« Le Caméléon » d’Angela BEHELLE

cameleon Quatrième de couverture : Et si les hommes étaient d’extraordinaires caméléons du sentiment ? Les garçons croient-ils aux contes de fées ? Drôle de question ! Surtout quand ils approchent la trentaine, ressemblent à des anges au corps sublime, gagnent bien leur vie grâce à un travail qui les éclate, conduisent des voitures de luxe, ont un appartement de rêve, des copains à la pelle et une petite amie qui recueille les suffrages de leur famille tout en flattant leur orgueil. Franchement, à quoi ça servirait de verser dans des fariboles de ce genre ? Un train entre Lille et Paris n’a rien d’un carrosse, un appartement parisien, rien d’un palais, et une clé USB, rien d’une baguette magique. Chaque femme vit plusieurs existences à la fois. Tour à tour fille, amie, sœur, mère, compagne, amante. Derrière la façade lisse d’un quotidien presque banal se cache bien souvent l’autre femme, celle de l’ombre, de la nuit, celle qui rêve, celle qui fantasme, celle qui aime.

— Chronique —

Le Caméléon, cela ne sonnerait-il pas comme un conte de fée ? Peut-être bien. Quant à la question « Et si les hommes étaient d’extraordinaires caméléons du sentiment ? », après cette lecture, on peut répondre que oui. Là encore, les mots prennent un sens bien particulier. Si vous rêvez du Prince Charmant, le personnage masculin de cette histoire pourrait bien s’en approcher, il faut juste prendre conscience que son cheval blanc n’est autre qu’une Aston Martin ou plus modestement, une 106, qu’il manie habilement le mensonge mais seulement pour vous charmer davantage et vous protéger de vous-même, mais surtout et c’est là que ce prince devient roi, il est prêt à tout pour vous conquérir si pour la première fois de sa vie, vous avez réussi le tour de force de lui faire battre le cœur. Dans ce conte moderne, ce n’est donc pas une grenouille qui devient prince mais bien un homme à la vie sans saveur qui prend les multiples couleurs du Caméléon pour enfin s’épanouir et se permettre d’aimer comme il l’entend.

« (…) se doit être un caméléon pour se fondre dans le décor, voir sans être vu, écouter sans se faire surprendre. S’adapter à son environnement. »

Un trajet Lille-Paris, un train bondé, Mathias grince les dents de côtoyer pour lui l’insupportable. Puis une effluve agréable, du mouvement brut, un tas d’affaires qui s’affale sur le siège d’en face, il relève la tête et croise son regard. La jeune femme s’appelle Alex, un chignon fait à la vite, un charme naturel, une beauté qui ne nécessite aucun artifice,  Mathias est conquis et n’hésite pas à profiter de quelques œillades pour satisfaire un plaisir purement innocent. Enfin, c’est ce qu’il croit. Une clé USB (de vair) oubliée et retrouvée, une curiosité rassasiée, un petit mensonge et voilà Mathias embarqué dans une sacrée histoire, où ses talents de Caméléon seront mis à rude épreuve et où lui même risque de s’empêtrer. Quand pour la première fois, un diamant brut vous éblouit davantage que tous les joyaux façonnés du monde, il est évident que l’acquérir peut-être laborieux.

Ce roman est à prendre comme une romance moderne, contemporaine avec une petite pincée de conte de fée. Il y a un aspect très réaliste, très ancré dans une réalité que l’on connaît, que ce soit dans le langage parlé des personnages, leur petits tracas quotidiens, leurs émotions souvent vives, passionnées et très humaines, des éléments qui permettent au lecteur de s’immerger, de croire aux personnages, à leur histoire et surtout de complètement s’en imprégner pour avoir cette très agréable impression d’y être. L’auteure réussit avec beaucoup de talent à nous faire croire que c’est nous qui vivons ce récit, et quand on réussit ce tour de force d’émoustiller, de faire battre le cœur ou d’exacerber les émotions du lecteur, il y a très peu de chance que le roman ne soit pas une petite pépite du genre. Alors pourquoi Conte de fée ? Parce que le prince charmant a des valeurs et du sang nobles, qu’il est juste parfait de bout en bout sans jamais tomber dans le « trop », le personnage de Mathias est incroyablement « sexy » dans tout ce qu’englobe le terme : un charme de fou, des valeurs et une sensibilité qui se révèlent au fur et à mesure de l’avancé de l’intrigue, une présence charismatique, une tendresse amoureuse, un côté taquin très prononcé, et même si le pauvre va se perde dans ses « mensonges », et bien on lui pardonne tout ça, tellement il nous conquiert dans chacune de ses paroles, chacun de ses gestes ou actes, et que la métamorphose du trentenaire noble et lisse en amoureux transi et joyeux est juste superbement écrite par l’auteure.

« Elle relève la tête et me cherche du regard. Un regard ! C’est quoi ? Trois secondes. même pas. C’est le temps d’un éclair , d’un électrochoc, d’un flash, d’un truc de fou. C’est cett vision surréaliste et brutale de ce que pourrait être l’avenir. Pas seulement ce soir, ou demain, ou le mois prochain. Je me vois là, au même endroit, dans dix ans, dans vingt ans, avec elle, à partager ce moment de complicité, à échanger des milliers de choses par le biais d’un simple regard. »

L’auteure parlons – en, je la découvre avec ce titre qu’elle a plus que réussi, la romance est sublime, empli d’une sensualité équivoque et justement dosée, l’environnement est réaliste, c’est dynamique, plein d’humour, et on palpite avec nos deux personnages dont l’auteure nous offre les deux points de vue, c’est tout de même celui de Mathias qui prédomine. La romance n’est pas évidente même si le coup de foudre des deux personnages l’est, il est évident que pour Mathias, l’engrenage dans lequel il se fourre est uniquement dans le but de conquérir le cœur de sa belle, et qu’est ce qu’il est doux et patient, oui sa patience est juste épatante ! Quant à Alex, elle est plus distante, plus sur la réserve, ne souhaitant pas forcément s’engager trop vite dans une nouvelle relation, car la belle a ses secrets…

Et comme tout conte de fée, nos héros sont chapeautés par des personnages secondaires qui ont tous leur importance, du côté de Mat, son frère, sa bonne fée (vous découvrirez assez tôt de qui il s’agit), et surtout son général de père qui lorsqu’il s’ouvre à son fils ne le fait pas à moitié, quant à sa mère, il fallait bien une mauvaise reine (ou une marâtre devrais-je dire) dans cette histoire. Du côté d’Alex, les amis prédominent, un peu comme une bande de joyeux nains qui protégerait celle qui tente d’échapper à… Mais aller donc le lire !

En bref, le Caméléon fait une entrée fracassante dans l’univers des contes modernes qui font rêver sans vous balancer des tonnes de guimauve ou de surréalisme dans l’intrigue. La romance est magnifique, le personnage masculin absolument divin et l’écriture nous entraîne dans une balade plus que magique !

Je remercie Louve et son partenaire les éditions Pygmalion pour ce très très bon moment de lecture !

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