« Hidamari Ga Kikoeru » de Yuki FUMINO

Quatrième de couverture : Kôhei, étudiant atteint de surdité, est souvent incompris par les autres, ce qui l’a amené à prendre ses distances petit à petit avec son entourage. Mais un beau jour, il va faire la rencontre de Taichi, étudiant dans la même université que lui. De nature joviale et qui n’hésite pas à dire franchement tout ce qu’il pense, cet étrange garçon va toucher Kôhei au plus profond de son coeur avec ses quelques mots : «ce n’est pas de ta faute si tu es malentendant !». il est loin de s’imaginer à quel point Kôhei va peu à peu changer grâce à lui.


Un manga plein de douceur et de poésie traitant du handicap invisible. Une merveille !


De manière très superficielle, j’ai craqué sur le style de la couverture, j’aime beaucoup quand elles sont faites avec une certaine finesse, on sent que le titre sera doux et poétique, ouvert à la sensibilité et c’est particulièrement ce que j’apprécie dans les yaoï.

Ce manga traite d’un sujet délicat et qu’il n’est certainement pas aisé de retranscrire de manière réaliste, pourtant la mangaka le fait très bien, très intelligemment et avec beaucoup de pudeur ; le handicap invisible et les difficultés de vivre avec, supporter le regard des autres qui ne comprennent pas forcément ce qu’il ne voit pas, ce handicap entre deux, où vous ne faites pas partie de ceux qui n’en ont pas ou de ceux qui ne peuvent plus du tout vivre à cause de celui – ci nécessitant une aide ou une structure adaptée.

Le personnage de Kôhei est atteint de surdité depuis l’adolescence, la plupart des sons qui l’entourent lui échappent bien qu’il puisse en percevoir encore certains. Il a du apprendre à vivre avec, et s’est peu à peu éloigné des autres qui ne savaient pas vraiment comment réagir ou se conduire avec lui. Ce qui est assez dur à vivre pour lui. Il en est devenu solitaire, taciturne et son attitude isolée ne passent pas forcément auprès des autres qui le trouvent hautain, si ce n’est la gente féminine qui l’adore et craque complètement pour lui. On sent le personnage triste et terriblement seul avec cette difficulté, il en est que plus émouvant, mais l’apparition fracassante de Taichi va bouleverser tout ça.

Taichi est un personnage jovial et qui passerait son temps à manger. D’ailleurs, c’est ainsi qu’il rencontre Kôhei, il tombe de manière accidentelle devant lui, salive devant son bento que ce dernier s’empresse de lui offrir en l’abandonnant aussitôt. Taichi est perplexe face à cette attitude mais va vite comprendre le handicap de Kôhei et pour le remercier va lui proposer ses services ; prendre des notes en cours pour lui permettre de les suivre, en échange Kôhei lui amène un repas chaque jour. C’est ainsi que Taichi va un peu imposer sa joie de vivre, il parle fort et distinctement ce qui fait que Kôhei le comprend sans trop de difficulté. C’est un personnage très amusant  et dynamique, qui se fait remarquer. Pour poursuivre ses études, il fait des petits boulots qu’il ne sait pas garder, car Taichi est un peu fougueux, déteste l’injustice et l’intolérance qui le mène à des actes de violence ou à des bagarres, sans être un dur non plus, Taichi a aussi un passé douloureux.

 

Forcément, vous mettez un personnage calme, solitaire et effacé avec un autre qui bouge, parle fort et en impose par sa jovialité, cela donne un couple de personnages antagonistes qui va pourtant s’apporter mutuellement beaucoup de chose. Taichi va dédramatiser l’handicap de Kôhei en faisant en sorte que ce dernier sorte de sa coquille et Kôhei va profondément troubler Taichi, de manière très émotionnelle, ce dernier n’ayant pas l’habitude d’être dans le sentiment.

Sachez qu’ici, la romance est très lente à se mettre en place, on parle davantage d’une amitié profonde, bien que les sentiments naissent, et soient surtout acceptés du côté de Kôhei. Pour Taichi, c’est plus compliqué à admettre et ce jusqu’à la fin. Cette fin pourrait parfaitement en être une d’ailleurs, j’ai appris toutefois qu’il y avait un tome 2 et un tome 3 à paraître après mon achat. C’est une belle histoire, émouvante et très profonde dans sa thématique et la mangaka joue beaucoup sur la subtilité, c’est tout en tendresse et en poésie. Pas d’effusions ici, pas de sexe, seulement des non-dits, des moments de gêne et rougissants, c’est tout en pudeur !

Le coup de crayon est assez simple, léger mais très contrasté pour marquer les émotions des personnages, on ne peut pas manqué le sourire de Taichi et le manque de confiance en soi de Kôhei. C’est très doux,  sans fioritures et j’avoue que les parties « caricaturées » (cela doit porté un nom dans le monde du manga, ces effets excessifs sur les traits des personnages, mais je ne le connais pas…) font beaucoup rire.

En bref, un très beau manga qui ne sort pas forcément du lot par son dessin mais davantage pour sa thématique intelligente et profonde, par cette subtilité élégante dont use la mangaka, et cette douceur qui transpire des pages, de l’émotion juste et bien dosée. Les deux personnages ne sont pas en reste et sont très attachants. Il faut vraiment que je me trouve ce tome 2 !

Voici la couverture du tome 2 sorti l’an passé et du celle provisoire du tome 3 à paraître en juillet :

Elles sont belles, n’est ce pas ?

Publicités
Cet article, publié dans Chroniques, Manga / BD, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour « Hidamari Ga Kikoeru » de Yuki FUMINO

  1. Xander dit :

    Oh il me tente bien celui-ci *-*

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s