« Lake Ephemeral » d’Anya ALLYN

Quatrième de couverture : Sera, onze ans, a vécu toute son enfance dans un orphelinat. Mais sa vie prend un nouveau tournant lorsqu’elle découvre que sa mère biologique est bel et bien en vie et à sa recherche. Conduite à Lake Ephemeral, un domaine résidentiel isolé, pour l’y rencontrer, la jeune ado découvre une communauté en marge du monde. Là, les enfants sont libres de vivre pleinement jeux et aventures au quotidien dans ce paradis naturel.
Mais bien vite, d’étranges détails troublent Sera : on lui refuse toute entrevue avec sa mère malade, les cinq autres jeunes qui cohabitent avec elle ne connaissent rien du monde ni de leurs premières années. Et si l’imposante clôture électrique qui délimite le domaine est bien installée pour les protéger de l’extérieur, pourquoi le terrain est-il infesté de plantes carnivores mortelles ?
Dans les profondeurs du Lac Éphémère, Sera parviendra-t-elle à percer les secrets des sept manoirs ? Parviendra-t-elle à s’échapper ?

— Chronique —

Avec une couverture aussi belle, difficile de passer à côté de ce titre. Miesis a fait un travail d’orfèvre, on ressent toute la sensibilité et la magie du roman mais aussi tout ce qu’il peut contenir : papillons multicolores, plantes luxuriantes, lac éphémère et une jolie petite blonde… Mais il y a surtout bien plus ! Ce qu’il y a de bien dans ce titre, c’est toute la féerie et la magie qu’elle inspire, du moins dans sa première partie, il y a vraiment quelque chose de différent, de beau, d’exclusif mais aussi un côté effrayant, anormal, inquiétant. Ce roman, c’est une très belle lecture en perspective !

Alors que Sera vit depuis l’âge de 5 ans dans un orphelinat, n’ayant jamais trouvé une famille adoptive et ayant été souvent exclue à cause de son regard froid et peu rassurant, la responsable de l’établissement reçoit une lettre de la mère de Sera qui souhaite venir la chercher. Quelques jours plus tard, un homme se présente à l’orphelinat et accompagne Sera à Lake Ephemeral retrouver sa mère, un domaine perdu au fond d’une vallée australienne avec en son centre un lac magnifique. De prime abord, le lieu est magique : une flore luxuriante, des rivières aux cascades rafraîchissantes, des papillons magnifiques, d’autres enfants du même âge pour jouer et une liberté de mouvement incroyable. Mais, que signifie cette clôture qui ferme la vallée ? Pourquoi lui interdit-on de voir sa mère ? Pourquoi les enfants ne connaissent pas le monde extérieur et pourquoi leur éducation se cantonne à la lecture de contes de fée ? Enfin, plus dangereuses et voraces, d’où viennent ces gigantesques plantes carnivores qui peuvent vous menacer à chaque pas ?

Lake Ephemeral est un endroit qui semble magique, un endroit rêvé pour de jeunes enfants en quête de liberté, un vrai terrain de jeu grandeur nature, il y a beaucoup de poésie dans la façon qu’à l’auteure de décrire cet endroit. C’est lumineux, verdoyant, coloré, le bruit se résume aux cours d’eau mouvants, et de nombreux papillons colorées viennent vous tourner autour comme de légers flocons. Il y a vraiment un côté féerique presque fantasy, tant l’endroit est isolé, différent, à part du monde qui l’entoure, les habitants ne quittent jamais cet endroit qu’ils décrivent comme suffisants et merveilleux à leurs enfants. Des enfants qui trop occupés à s’amuser et à croire ce qu’on leur dit ne cherchent pas à en savoir plus. Et puis, l’arrivée de Sera va changer les choses et engendrer des conséquences inévitables, la jeune fille ayant une soif de vérité est bien décidée à la connaître.

Sera est une petite fille de 11 ans, élevée dans un orphelinat et qui traîne une réputation de dure à cuire, le genre d’enfant à se battre et à vous regarder de travers, surtout que son regard est loin d’être anodin… Quand elle se retrouve à Lake Ephemeral, elle se pose beaucoup de questions, ne comprend pas qu’on ne la laisse pas voir sa mère, se demande pourquoi ce septième manoir est interdit d’accès et surtout pourquoi les enfants ne peuvent aller au delà de la vallée. Ce personnage a quelque de fort et de sensible à la fois, un passé marquant, une forte tête qui va venir bousculer les certitudes des autres enfants. Du caractère, elle en a ! Et de l’intelligence aussi. Elle va toutefois s’adoucir avec le temps.

De nombreux personnages vont graviter autour d’elle, des enfants d’abord, Malachite, le casse cou orphelin, le jeune garçon va vite être intrigué par cette nouvelle venue et va l’aider dans son enquête, Améthyst, une vraie peste, Onyx, discret et indépendant, Moonstone, vive et un peu influençable et Garnet. Ils présentent tous une particularité, quelque chose d’étrange, dans lequel Sera se reconnaît et se sent ainsi moins seule. Du côté des adultes, il y a Miss Fern, la gouvernante maternelle, Mr Wimberley, le jardinier énigmatique et paternaliste, l’inquiétant M. Prestwich ou encore l’infecte Mrs Ashcroft. Une ribambelle de personnages très individualisés bien qu’un brin stéréotypés, on s’attache évidemment bien plus aux enfants et aux adultes compatissants qu’aux autres mais tous ces mystères qui les réunit et les entoure les rendent indispensables.

L’auteure va vous embarquer dans une histoire sciento-botanique où il est question d’horticulture, d’anatomie et de génétique, et l’héroïne va se lancer dans la quête de réponses pour comprendre ce qui se passe réellement à Lake Ephemeral. Si la première partie du roman est très poétique, féérique voire même onirique et aussi un peu angoissante, l’histoire prend un virage important et surprenant ensuite, qui va vous transporter dans quelque de chose de différent, plus « réaliste », plus dérangeant aussi, une sorte de thriller scientifique à la sauce SF qui pour le coup va vraiment nous faire voyager au sens propre comme au sens figuré…

Du côté visuel, on ne reviendra pas sur la couverture, elle est sublime, l’ouvrage est agrémenté à chaque pied de page de magnifiques arabesques florales, tout comme les débuts de chapitre le sont d’arabesques faunistiques, ne parlons pas des pages de transition de chaque partie du roman, c’est soigné et très joli, un petit plus que les éditions du Chat Noir ont eu bien raison d’ajouter.

En bref, un roman qui cache de nombreux secrets et qui surprend par les réponses, l’auteure a plusieurs reprises vous amène toujours là où vous ne vous attendez pas. Il y a beaucoup de poésie dans cet œuvre à l’image de sa sublime couverture. Un petit chef d’œuvre qui loin de raconter une histoire simple propose énormément de profondeur alliant science fiction, recherche scientifique et botanique. Ce n’est pas très étonnant qu’il est conquis l’équipe du Chat Noir !

Je remercie Babelio et son partenaire les éditons du Chat Noir pour cette très belle découverte.

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— Lu dans le cadre des challenges suivants —

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2 commentaires pour « Lake Ephemeral » d’Anya ALLYN

  1. froggy80 dit :

    Je vais dire comme toi, la couverture est trop belle. Difficile de ne pas être séduite par cette dernière!!! Un roman à garder en tête !

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