et les rencontres où la passion est toujours omniprésente. L’art impressionniste, trouble visuellement, apporte également un trouble dans notre lecture, on s’évade et on voyage à Giverny, emporté par l’art pictoral de Monet, par ses fameux Nymphéas et ses jardins, son petit pont japonais, l’énigmatique moulin de la sorcière et son cerisier, le lavoir meurtrier, le rire des enfants dans ces champs de blés, le chien Neptune qui suit chacun des personnages. Un contexte campagnard et historique bien posé et documenté par l’auteur qui instaure un réalisme et une contemporanéité au récit : tout est vrai si ce n’est les meurtres qui reste issue de l’imagination de l’auteur.

L’auteur présente une bonne écriture, un style fluide et élégant, on ressent tout le travail de l’écrivain pour décrire les lieux, transmettre l’aura passé dans ce présent car tel un tableau de Monet l’intemporalité demeure ici. On pourra reprocher quelques longueurs ici et là mais toujours l’envie de savoir et de connaître la vérité, de découvrir les mystères de Giverny, ce que cachent les habitants aux étrangers et les secrets que recèlent les peintures de Monet, nous amène à tourner les pages pour un final intelligent qui nous laisse sans voix.

En bref, Michel Bussi signe encore une fois avec beaucoup d’intelligence un roman policier à l’intrigue déroutante sur fond d’histoire d’art pictural mais aussi d’amour.

franco Jtaime

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