« BUG Livre 1 » d’Enki BILAL

 

Quatrième de couverture : BUG définition.
En français : se dit d’un défaut affectant un programme informatique.
En anglais : se dit d’un insecte, d’une bestiole, d’un virus…
En 2041, la Terre est confrontée brutalement et simultanément aux deux. Un homme, seul, se retrouve dans la tourmente, convoité par tous les autres…


Voilà une œuvre au style unique et au scénario bien ficelé !
Un thriller d’anticipation vif, haletant et déroutant.

2041, la société est numérisée et connectée à outrance ; connaissance, manipulation des engins et bien d’autres choses ne sont souvent plus maîtrisées par l’homme. Un jour, un bug généralisé va entraîner l’effondrement massif et irréversible du numérique, la société se retrouve alors démunie, déroutée et en grosse perte de vitesse. Les anciens sont bienvenus, les plus jeunes sont perdus… Ces connaissances perdues et inaccessibles se retrouvent en un seul homme qui sera rapidement convoité par de multiples groupuscules pas toujours bien intentionnés.

Kameron Obb est un pilote revenant d’une expédition sur mars, seul survivant d’un étrange phénomène qui a décimé tout son équipage. Le personnage se retrouve malgré lui possédé par un « bug » avec un savoir illimité et des capacités cognitives démesurées. Pourtant malgré une vie de famille brisée, le héros n’est pas porté sur l’utilisation de ses nouvelles capacités mais porte toute son attention à rejoindre sa fille qu’il souhaite retrouver et savoir en sécurité. Cependant, certains assoiffés de pouvoir et prêts à tout pour obtenir leur dû vont mettre à mal cette motivation.

Les personnages sont plutôt singuliers, à la fois étranges et réalistes. Touchants aussi. Le scénario est très recherché et intelligent offrant un thriller vif et un bon synopsis de roman d’anticipation avec tout un regard sur les dérives actuelles de notre société.

Avec Bug, Enki Bilal signe une bande dessinée riche, dense et maîtrisée du début à la fin. Ceci n’est que le livre 1, mais il offre déjà d’excellentes bases et une histoire profonde. On a une sorte de satyre anticipative de notre société qui s’abîme dans l’ère du numérique, une dérive possible qui mène à la domination des données numériques au détriment des données physiques, et un bug terrible vient tout mettre en déroute et affaiblir un peuple où les jeunes générations ne savent plus faire sans les anciens. Il y a beaucoup de clins d’œil à notre société actuelle, teintée d’une dérision certaine, Bilal apporte un regard à la fois conscient, intelligent et ironique sur des situations actuellement connues aux conséquences destructrices qui pourraient bien nous pendre au nez. La géopolitique, le totalitarisme et l’obscurantisme ne sont jamais bien loin non plus dans cette société hyper dépendante aux technologies.

 

Graphiquement unique, le style Bilal peut perturber aux premières pages mais très vite, on y voit tout le talent de dessinateur de l’auteur, un aspect griffonné, manuel, qui ne fait pas trafiqué par un logiciel quelconque, cela fait très naturel, on voit le coup de crayon du dessinateur, les visages sont réalistes et expressifs, justement proportionnés même si ce n’est pas toujours le cas des corps sur certaines planches, d’une beauté atypique, pas parfaite, au contraire.

Du côté de la colorisation, là encore, on n’est pas dans une colorisation numérique fluide et homogène, mais plutôt dans le contraste et le dégradé, dans des tons peu criards mais équilibrés et natures, avec parfois des touches plus colorées et significatives. On est loin de quelque chose de lisse, mais esquissé, empreint d’un caractère et d’une beauté certaine et d’un style unique et reconnaissable. C’est très difficile à décrire mais il suffit de regarder quelques planches pour le comprendre.

En bref, un premier tome très prometteur pour les deux tomes à venir, je ne suis pas une habituée de Bilal d’où certainement cette capacité à apprécier un style unique que je découvre, mais qui semble redondant par rapport aux autres de ses œuvres, avec un scénario réfléchi et profond et des personnages singuliers, qui semblent également être sa marque de fabrique. Un nouveau titre à découvrir.

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Un commentaire pour « BUG Livre 1 » d’Enki BILAL

  1. Xander dit :

    Ça a l’air pas mal du tout 😲

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