« Les Vauriens de Havisham tome 1 : Pour lui plaire » de Lorraine HEATH

Quatrième de couverture : Après six saisons infructueuses, Minerva Dodger a abandonné l’idée de se marier. Son esprit vif, sa nature indépendante font fuir les prétendants, et seuls les coureurs de dot lui tournent autour. En revanche, elle n’a pas renoncé à la passion. Un soir, le visage dissimulé sous un masque, elle se rend au sulfureux Nightingale Club. Sa rencontre avec le duc d’Ashebury est explosive. Elle découvre le plaisir dans les bras de cet amant expérimenté et, au fil de leurs étreintes, leur complicité sensuelle se mue en une relation plus riche. Mais, terrifiée à l’idée de perdre celui qui est indispensable à son bonheur, Minerva refuse obstinément de lui dévoiler ses secrets.

— Chronique —

Ce romance est un livre « doudou », vous savez ces livres qui vous mettent du baume au cœur et viennent vous faire du bien quand vous en avez besoin. C’est une romance historique pleine de passion, de désir qui loin d’offrir un excès de sexualité offre surtout un échange passionnant entre deux personnages que tout oppose mais qui s’allie à merveille. C’est plutôt original et réussi son petit effet, le lecteur est emporté au cœur d’une histoire où le double-jeu des personnages ne le laissera pas indifférent.

Minerva dodger n’est pas le genre de femme qui plaît et attire les hommes. Depuis maintenant six saisons, elle se rend aux bals mondains sans avoir rencontré son futur mari. Il faut dire que la demoiselle n’a pas sa langue dans sa poche et n’hésite pas à partager ses opinions et ses réflexions qui ne sont pas du goût de la plupart des hommes. Pourtant des demandes en mariage, elle en a eu, mais la jeune femme a une dot si importante qu’elle attire tous les chasseurs de dot de la société. Mais Minerva aspire à bien plus qu’un mari, elle rêve d’amour, de désir et de passion. C’est pourquoi elle décide de renoncer au mariage et de perdre son innocence en se rendant au club de Nightingale, un club privé où les maris viennent retrouver leur maîtresse et où les femmes, dont l’anonymat est savamment gardé, viennent également prendre du bon temps. Elle y rencontre le Duc d’Ashebury, un des vauriens d’Havisham  à la réputation sulfureuse, qui loin de la laisser indifférente, aurait même tendance à la surprendre et à lui attiser le feu au corps.

L’auteure dresse le portrait de deux personnages qui sont plutôt mal assortis, qui ne ce sont jamais vraiment parlés alors qu’ils se croisent régulièrement dans les bals mondains et qui pourtant dans un contexte anonyme et intime vont peu à peu se rapprocher.

Minerva Dodger est une jeune femme de caractère, élevée avec ses frères par un roturier qui a réussi en ouvrant une salle de jeu, un père à la réputation sauvage prêt à tout pour protéger sa fille. De cette éducation, Minerva garde certains traits masculins de l’époque qui était relativement mal vu chez une femme ; une répartie intelligente et cinglante, une droite maîtrisée, des conversations ouvertes sur le monde et l’économie, une franchise directe ainsi qu’une certaine autorité, le genre de chose qui repousse les hommes plus qu’il ne les attire. Minerva rêve d’amour et certainement pas d’un mariage arrangé et de bonne facture, en six années aucun homme ne s’est aventuré à tenter quoi que ce soit avec elle, pas même un baiser, seul sa dot semble avoir sur eux un effet attractif. Minerva se sent donc assez banale, peu séduisante et accepte son sort de future vieille fille, préférant renoncer au mariage. C’est un personnage féminin franchement attachant qui offre une touche d’humour rafraîchissante, elle est peut-être vierge mais loin d’être innocente, elle a de la conversation, n’hésite pas à dire tout haut ce qu’elle pense quitte à blesser, adore les jeux d’argent et mal se comporter en volant les cigares de son père et fouinant dans sa réserve de scotch. Sous les trait de Lady V, elle se se rend dans ce club privé, le Nightingale, légende urbaine londonienne où les mœurs sexuelles ne seraient plus un tabou. La passion et le désir animeraient les hommes et les femmes. Minerva souhaite connaître ce sentiment d’être désirée d’un homme pour autre chose que son argent et espère bien connaître une folle nuit de passion. Asche va beaucoup l’intriguer, la détromper sur les rumeurs et sa réputation, et elle va peut-être même y voir des choses qui ne lui semblait pas possible, encore moins avec le Duc d’Ashebury, intensément courtisé par les femmes.

