« De fièvre et de Sang » de Sire CEDRIC

De fievre et de sang Quatrième de couverture : Ils semblent se nourrir de sang. Leurs victimes sont retrouvées exsangues. Eva Svärta et le commandant Vauvert viennent enfin de mettre un terme aux agissements des frères Salaville. Mais les meurtres continuent, défiant toute logique.
Les talents d’Eva, policière albinos dotée d’un instinct hors normes, vont la conduire aux frontières de la rationalité. Là où, à tout instant, votre propre reflet dans le miroir pourrait vous engloutir, où la part d’ombre d’Eva causera sa perte ou lui sauvera la vie…

— Chronique —

Sire Cedric signe un roman très sombre et sanglant mêlant astucieusement et finement le polar, le thriller et le fantastique au cœur d’une enquête palpitante. Un concept qui touche la lectrice que je suis, le surnaturel ayant un part à part entière dans l’enquête. Frissons et palpitations garantis !

« Un silence presque palpable retomba sur la ferme.
Vauvert plissa les yeux. Voilà ce qui clochait depuis le début. Il lui avait fallu tout ce temps pour mettre le doigt dessus. »

Au cœur d’une campagne profonde, où le silence règne en maître, le commandant Alexandre Vauvert et la profileuse Eva Svarta s’arrêtent face à une ferme des plus angoissantes. La fin d’une enquête qui devrait les mener aux meurtriers en série de plusieurs jeunes filles ayant disparu. Mais ce qu’ils découvrent dépassent la raison, des corps, nombreux, sauvagement mutilés, vidés de leur sang et bien pire encore. Ils pourraient bien avoir posé les pieds dans quelque chose qui dépasse tout entendement…

« Il désignait plusieurs formes noirâtres et longilignes, entassées le long du mur….
C’est quand il reconnut les ossements d’une main humaine qu’il comprit.
Des cadavres. On les avait découpés en morceaux et jetés pelé-mêle à cet endroit, ou la putréfaction les avait lentement liés, avait soudé leurs chairs à la manière d’un groupe d’amants emmêlés. »

J’ai pu découvrir l’auteur dans « L’enfant des Cimetière », roman qui était riche d’une atmosphère bien particulière et qui relatait une enquête menée par le Commandant Vauvert. Si l’auteur sait parfaitement tisser et manier les ambiances glauques et effrayantes, il dresse aussi des portraits de personnages plus forts les uns les uns que les autres.

Le personnage d’Eva Svarta, albinos sexy et violente mais aussi sensible et écorchée vive, travaille à la brigade criminelle de Paris, un personnage regardé de travers suite à des actes d’une éthique douteuse et un physique qui ne laisse personne indifférent. Elle se retrouve dans cette enquête à vivre des moments assez horribles qui vient avec violence lui rappeler de bien atroces souvenirs. C’est un personnage complexe, intense et original, qui n’hésite pas à faire justice elle – même, au passé très lourd et sordide qui se retrouve face à des meurtres innombrables et innommables.

« Souviens-toi que je suis… un monstre… qui tue les monstres… »

Celui d’Alexandre Vauvert est juste fantastique, le commandant défie toutes autorités pour sauver celle qui l’a aidé à résoudre l’enquête des Salaville. Le personnage est toujours aussi imposant et impressionnant, un colosse qui excelle dans son travail et qui n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat et à user de son statut pour résoudre ses enquêtes, on est loin de la finesse avec ce personnage, charismatique et fantasmatique. Dans ce roman, il est très légèrement au second plan par rapport à Eva mais il domine tout de même l’ensemble du récit, et il va devoir se confronter à son esprit rationnel pour mener à bien cette enquête qui réserve beaucoup de surprises.

« Ce ne sera pas la première fois qu’on sera forcés de trouver des explications rationnelles à quelque chose qui nous dépasse, crois-moi. Avec le temps, on finira même par se convaincre qu’on a rêvé. »

Et puis, il y a le personnage d’Erwan, un personnage plus doux que les deux autres, disons moins marqué par ses enquêtes et son passé, plutôt bon médiateur, bon policier qui prône une très bonne éthique. Le personnage est aussi plein d’humour, un beau gosse sûr de son charme qui cache peut-être aussi bien d’autre chose. Tout est que son duo improbable avec Vauvert est plutôt étonnant, une équipe éclectique et complémentaire qui fonctionne à merveille.

L’auteur est aussi très doué pour écrire des enquêtes digne d’un polar noir et d’un thriller intense, il y a ici une véritable intrigue policière se mêlant au fantastique. On reconnaît a priori bien là le style de Sire Cedric, l’auteur aime les enquêtes policières menées par des personnages très forts et qui ont de la « gueule » et qui en ont dans le ventre, on est loin de personnages édulcorés mais plutôt écorchés et marqués par un vécu difficile. On a une ambiance très particulière, c’est sombre, froid, venteux, pluvieux, très gothique, très noir, un véritable polar à l’ancienne dans les brumes qui cachent de douteux secrets… C’est sanglant, sanguinolent, violent, horrible, les meurtres s’accumulent, le sang gicle, s’écoule, les pauvres jeunes filles se retrouvent atrocement mutilés selon un rituel lent et incisif, il y a de la découpe, plutôt fine et lente, les victimes sont affreusement torturées de leur vivant, c’en est même presque à la limite du soutenable parfois. A cela s’ajoute, cette touche fantastique où les démons et le diable semblent très appréciés par l’auteur, des écritures étranges sur les murs, des loups aux yeux rouges apparaissant et disparaissant ci et là, c’est à la fois déstabilisant, effrayant et haletant.

« Tu vas devoir verser des larmes. Tu vas devoir supplier. C’est ainsi que le rituel doit se dérouler. C’est la douleur qui les attire. La douleur et les larmes. »

En bref, un thriller fantastique efficace aux personnages absolument divins et charismatiques. Il est évident que je remettrai mon nez dans un livre de l’auteur afin de retrouver Alexandre Vauvert et Eva Svarta !

— Roman lu dans le cadre du challenge —

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Un commentaire pour « De fièvre et de Sang » de Sire CEDRIC

  1. vinushka64 dit :

    J’avais beaucoup aimé celui-là ! J’avais lu le 2 un an avant, car je ne savais pas qu’il y avait un ordre et j’avais aimé, mais moins que ce premier tome. Maintenant, j’ai hâte de lire le tome 3 !

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