Premières lignes #59

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Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer.
L’incipit sert à désigner le début d’un roman.

Aujourd’hui (avec quelques jours de retard…), ce sont les premières lignes de « Où s’imposent les silences » d’Emmanuel QUENTIN, la prochaine parution (en juin) des éditions du Peuple de Mü. J’ai eu la chance de le recevoir et de le lire en avant – première. Comme d’habitude, la couverture est très soignée, et comme j’aime beaucoup la maison d’éditions et apprécie énormément l’auteur (depuis Dormeurs…), j’avais bien envie de vous proposer une mise en bouche.

Quatrième de couverture : D’où que vous veniez, quelle que soit votre Terre d’origine, êtes-vous sûr de vouloir lire les lignes qui suivent ? De vous entendre résumer une histoire en quelques mots sous prétexte qu’ils vous éclaireraient sur son contenu ? Voulez-vous vraiment savoir ce que recèlent ces pages ?

Soit. Sachez donc que vous allez partir à la rencontre d’un étudiant confronté à un tableau de la Renaissance pour le moins anachronique, d’un flic enquêtant sur un cadavre improbable, et d’une femme amnésique se réveillant dans un champ désolé. Trois personnes rattrapées par le déséquilibre des mondes.

Si votre Loi vous y autorise, ouvrez ce livre, avant que ne s’imposent les silences.

Voici les premières lignes :

1 – MATTHIAS HELM

24 au 27 août 2036 – Avignon, 48 513 hab.

La première fois que j’ai vu l’enveloppe, je n’y ai pas prêté attention. J’avais trop bu. Pour vous donner un ordre d’idées, j’ai dû mettre un quart d’heure avant de parvenir à insérer la clé dans la serrure de mon 9m². Je crois me souvenir avoir marché sur l’enveloppe glissée sous la porte, puis pouffé en voyant l’empreinte noire de mon pas se greffer dessus. Ou bien je me suis imaginé ceci comme pour marquer la véritable limite entre ma vie d’avant et le moment où elle a brusquement changé de trajectoire.

Je me suis affalé sur mon lit. Seul, une fois de plus. Encore une soirée étudiante du pauvre passée à boire, à défaut de séduire une Lille. À l’époque, on me disait trop emprunté, trop maladroit, et le recours à l’alcool frelaté, production artisanale oblige, n’arrangeait rien. Fort d’une assurance dont je me croyais subitement investi, je n’en devenais que plus pitoyable. Je n’étais pas un séducteur dans l’âme. Je ne le suis pas plus aujourd’hui. Aujourd’hui, la différence, c’est que ça ne me fait plus ni chaud ni froid. Mes préoccupations sont d’une tout autre nature. Elles sont en tout cas bien éloignées des pseudos cours de fac auxquels j’assistais une fois sur trois, de mon projet professionnel ou de ma vie sentimentale.

C’est l’enveloppe qui est à l’origine de ce décalage. C’est con une enveloppe. Rien qu’un morceau de papier. Et pourtant, quand vous le découvrez, quand il se révèle, quand il révèle sa vraie nature je veux dire, il peut foutre votre existence en l’air.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :
Les Livres de George
• La Chambre rose et noire
• Lectoplum
Pousse de Gingko
• Colcoriane
Camellia Burrows
Au bazar des mots
Mon univers fantasy
• La bibliothèque de Céline
Charlène Voirin
Eléonore B
La Marmotte qui lit
• Free Time – Lecture
Moglug
Light & Smell
Ibidouu

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