Le duc d’Ashebury, Nick pour les intimes, fait parti de ceux que l’on appelle les vauriens d’Havisham. L’homme vit sa vie comme il l’entend entre aventure aux quatre coins du monde et aventure amoureuse sans lendemain. Il faut dire qu’il est plus que séduisant et que son indomptabilité en attire plus d’une. Pourtant, le Duc doit faire face à des difficultés financières dues à ce qu’il considère comme une tare. Il porte aussi un passé qui le hante encore ayant perdu ses parents à l’âge de huit ans dans un violent accident ferroviaire. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé avec les jumeaux Almott et Loke, élevé par un marquis fou, sans véritable marque d’affection si ce n’est le lien fraternel qui unit aujourd’hui, les quatre « frères ». Nick ne croit donc pas en l’amour. J’ai bien aimé ce personnage masculin sous ses airs de charmeur notoire, il y a tout de même un certain respect pour l’innocence de celle qui se fait appeler Lady V, un discours galant et plein de bon sens, le personnage est bon malgré sa réputation, qui a profondément du mal à dépasser ce passé qui le ronge et à assumer ses difficultés financières, persuadé d’être déshonorant vis à vis de ses parents décédés. Ashe guette les femmes du club, cherchant celle qui lui fera momentanément oublier ses cauchemars, et jette son dévolue sur cette jeune femme toute de blanc vêtue et au masque de plume, Lady V. Sa rencontre avec Lady V l’enthousiasme d’un point de vue charnel, celle avec Minerva l’intrigue par sa personnalité unique dans la gente féminine.

Autour des deux protagonistes principaux, des personnages secondaires viennent apporter un avant goût des titres à venir, on pense inévitablement à Edward Almott, dont le jumeau marié s’est assagi et posé auprès de sa femme, ce qui n’est pas au goût du vaurien qui ne croit qu’en l’alcool, aux femmes et aventures extravagantes, ce n’est pas un très beau portrait pourtant le personnage et son humour grandiloquent sont certainement plus profonds que cela, affaire à suivre dans le tome 2.

Lorraine Heath joue relativement bien de sa plume pour écrire une belle romance sensuelle et très intense. Elle use aussi malheureusement de ces codes typique de la romance historique avec cette façon bien singulière qu’on les personnages de tout le temps ressasser leur problème, Minerva qui avec son physique banal et sa dot faramineuse pense ne jamais connaître l’amour, Asche qui vit mal le décès de ses parents et pire encore ce handicap qui l’empêche de gérer correctement ses affaires, mais honnêtement on s’immerge tellement avec plaisir dans cette lecture divertissante, addictive et pleine de bons sentiments qu’on occulte les défauts.

En bref, une romance très addictive entre deux personnages bien individualisés et antagonistes, l’un étant une espèce de vilain petit canard souffrant de ne pas être aimé pour ce qu’elle est, l’autre séduisant bourreau des cœurs qui s’échappe de ses tourments dans la décadence, le tout dans un subtile jeu de séduction et de double-jeu, on passe un sacré bon moment en compagnie de ses vauriens. J’avoue avoir très envie de connaître les prochaines histoires des vauriens encore célibataires, Edward, le  débauché et alcoolique notoire détesté par sa belle sœur et l’énigmatique Locke élevé par un père devenu fou à la suite du décès de sa femme. Un excellent début de série pour ce premier tome !

Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire les éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

— Lu dans le cadre des challenges suivants —

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