« Angela Davis : Non à l’oppression » d’Elsa SOLAL

Quatrième de couverture : Elle est le symbole mondial de la révolte des Noirs, des femmes et de tous les opprimés, mais lui, il n’en sait rien. Lui, qui est-il ? Un jeune réfugié qu’Angela Davis a rencontré à Calais, à qui elle va raconter sa vie. Elle ne sait rien de lui, mais il va tout savoir d’elle, au fil de lettres qu’elle lui adresse, comme autant de mains tendues. Son enfance dans la violence raciste, son engagement militant aux côtés de tous les exclus, la traque dont elle a été victime, accusée d’un meurtre qu’elle n’a pas commis, l’humiliation de la prison, son procès et l’indignation internationale qui la consacre leader des révoltés… Elsa Solal emboîte avec passion chaque morceau du puzzle de cette vie militante pour faire découvrir cette grande figure insoumise.

— Avant propos —

« Angela Davis : non à l’oppression » est un roman de la collection Ceux qui ont dit non chez Actes Sud Junior : « Des femmes et des hommes qui ont su dire non à ce que leur conscience jugeait inacceptable. Des figures fortes, engagées pour défendre des valeurs humanistes, celles des droits de l’homme et de la démocratie. »

— Chronique —

 « La communauté noire endurait des rafles en permanence, la police raciste, les violences, lynchages, supplices et exécutions sommaires redoublaient. J’ai continué mes études et mes voyages mais je vivais très mal d’être loin du mouvement des droits civiques qui prenait de l’ampleur dans mon pays. Une vague de révolte se soulevait . Dès que ce fut possible, je suis rentrée aux États-Unis pour en être. » p.28

« Non », adverbe exprimant une négation, une idée de désaccord, franche, directe dont on ne peut tergiverser le sens uniquement, trois petites lettres et tout est dit, « non » prend dans le présent titre tout un sens qui va bien au delà de celui pour lequel il est usuellement utilisé, on ne peut plus dire non à ce qu’il s’est passé, mais nos enfants et nous – même peuvent encore dire non à ce qui pourrait se reproduire, à ce qui existe encore aujourd’hui, à ce qui pourrait un jour arriver.

« Oppression », mauvais traitement, discrimination d’une catégorie de personne, un terme qui induit de juger par la différence, par un sentiment de pouvoir sur autrui, par cette idée incongrue de se sentir mieux qu’un autre. Le terme est fort, très expressif, violent d’un point de vue psychologique pour en devenir parfois physique, pourtant à la lecture de ce titre, ce mot mérite une majuscule, parce qu’il a finalement eu (a et aura) bien trop d’importance dans notre société humaine.

Vous l’aurez donc compris, ce roman destiné à la jeunesse (dès 12 ans) est un hymne à une icône noire, Angela Davis, qui s’est battue pour la liberté et les droits des noirs américains victimes de ségrégation raciale et se bat encore aujourd’hui contre le racisme et l’oppression dont sont victimes les minorités toutes confondues.

Dans ce roman, Angela Davis s’adresse à un jeune homme, à travers de multiples lettres, elle lui parle de son expérience, de ses sentiments, de ses émotions, tout est très personnel, tout est assez intense, révoltant, une vie incroyable pour une femme incroyable. Elle lui dévoile tout cela dans le seul but de lui faire comprendre une chose, le chemin de sa vie ne dépend que de lui.

« Tu existes ! Tu as de la valeur. » p.33

Elle comprend ce qu’il ressent, elle comprend sa colère, son besoin de se victimiser, son souhait que tout cela s’arrête, que cette douleur d’être différent et d’être traité comme tel ne soit plus qu’un mauvais souvenir, d’être et de se sentir seul, que tout cela trouve enfin une fin. Les expériences de la femme sont difficiles, vraiment, de ses souvenirs d’enfance douloureuse aux expériences de femme adulte, vivant la peur au ventre d’être prise pour cible, d’être tuer pour une soit-disante « légitime défense », d’être traitée en paria, parce que la couleur de sa peau est noire, penser au bruit des explosions qui venait interrompre les jeux innocents. Elle y raconte ses études, ses voyages, en France notamment, « liberté, égalité, fraternité » avait alors tout un sens pour une jeune noire issue d’un état du sud ségréguée, mais elle a vite déchanté… Elle y raconte son incursion dans la contestation, ses combats, ses révoltes, un soutien et des conclusions hâtives qui l’ont faite devenir une ennemie du FBI, sa cavale pendant des mois, la prison, horrible et amer expérience, la libération, enfin !

« Je respire. La paix enfin. L’insouciance. C’est cet instant léger que je voulais te faire partager. Il viendra pour toi. Sois-en sûr. » p.71

Beaucoup d’émotions sont renfermées dans ce titre de moins d’une centaine de page qui n’attendent que d’être libérées, connues et partagée, la Peur en particulier, la véritable peur. C’est concis, pas franchement développé mais l’essentiel y est, suffisant pour sensibiliser nos jeunes adolescents, l’auteure raconte à travers de petits chapitres courts, les différentes étapes importantes de la vie d’Angela Davis, les évènements clés qui font d’elle ce qu’elle est aujourd’hui, une femme qui croit à la liberté de vivre de chacun.

En bref, un petit ouvrage grand par son contenu, il propose une façon intelligente de traiter d’une thématique forte et engagée pour la jeunesse, les choses sont peut-être simplifiées, mais pas besoin de fioritures pour dire des choses aussi importantes. Une collection et un roman à suivre assurément.

Je remercie les éditions Acte Sud Junior et plus particulièrement Nathalie pour ce partenariat.

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