« Wanted » de Mark MILLAR & J.G. JONES

wanted Quatrième de couverture : Wesley mène une existence un peu minable, jusqu’au jour où il découvre que son père était le Killer, le plus célèbre des assassins. Il réalise alors que le monde est dirigé par une société secrète de super-vilains. En rejoignant cette nouvelle « famille », Wesley le loser va embrasser une nouvelle destinée.

— Chronique —

Wanted ou le comics que l’on adore lire puisqu’il passe outre tous les interdits, humour noir garanti, violence et projection de sang à gogo, c’est terriblement badass et politiquement très incorrect, bref ça claque ! Mark Millar ose déjouer les codes, à contre courant, le lecteur se heurte à un ouvrage peu conventionnel mais qui ne manque pas de piquant. On jubile à cette lecture assez noire mais tellement hilarante (il faut savoir prendre l’ouvrage et son déballage de violence, d’immoralité et de sang au second degré). Mais où est le libre arbitre ? Cette petite âme qui guide nos actions selon les bonnes volontés d’une société bornée et aseptisée, ici on en est loin… Osez rejoindre cette bande de super-vilains à la fois sexy et malsains où la morale n’est plus !

Wesley Gibson fait partie de ses loosers hypocondriaques qui suivent le mouvement, complètement paumé dans une vie insipide et sans prétention, une vie banale, un fils à sa maman qui a grandi dans la peur et la méfiance, un pauvre mec qui a fini dans un bureau où chaque jour sa patronne l’insulte de la plus humiliante des façons, qui chaque soir et chaque matin se fait prendre à parti par les cakos des bas quartiers, un mec cocu qui accepte que son meilleur pote s’envoie sa copine dans son dos, tout ça sans jamais rien dire, tout ça en gardant le sourire. Oui mais, Wesley c’est aussi l’enfant, parait-il, du plus grand tueur de cette Terre, le grand, le super-vilain, l’Assassin, avec un pedigree pareil difficile d’échapper à l’armada violente et égocentrique qui gère dans l’ombre les plus grandes crapules de ce monde.

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Alors Wesley prêt à devenir le fils prodige du héros mort ? Plutôt deux fois qu’une et on peut dire que le personnage ne ménage pas ses efforts pour devenir enfin ce que papa Assassin souhaitait pour son petit : une liberté extrême, tu veux tuer cet innocent petit vieux qui se promène dans la rue, vas y ! Tu as peur de prendre des coups, alors prends ces uppercuts dans la face, cela t’entraînera à ne plus t’en inquiéter ! Tu veux cette jolie poulette dans ton lit, sers toi ! Une pulsion, une envie, plus rien n’est interdit quand on fait parti du groupe « fraternité ».

Avec  les super-vilains, le scénariste propose à l’extrême, une violence sanglante et aléatoire, à travers un personnage qui se transforme sous nos yeux abasourdis, et il faut le dire, on aime ça. Bon, les fans de super-héros classiques, dites vous bien qu’ici ils en prennent plein la figure, ils morflent, ils saignent, ils deviennent une denrée rare… Mais les super-vilains n’ont rien à leur envier, certains sont franchement classes, d’autres franchement rebutants, mais ils sont toujours à fond dans leur principe de liberté. Les cadavres s’accumulent, les vices aussi.

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D’ailleurs, Mark Millar prend à parti le lecteur, une façon de nous accrocher davantage à cet anti-héros et peut-être même nous faire prendre conscience de certaines choses, vous avez dit « sheep effect » ? Pensez à votre rôle dans la société les amis, les conclusions de cet ouvrage sont déconcertantes et criantes de vérité en quelques sortes… On clôt l’ouvrage avec un sourire au lèvre et surtout quelques interrogations en prime (comme si l’être humain ne s’en posait pas assez comme ça, mais pas forcément les bonnes…), peut-être que ce parti extrême était justement là pour vous faire réfléchir, on interroge davantage en choquant, on laisse un souvenir plus intense en heurtant les mœurs habituels, un parti pris déconcertant, mais pourquoi pas ?

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Du côté visuel, J.G. Jones fait les choses superbement bien, les traits des personnages sont expressifs, ils ont chacun leur caractéristique, on n’a pas cette impression de revoir sans cesse le même visage exploité aux multiples sauces possibles, franchement on est dans du comics pur et dur de ce point de vue là.

En bref, un comics vraiment très jouissif à la lecture, un héros des plus badass, une éthique plus que douteuse mais un lot de personnages excellents Fox et Wesley en tête, avec en prime, une réflexion ouverte sur vous-même. Alors vous laisserez – vous tenter ?

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