« Naufragés » de Siobhan CURHAM

naufragés Bayard Quatrième de couverture : Grace Delaney et quelques élèves d’une troupe de danse doivent animer une croisière pendant deux mois. Yago, un marin ténébreux, est chargé de les emmener jusqu’au paquebot en voilier. Mais, pris dans une tornade, ils s’échouent sur une île sauvage.  En attendant les secours, ils établissent un campement sur la plage. Peu à peu, les rancœurs se font jour. Jenna, meilleure amie de Grace, se rapproche de Cariss, une insupportable capricieuse, tandis que Grace, attirée par Yago, supporte de moins en moins Todd, son petit ami. Alors que la tension monte entre les jeunes gens, des phénomènes étranges se produisent. L’île n’est peut-être pas si déserte qu’elle en a l’air… 

— Chronique —

Naufragés est le genre de roman qui plaira probablement aux fans des émissions du genre Koh Lanta, ceux qui secrètement aime, par voyeurisme entre autre, regarder les autres s’affronter, s’insulter et surtout se révéler face à l’adversité. Ce n’est pas toujours joli joli à lire mais cette bande d’adolescents le plus souvent fils et fille de riche, imbus de leur personne et manquant pour certains d’humanité se laissent envahir par la peur pour révéler le pire de leur personnalité ! Une partie réaliste qui est rapidement accentuée par les mystères et l’angoisse de la magie vaudou qui hante l’île.

Grace et quelques amis du cours de danse ont été sélectionnés pour animer des soirées de danse sur un paquebot pour une croisière de quatre semaines. Arrivés à Hawaï, ils doivent être conduit par Yago, un marin costaricain, jusqu’au paquebot à bord d’un voilier. Malheureusement, la tempête se lève, malmène le voilier et le rend inutilisable. Ils finissent par échouer sur une île déserte où trône une montagne rouge sang. Bien décidé à survivre le temps qu’on les retrouve, ils établissement un campement de fortune et rapidement l’angoisse et la peur délient les langues et créent de forte animosité entre les adolescents. A côté de cela, de drôles de choses se passent sur l’île.

Le roman n’est pas fourni en action mais joue plutôt sur la psychologie des personnages et leurs relations entre eux. On a des personnages quelque peu stéréotypés et caricaturés, parfois agaçants et que l’on a envie de « baffer » pour leur remettre les points sur les « i ». Deux types de profil se dessinent toutefois. D’un côté, on a des personnages attachants, ceux qui semblent avoir encore gardé leur cerveau et une part d’humanité dans leur cœur : Grace est l’héroïne, une brunette qui semble avoir encore toute sa tête et qui se rend compte de l’absence de sentiments pour son petit ami, Todd, surtout avec le ténébreux Yago qui l’attire. Yago est le personnage en retrait, ce n’est pas un danseur mais un marin, il est débrouillard, courageux et surtout très patient avec certains (personnellement, je les aurai laisser se débrouiller !), Jimmy la Puce est un gringalet qui a toujours le sourire et qui a une culture impressionnante, Belle est une hispanique sensible et réservée qui prend les railleries de Jenna et Cariss, enfin, il y a Dan, celui qui traîne une drôle de réputation.  Et puis il y a les autres, ceux qui ont des comportements horribles, Todd, est le sportif au look de surfeur, le beau gosse un peu trop sûr de lui et de ses charmes, Jenna la meilleure amie de Grace se transforme sur l’île et est directive, autoritaire et mène les garçons par le bout du nez, en particulier Ron, celui là se meurt d’amour pour elle et cède à tous ses caprices, et il y a la pimbêche Cariss, une vraie garce dont les problèmes se résument à avoir assez de sérum capillaire jusqu’à ce qu’on les retrouve… Je vous laisse imaginer donc ce tableau caricatural avec les nerfs, la fatigue et les rivalités qui viennent s’en mêler, ça paraît futile mais on se laisse prendre aux jeux comme les horribles voyeurs que nous sommes, on aime, on rit, on s’énerve, on a envie de cogner aussi… Bref, les relations des uns et des autres offrent un melting pot sentimental et des sentiments.

La base tout de même reste le naufrage, la découverte de l’île, la survie des personnages et cette atmosphère inquiétante, ses voix qui murmurent et attirent dans la forêt, cette odeur enivrante et écœurante, ce volcan rouge sang angoissant qui trône fièrement au milieu de l’île, ces événements bizarres qui viennent effriter les dernières sagesses des uns, des crânes qui apparaissent, des poupées qui vous réveillent, la magie vaudou même se elle reste invisible est omniprésente et confère à l’ensemble une aura troublante et très mystérieuse.

Du côté du style de l’écriture, le roman se dévore, les pages défilent à vitesse grand V, même si on peut reprocher une certaine futilité, l’histoire nous happe et on demande à avoir ce qu’il se passe, jusqu’à ce que certaines vérités soient révélées et donnent un peu plus de profondeur à l’histoire et à la survie. L’auteur joue avec les faux semblants et les caractères de ces personnages pour nous balader. Il offre d’ailleurs un épilogue très prometteur pour la suite !

En bref, un roman qui allie relations aiguisées entre les personnages, survie à la koh lanta et magie vaudou flippante, le tout dans un environnement tropical hostile (amateur de serpents…) ! Un premier tome sympa à lire et qui donne très envie d’en savoir davantage pour la suite.

Je remercie Louve du forum Mort Sure et les éditions Bayard pour ce partenariat.

logo Mort surebayard

Publicités
Cet article, publié dans Chroniques, Fantastique, est tagué , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s