« Le saut oblique de la truite » de Jérôme MAGNIER – MORENO

Quatrième de couverture : « La Corse. Boisée. Montagneuse. Désertique. Magnifique. Mer bleue. Minuscules coques blanches des bateaux jetées dans l’eau comme une poignée de graviers. Côtes brunes. Nouvelle palettes de couleurs. »

— Chronique —

Ce petit roman, très joliment illustré d’une aquarelle de l’auteur, artiste peintre dans la vie de tous les jours, écrivain à ses heures perdues, et présenté comme une « histoire qui ne parle de rien » à un goût de liberté, d’expérience et surtout d’une Corse aux saveurs illimitées. Où comment une banale histoire de pêche tourne au vinaigre au profit de toute autre chose !

Notre héros, l’auteur lui même, a priori, à l’époque étudiant architecte, se rend en Corse pour une partie de pêche le long du GR 20, il doit y retrouver un ami, Olivier au cœur rêveur, ami auquel il ne faut pas se fier, et cela va vite se prouver, notre héros se retrouve seul, en pleine pampa Corse, à dormir chez une hôte flippante qu’il va très vite fuir pour entamer ce voyage, devrait-on dire parfois périple, prévu à deux, en solitaire. Afin d’en savourer ce que la Corse peut vous offrir de plus tentant ; le charme féminin et méditerranéen de la Corse expérimentée, les paysages changeants, la fraîcheur des eaux vives alléchantes et ces parties de pêche fantasmées, et toujours l’absence de cet ami qui rôde telle une ombre qui offre au personnage une quête solitaire initiatique où les tentations toujours plus grandes peuvent se révéler aussi bonnes que mauvaises mais ne viendront pas à bout de son but ultime ; pêcher une véritable truite Corse.

L’auteur a cette façon de narrer son récit de manière assez crue, les mots, les expressions, les images, tout est franc, intuitif, spontané, il y a énormément de naturel dans ces mots. S’il a voulu en faire un roman, se définissant lui – même comme un « auteur raté, du genre qui ne publiera jamais rien, c’est certainement aussi parce que cette expérience aura été très instructive et très murissante pour lui – même.

En bref, tout comme ses chapitres aux notes colorées, ce roman peut être aussi amusant que triste, aussi léger que grave, toujours cette fluidité entre le fictif et le réel, est-ce réellement une expérience de l’auteur, des mots alignés sur une feuille blanche dès que l’occasion se présentait ? Il y a quelque chose d’aussi peu malléable qu’une truite Corse frétillante. Intéressant !

Je remercie Babelio et son partenaire les éditions Phébus pour cet étrange partenariat.

— Lu dans le cadre du challenge suivant —

franco10 eclectique

Publicités
Cet article, publié dans Chroniques, Roman contemporain, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s