« TimeTrotters » de Nicolas CARTELET

Quatrième de couverture : Une ex-star du porno reconvertie dans le catch professionnel et la castration criminelle.
Un inspecteur de police intellectuellement déficient lâché dans les méandres du temps.
Des pélicans géants et des iguanes qui parlent .

Qui aurait cru que l’assassinat d’un adorable bouledogue français, au 28e étage d’un HLM dunkerquois, entraînerait la plus folle – et la plus sanglante – course-poursuite temporelle de l’histoire ? Sûrement pas les auteurs de cet odieux forfait.
« Que leurs testicules croupissent en enfer ! »

— Chronique —

Avec une couverture pareille, on est en droit de se demander ce que nous réserve ce titre, une bimbo sexy moulée dans une combinaison de cuir, sabre à la main, on pourrait presque y voir une version érotisée de Black mamba dans Kill Bill (et avec ce jaune en plus…), l’imagination est vite prise à parti. Quand à la quatrième, c’est du gratiné qui s’annonce, quelque chose de loufoque, empreint d’une folie certaine et d’un humour à toute épreuve sans l’ombre d’une inhibition, on en est pas bien loin vous allez voir.

Sachez que ce roman contient trois histoires distinctes dans un univers commun et avec des personnages récurrents : « Tarentula », « Intemporel »  et « Le mystère de l’île aux pélicans géants et aux iguanes qui parlent ».

La première présente l’univers que l’auteur a créé. Tout démarre d’une attaque équestre sournoise dans un immeuble d’un certain nombre d’étages. Dorothée alias Tarentula est sous la douche quand elle entend hennir, des sabots qui percutent le sol et que sa porte est défoncée, il n’en faut pas bien plus à la belle pour sortir les armes, c’est qu’elle sait se défendre la bougre mais ce qui l’embête le plus ce ne sont pas ces étrangers bronzés aux turbans blancs qui débarquent dans sa salle de bain mais plutôt le fait qu’on entende plus son chien aboyé. Évidemment, la pauvre bête n’a pas fait long feu face à la menace, mais énervée Dorothée n’était pas la meilleure solution pour s’en sortir sans encombre à un vol de djellaba. Elle va vouloir se venger et va vite devenir experte en taillage sur mesure de testicules (aïe les gars, je vous imagine déjà grimacer). De là, démarre une course poursuite à travers le temps et les paysages.

De Dunkerque, ville brumeuse et pluvieuse, où la rigueur de l’hiver commence à sévir et où d’étranges évènements viennent perturber la vie de trois personnages, Dorothée dans un état vengeur, l’inspecteur Godillot qui voit là sa dernière chance de montrer sa valeur et l’agent Spieler, agent spécial sexy à la réussite innée, les couloirs du temps s’ouvrent à eux,  jusqu’à un Paris futuriste désertique où les femmes sont réduites à des ouvrières du sexe et de la production et où les hommes se croient encore les plus forts (oui j’ai bien dit « se croient ») pour en prendre pour leur grade ensuite, c’est que Tarentula n’aime pas l’injustice.

Dans la seconde, l’inspecteur Godillot qui n’est qu’un pauvre raté parmi tant d’autres croit encore à sa bonne étoile et potentiellement à son charme. L’imbécile n’en est pas moins attachant, on voudrait presque qu’il finisse par s’en sortir de ces pièges où il ne cesse de s’engouffrer, toujours dans l’espoir d’un avenir meilleur, mais à trop jouer avec le temps et à trop se croire malin, on récolte forcément un jour ce que l’on sème. L’inspecteur Godillot va en faire les frais. Et, même si s’en est parfois un peu trop grossier, on en rigole, parce que réussir à se mettre dans un merdier pareil, il faut vraiment le faire et seul Godillot le fait avec panache et un humour qu’il ignore. On se bidonne, on suit ses péripéties avec délectation, toujours dans l’attente d’une autre vengeance qui viendrait se greffer aux autres, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le pauvre « n’est pas sortir le cul des ronces »…

Enfin dans la troisième, Tarentula et l’agent Spieler font leur grand retour, et c’est mouvementé. Un avion qui s’envole vers un autre temps, des terroristes mal habiles qui viennent tout faire foirer et c’est la chute libre vers une île déserte. Une île énigmatique à la faune improbable et menaçante où les marques temporelles semblent complètement s’effilocher et se brouiller. Peu de survivants mais une panoplie de personnages que l’on aimerait soit étriper nous-même (le coup de Richard Gere bien trouvé !), soit voir s’en sortir, il n’y a pas de demi-mesure, et toujours cet esprit humain qui voit le bénéfice dans les situations les plus critiques, on voit toute la beauté de la nature humaine ici, et ce n’est pas joli, joli. Même si quand il est question de survie, il y a des choses inévitables ou vitales, c’est selon, mettons de côté les inhibitions sociétales…

C’est violent, empli d’humour noir, le sang coule à flot et les testicules s’accumulent. N’allez pas chercher de la finesse ou de l’esprit, mais imaginez vous plutôt cravacher avec une Tarentula remontée qui n’a peur de rien et qui fonce dans le tas ! Elle s’offre une ou deux aventures quand même, parce que sans sexe et sans connotations sexuelles, l’héroïne n’aurait certainement pas la même saveur, on parle d’une ex star du porno quand même. A mon sens, ce roman va plaire au premier regard davantage aux hommes, mais il y a de jolies portes ouvertes que les femmes apprécieront, les hommes prennent cher ici, et franchement c’est drôle !

En bref, une aventure complètement folle et improbable pleine d’humour et de violence, sans sombrer dans le trash, Nicolas Cartelet s’est amusé avec ses antihéros attachants, lancés à corps perdu dans les méandres du temps. Aurait-il eu une envie de se lâcher par écrit qu’il n’aurait pas mieux fait ! Un ton décalé et barré à apprécier comme tel.

Je profite de cet article pour vous dire (ou vous rappeler) que l’auteur sort en septembre un roman « Petit blanc » toujours aux éditions du Peuple de Mü, un ouvrage bien différent de celui-ci qui s’annonce magnifique. Je vous invite à aller jeter un coup d’oeil à la page dédidée de l’auteur sur facebook riche d’extraits qui donnent très très envie (et ne parlons pas de la couverture) !

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