« Le voyage de Phoenix » de JUNG

le_voyage_de_phoenixQuatrième de couverture : Trois destins s’entrecroisent: Jennifer, fille d’un soldat américain passé en Corée du Nord. Fille d’un père absent, communiste et traître, l’Amérique la rejette. Elle consacre sa vie à un orphelinat de Séoul. Aron adopte un petit garçon et s’attache tant à lui qu’il délaisse sa fille ; il s’enfonce dans la dépression lorsque son fils tombe gravement malade. Doug, le meilleur ami d’Aron, est militaire et orphelin depuis longtemps. C’est lui qui a poussé Aron à adopter. Il se sent responsable de ce qui se passe.

— Chronique —

« Le voyage de Phoenix est un conte sur la vie, la mort, la renaissance, le pardon. »

En voilà une bande – dessinée peu commune qui se rapproche davantage du roman graphique. C’est une œuvre qui met en scène plusieurs personnages et leur histoire. Il y a :

  • le petit Kim, un jeune coréen orphelin adopté par une famille aimante américaine,
  • la jolie Jennifer, directrice de l’orphelinat, une enfance isolée, rejetée par ses propres grands – parents, elle a fui l’Amérique en quête d’un père disparu pendant la guerre de Corée et dont elle ne sait rien,
  • San – Ho, un jeune coréen du Nord qui s’est enfui et qui raconte son calvaire durant une quinzaine d’années dans un camp de travailleurs.

A travers ses personnages, Jung raconte plusieurs histoires et offrent diverses thématiques dont le lien commun est la Corée.

Une histoire d’adoption, d’enfance, d’amour maternel et de pardon mais aussi d’un drame qui voit tout éclater. Aron et Helen sont américains et adoptent le petit Kim rapidement acclimaté dans cette famille qui attendait un enfant impatiemment. Doug, le frère d’Helen est un officier en mission en Corée où il a rencontré Jennifer, la directrice de l’orphelinat et grâce à qui sa sœur et Aron ont pu adopté Kim. Autour de cette famille idéale, gravite Chelsea, la première fille d’Aron qu’il a eu d’une autre union, délaissée depuis l’arrivée de ce petit frère tant désiré. Et puis, c’est le drame, l’épreuve est difficile, elle détruit une famille heureuse, impossible de passer outre pour certains personnages sans s’autodétruire, et pourtant, la reconstruction et le pardon reste possible.

C’est aussi une histoire d’abandon, de rejet, de reconstruction personnelle. Jennifer est américaine, expatriée en Corée car rejetée depuis petite par sa propre famille. Elle n’a pas connu son père considéré comme déserteur, sa mère a toujours refusé de lui en parler, ses grands – parents patriote l’ont houspillé et n’ont cessé de critiquer ce père absent, une honte pour eux. La fuite en Corée du Sud est sa seule issue pour se rapprocher de ce père inconnu. Et puis, elle rencontre l’amour. Le personnage de Jennifer est fort, courageux, très empathique avec les enfants de l’orphelinat dont elle s’occupe. Là bas, elle se reconstruit et cherche toujours un signe de ce père qui l’a tant manqué. A travers l’histoire de ce personnage, on découvre aussi la vie des militaires américains pendant la guerre de Corée.

Enfin, une histoire de liberté, San-Ho est nord Coréen, a toujours vécu dans un camp de travailleur ressemblant étrangement à un camp de concentration, la famine, la maladie, la maltraitance, les exécutions gratuites, les abus des uns, il a connu ce qu’il y a de pire chez l’être humain. Son histoire est tragique, touchante, désarmante et ouvre les yeux sur la dictature qui sévit encore aujourd’hui en Corée du Nord et raconte cette guerre affreuse et incompréhensible, un pays pris entre les mains armés de la Chine et des Etats-unis. C’est quelque part affligeant. Et pourtant, San-Ho s’est enfui et revit en Corée du Sud. L’amour et l’espoir voilà des valeurs que ce personnage et son histoire véhiculent.

Par ailleurs, le dessin est magnifique, nuancé de noir et blanc,  très expressif, les émotions sont vives, intenses, poignantes. Chaque planche est une œuvre à part entière. Le coup de crayon de Jung est  vraiment réussi, l’histoire en elle – même est bouleversante et le dessin ne fait qu’accentuer cet effet de mélancolie, de tristesse et de drame mais aussi de bonheur, de joie et d’amour.

En bref, une œuvre très réussie qui offre à travers l’histoire de ses personnages, une réflexion sur la guerre de Corée tout en contant les drames qui touchent ses personnages en lien étroit et leur reconstruction à travers la renaissance, le pardon ou encore l’amour. A découvrir !

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