« Le Gardien de la Source » de Vanessa TERRAL

couv-gardien-source-terral-petite-version Quatrième de couverture : « Puis elle le vit. L’individu qui l’observait se tenait en retrait, à l’opposé de la pièce. Il ne cherchait pas à se fondre dans l’assemblée des gens bien nés. D’ailleurs, ceux-ci l’évitaient. C’était presque imperceptible, mais le flot des civilités s’écartait de lui dans une valse consommée. » En cet été 1814, Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, et son héritière, Anne-Hélène, sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Si une telle invitation ne se refuse pas, la marquise est inquiète. Quelques mois auparavant, sa fille a souffert d’un mal funeste et été sauvée in extremis. Depuis, elle n’est plus tout à fait la même… Quelle est donc cette ombre qui plane sur Anne-Hélène ? Et pourquoi le mystérieux Lazare, baron d’Oppedette, semble-t-il soudain subjugué par la jeune débutante ? 

— Chronique —

Envoûtant, comment trouver les mots pour exprimer le ressenti après un tel moment délicieux ? Difficile d’avoir le talent d’écriture et l’art du maniement des jolies mots de l’auteur pour rendre hommage à son œuvre, on va toutefois essayer…

Une lecture aussi légère et fragile qu’une aile d’un papillon que l’on aurait peur de briser, une lecture que l’on prend le temps d’apprécier, une lecture marquante qui raconte une romance magnifique qui n’était pas gagnée d’avance.

L’auteur aspire à un nouveau genre avec cet œuvre en important le mythe d’Hadès et Perséphone au cœur d’une romance historique empreinte de magie et de fantastique, une véritable réussite !

C’est hors du temps, on est subjugué, on savoure chaque mot, chaque phrase tant le langage usé par l’auteur est d’une richesse et d’une justesse incroyable, c’est beau, magique, transcendant… C’est aussi très imagé, métaphorique, d’une poésie inspirante, on s’évade au cœur de la Provence d’une autre époque ; des paysages somptueux aux cours d’eau rafraîchissants et une terre tantôt épanouie tantôt meurtrie mais toujours dans la beauté, au cœur des mondanités frivoles ; le jeu de la séduction de la jeune noblesse, des danses enivrantes ou encore de belles paroles poétiques,  et d’une sorcellerie douce amer ; le genre de magie qui rôde et frappe sa proie violemment, de celle qui happe tout votre être, qui n’est pas sans conséquence de l’avoir appelé, une magie aussi simple et éblouissante en lien étroit avec la nature…

Anne – Hélène est une jeune femme courageuse, épanouie, pleine de vie, sensible au charme de la nature et de la botanique et docile en tant qu’héritière de la marquise d’Allemagne. Pourtant quand la mort menace de la prendre dans ses filets, l’intervention sombre et puissante de trois sorcières la sauve mais la brise aussi. Anne – Hélène demeure transformée et peu peu devient qu’une pâle ombre d’elle – même. Un personnage d’abord lumineux et très vivant, qui sombre comme une âme en peine au cours du récit pour finalement reprendre des couleurs après quelques déboires difficiles.

Un contraste avec le personnage de Lazare, l’héritier déchu, taciturne, amer et mystérieux. L’homme traîne une réputation des plus déplaisantes, vil menteur, trafiquant sans cœur, médisant personnage que l’on fuit. Le baron d’Oppedette est bien évidemment tout autre chose, subissant depuis des années une affreuse malédiction familiale, qui le contraint à subir les affres de la Source, de lui dépend la vie et l’avenir de ses gens. Une lumière vient cependant éclairer le tableau, Anne – Hélène aussi troublante que vivante et malgré son jeune âge titille les sens virils du baron.

Le tout se passe au sein du XIX ème siècle, suite à sa chute du pouvoir de Napoléon, l’aspect historique n’est ici qu’un décor pour planter deux personnages et raconter leur histoire.

Une romance intense, vibrante mais pas facile, les embûches s’accumulent et les forces fantastiques : malédiction, sorcellerie, légende, viennent entacher une passion dévorante qui ne demande qu’à s’exprimer mais qui s’étiole pour mieux s’épanouir. L’amour fait son travail, des ailes poussent, des sentiment de liberté sont retrouvés, un bonheur non mérité apparaît au loin. Mais quelles épreuves vont devoir subir nos deux tourtereaux ?

L’auteure est vraiment talentueuse parce qu’avec ses mots, elle nous emporte, on est sur le fil tout au long de notre lecture, à la fois tendu et détendu, on espère, et on s’accroche pour nos deux protagonistes aux destins difficiles et en même temps on vit dans cette ère historique au doux manteau fantastique emporté dans un autre temps. C’est très doux, l’action est loin d’être le maître mot, c’est plutôt lent et tortueux mais tellement dévorant.

A souligner, cette couverture absolument superbe qui montre parfaitement la dualité qui s’affronte tout au long du roman, l’ombre et la lumière qui se heurtent, s’atténuent pour probablement obtenir un certain équilibre.

En bref, un roman sublime qui m’a complètement happée, le genre de roman que l’on a envie qui dure et en même temps le genre où l’on se jette dessus à corps perdu pour connaître le dénouement, ce dernier nous tenant en haleine jusqu’à la fin. A quand le prochain ?

Je remercie Babelio et les éditions Pygmalion pour l’envoi de ce magnifique partenariat.

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