« Une Nouvelle Moisson » d’Eli EASTON


Quatrième de couverture : David Fisher a observé les règles toute sa vie durant. Issu d’une famille mennonite, il a obéi à son père et a repris la ferme familiale, s’est marié et a eu deux enfants. Aujourd’hui, alors qu’ils sont tous deux à l’université et que sa femme est décédée, il gère sa ferme seul, par automatisme, sans rêves pour sa vie qu’il pense déjà finie.

Christie Landon, graphiste de Manhattan et fervent adepte des soirées gay, a besoin de changer de vie. À trente ans, il pense qu’il est plus que temps de grandir un peu et de songer à l’avenir. Lorsque son meilleur ami fait une overdose, Christie décide de faire un break et de quitter la ville. Il s’isole alors dans une petite maison du comté de Lancaster en Pennsylvanie pour y faire le point et souffler.

Mais la vie en pleine campagne est bien ennuyeuse et pouvoir apercevoir ici et là le type séduisant qui vit à côté ne lui suffit pas vraiment. Alors lorsqu’il se découvre une passion dévorante pour la cuisine, il décide de tenter une approche avec son veuf de voisin en lui proposant de partager leurs repas ainsi que les frais des courses. David accepte et très vite, les deux moitiés de ce drôle de couple se rendent compte qu’ils apprécient réellement passer du temps ensemble.

Christie exhume des sentiments que David avait enterrés voici bien longtemps et défie les limites de son monde étriqué. S’il réussit à s’affranchir du passé, peut-être David aura-t-il, lui aussi, une seconde chance d’être heureux…

— Chronique —

David Ficher, la quarantaine, est un paysan de la communauté religieuse mennonite, depuis qu’il a perdu sa femme, une année auparavant et que ces enfants ont quitté le nid familiale pour leurs études, il vit seul et s’absente de plus en plus souvent des sermons du dimanche à l’église.

Christie Landon, la trentaine, est un jeune designer new-yorkais, qui fréquente les mondanités et les bars gay où il abuse de l’alcool, du sexe et parfois même de substances illicites. Il profite de la vie, jusqu’à ce que celle-ci vienne se rappeler à lui. Il décide alors de s’installer en pleine campagne dans la maison que sa tante lui à léguer.

Deux personnages en quête d’eux-mêmes, en plein doute sur leur vie, un besoin de maturité pour l’un, une possibilité de bonheur pour l’autre, et que tout oppose. Ils vont pourtant apprendre à se connaître malgré leur vie très antagoniste, leur petite différence d’âge et leurs croyances respectives.

David se présente à Christie parce qu’il exploite une partie des terres léguées par la tante de ce dernier. Il est vite déstabilisé par ce jeune mondain au look moderne et tendance qui n’hésite pas à dire les choses comme il les ressent et à poser des questions aussi naïves soient elles. Christie, lui est vite attiré par cet homme mâture et viril qui n’a rien à voir avec ses expériences passées, même s’il sait que c’est voué à l’échec, il tente de vivre une amitié qu’il peut lui offrir et ainsi éviter la solitude campagnarde inévitable. C’est une passion nouvelle pour la cuisine qui va lui permettre de se rapprocher de cet homme de prime abord taciturne et solitaire, chacun y trouvant son compte, chacun se sentant bien en compagnie de l’autre.

J’avoue ne pas avoir été transporté par cette histoire comme je l’aurai voulu. Il y a un aspect très intéressant et un sujet assez difficile à traiter à mon sens, à savoir, un homme appartenant à une communauté religieuse très puritaine, a priori hétérosexuel, qui se retrouve à éprouver des sentiments interdits par sa religion, à découvrir des gestes tendres et incroyablement bons condamnant celui qui les vit à l’enfer des flammes éternelles. Un homme qui s’est toujours tu au profit  d’un père, puis d’une femme et enfin de ses enfants, qui tente de vivre sa propre vie, de se construire un bonheur perdu, quitte à tout perdre et à subir le rejet de ses pères et de sa propre famille. Toutefois, ce côté religieux a également nui  à ma lecture, d’un naturel tolérante sur les religions bien que complètement athée, j’ai beaucoup de mal à comprendre que des gens qui ont comme valeur « d’aimer leurs prochains » puissent rejeter autant de personnes sous prétexte qu’ils ne répondent pas leur idéologie de vie, et la communauté mennonite décrite ici est vraiment très très puritaine…

Bref, passons cette parenthèse personnelle, si la romance est belle et offre certainement une ouverture d’esprit et un appel à la tolérance religieuse vis à vis de l’homosexualité, elle démontre que l’on peut respecter ses croyances tout en respectant celles des autres, accepter de s’ouvrir, d’avoir un regard critique sur ce que l’on vous inculque sans pour autant que cela nuise considérablement à ce que vous êtes. Le fond est donc plein de bons sentiments et de réflexions saines et intelligentes, mais je suis quand même passée à côté, j’ai eu du mal avec les personnages, particulièrement celui de Christie, peut-être ce côté métrosexuel citadin, cette passion soudaine pour la cuisine en découvrant les recettes de sa tante, il manquait de crédibilité à mon sens. David avait cet avantage d’avoir un sérieux problème de fond, d’être aussi rustique qu’abîmé, d’être dans un désarroi profond entre son éducation et ce à quoi il aspire, et donc nettement plus intéressant.

Pour ce qui est de l’écriture, il n’y pas grand chose à dire, l’auteure fait son boulot, elle écrit plutôt bien, use de jolies phrases pleines de romantisme (et de guimauve), joue la carte du lynchage « d’homos » (sous – entendu selon les principes religieux mennonites mais pas que malheureusement, pas besoin d’être croyant pour être intolérant, ni d’être intolérant parce que l’on est croyant, cela va de soi !) et du personnage bien torturé avec une pensée de fond très intéressante et audacieuse étant donné le sujet traité ici. Pour cela, je lui tire mon chapeau !

En bref, la lecture est sympa mais sans plus. Ce n’est pas vraiment une lecture addictive où même si le ton est léger et un peu (beaucoup) enjolivé, vous êtes embarqués à rêver et c’est génial, là il m’a manqué quelque chose pour avoir cet effet. Décidément, à part Lily Haime, les auteurs de romance M/M contemporaines ont beaucoup de mal à pleinement me convaincre.

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