« Passenger tome 1 » d’Alexandra BRACKEN

Quatrième de couverture :

NEW YORK 2016
LONDRES 1940
ANGKOR 1685
PARIS 1880
DAMAS 1599

Etta et Nicholas n’auraient jamais dû se rencontrer : elle, une jeune New-Yorkaise de 2016 ; lui, un fils d’esclave du 18 ème siècle. Pourtant les voilà projetés dans les couloirs du à la recherche d’un mystérieux astrolabe. Une quête périlleuse. Une idylle impossible.

— Chronique —

Que cache cette histoire contenue dans cet écrin magnifique ? Parlons en de cette couverture, elle est sublime, elle attire le regard et nous plonge hypnotiquement dans les vagues d’un contraste temporel, le XXIème siècle face au XVIIIème, et annonce la couleur de ce qu’elle contient, aventure mouvementée enluminée d’une romance intemporelle. Un roman qui emporte le lecteur au voyage et telle une bouteille jetée à l’océan ne sait où il finira.

2016, New York. Etta est une jeune violoniste qui rêve de passer professionnelle. Le soir de sa première au Theatre Museum  de New York, elle surprend une violente dispute la concernant entre sa mère et son professeur de violon, Alice dont elle est très proche. Surprise, elle les fuit et se lance dans son solo, ses premières notes entamées, un autre rythme plus assourdissant se fait entendre, la paralysant face au public. Elle sort rapidement de la scène, se retrouve à suivre ce son qu’elle seule semble entendre du moins jusqu’à ce qu’elle croise une jeune fille qui la bouscule et c’est le trou  noir. Elle se réveille sur un navire d’époque en pleine mer en compagnie de Sophia au discours bien étrange. Amenée sur le pont, Etta se retrouve face à un bain de sang, à des hommes habillés comme des corsaires et croise le regard de Nicholas Carter, aurait-elle vraiment traversé le temps pour se retrouver en plein XVIIIème siècle ?

Nicholas Carter originaire du XVIIIème est un métisse issue d’une mère esclave, le jeune homme a un sacré caractère, têtu, forte tête, en même temps, malgré une certaine liberté, il subit les griefs liés à sa couleur de peau et à ses origines filiales esclaves, on peut aisément comprendre ce caractère impétueux nécessaire pour s’imposer, notamment en tant que responsable de navire. C’est aussi un personnage fier et juste, fort et plutôt ténébreux, séduisant à sa façon, personnellement il m’a plus dès son entrée, on le sent très motivé, près à tout pour prouver sa valeur et en même temps, sa bonté et plus particulièrement son besoin de protéger Etta le rattrape et le rende encore plus plaisant.

Etta, Henrietta Spencer, originaire du XXIème est une petite blonde de dix – sept qui a toujours manqué de l’amour de sa mère et qui s’est complètement jetée dans sa passion du violon grâce à Alice. Ce petit bout de femme est assez étonnant et s’adapte relativement bien aux révélations qui lui sont faites : Les voyageurs, les portails temporels, les querelles des familles, etc. Elle se lance dans sa quête avec tout le courage nécessaire, elle a aussi son caractère mais est plus douce que Nicholas, elle tranche de ce point de vue, c’est un personnage tolérant et fort.

Les deux héros vont donc se retrouver en quête d’un astrolabe, que l’ignoble Cyrus leur demande de lui ramener. A leurs trousses, des méchants, nombreux, des « gardiens » travaillant pour le compte de Cyrus Boisdefer et des « Epines » ennemis de Cyrus souhaitant également obtenir l’objet tant convoité.

Ce roman vous permettra de voyager dans le temps, vivre la modernité et l’art newyorkais, de voguer sur un navire du XVIIIème en compagnie de corsaires, de subir les bombardements londoniens en pleine seconde guerre mondiale, de sentir l’humidité ambiante et l’état sauvage d’un temple ancien d’Angkor au XVIIème, de traverser rapidement un Paris Victorien en pleine révolution industrielle ou encore de traverser le désert hostile de Damas à dos de dromadaire au XVIème, une traversée du temps qui initie chaque fois le lecteur à un fait historique, une culture, une religion. Si le temps passé à travers chacun de ces âges est relativement rapide et pour certains même succincts, le dépaysement est radical et réussi. L’auteur embarque son lectorat dans une aventure faite de paysages hétéroclites, on change d’époque, on change de pays ou de ville, on change de culture et de mœurs, on change d’environnement, il y a une réelle dynamique, qui laisse assez peu de place aux longueurs une fois que l’aventure et la quête des deux héros commencent. Ce qui n’est pas le cas du début de l’histoire qui est assez longue à se mettre en place, un défaut mineur une fois que l’on vit l’histoire pleinement. Ces diverses brèches du temps, on les observe à travers le regard des deux personnages aussi différents que possible.

Évidement, dans cette aventure, il y a une petite touche de romance. Si tout sépare les deux héros, leur époque, leur caractère, leur éducation, il y a rapidement une forte attraction entre eux. De là découle un autre défaut à reprocher à ce récit en plus du démarrage un peu long, la romance est un peu trop rapide à se mettre en place, du coup elle manque un peu de crédibilité. Pourtant, j’ai bien aimé comment ces deux personnages s’apprivoisent, se regardent, tentent de se convaincre qu’une relation entre eux est vouée à l’échec, ayant chacun leur vie de leur côté, leur obligation. Chacun se questionne, chacun désire, il y a de véritables moments de vibrations romantiques, des moments qui vous feront battre le cœur et réveilleront vos papillons dans le ventre.

Quant au style de l’auteure, le roman est très agréable à lire, assez fluide, elle joue sur les points de vue d’Etta et Nicholas, et j’aime assez ce jeu de point de vue de l’un et l’autre, cela permet de multiples émotions, de multiples ressentis et surtout de multiples rebondissements, chacun ayant ses secrets, son obstination, son but. L’auteure ose également une fin qui donne franchement très envie d’avoir le second tome entre les mains. J’espère qu’il sera très vite traduit (la VO est sortie en janvier 2017).

En bref, un roman « travel time » qui offre son lot d’aventures et de romance, un panel de personnages ayant une certaine épaisseur psychologique des plus intéressantes et des lieux incroyables, merveilleux chacun à leur façon, avec cette histoire, c’est vous qui deviendrez un véritable « voyageur ».

Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire les éditions Milan pour ce partenariat.   

— Lu dans le cadre des challenges suivants —

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