« Tragic Circus » de Cécile GUILLOT et Mathieu GUIBE

Quatrième de couverture : Mesdames et Messieurs ! Jouvenceaux et jouvencelles ! Petits et grands ! Approchez, approchez ! Venez assister à un spectacle unique en son genre. Notre cirque vous ouvre ses portes et dévoile ses mystères. »
À chaque prestation, les monstres de foire enchantent les spectateurs : l’enfant funambule, le dompteur de fauves et la charmeuse de serpents, clowns et jongleurs, sans oublier l’effroyable homme sans visage…
Mais que se passe-t-il au cirque Andreani une fois le rideau retombé ? Quels sombres tourments agitent les âmes et enflamment les cœurs ? À moins qu’il n’y ait à l’œuvre une magie pernicieuse… Cela, Cătălina, la nouvelle diseuse de bonne aventure, va tenter de le découvrir, mais même les Tarots ne sauraient la prémunir contre l’indéfectible fatalité…


Dans une ambiance mélancolique de cirque de l’ancien temps où les monstres étaient les attractions phare, deux histoires tragico-mélancoliques viennent se greffer l’une à l’autre…


Ce sont deux histoires qui vont finir pas se recouper, deux histoires qui se développent dans une atmosphère sombre et gothique.

Catalina est une fille de bohémienne au talent de divination. Après la mort de sa grand – mère, elle se retrouve seule, ne sachant que faire pour gagner sa vie et être protégée des temps sombres. Elle est finalement embauchée dans le cirque Andreani où les autres artistes sont indépendants et difficiles d’accès. Mais les secrets du cirque se révèlent peu à peu et Catalina ne peut s’empêcher d’intervenir en risquant les foudres du propriétaire.

Un violoncelliste de talent parcourt les rues pour gagner sa vie tout en donnant des cours de solfège, ce fils d’une famille campagnarde est monté sur Paris dans un seul but, vivre de sa passion et devenir un musicien accompli. Dans un parc où le froid hivernal règne, il fait la connaissance d’une jeune fille de bonne famille à la voix somptueuse, une romance naît et avec elle, un avenir tragique pour les deux amants.

Un cirque aux mœurs douteux…

La partie dans le cirque est particulièrement réussi niveau ambiance, les artistes sont tous plus sombres les uns que les autres, chacun ayant une tare qui font de leur talent une attraction évidente ; la femme aux serpents, la ballerine funambule à la morphologie enfantine, l’homme timide et ses fauves, le monstre humain sans visage et depuis peu la bohémienne qui voit l’avenir. On est loin des ambiances de cirque actuel mais bien posé dans ces cirques du XVIIIème où un cirque avait du succès si ses membres étaient différents, monstrueux, où les prestations étaient spectaculaires à faire peur, et l’aspect mystique apporté par la présence de la bohémienne ajoute une aura bien particulière.

Des personnages attachants aux vies malheureuses…

Mais sous ce succès évident, le cirque Andréani cache aussi des secrets et des horreurs et personne n’est épargnée. J’ai détesté ce dirigeant, Andréani, qui par simple abus de pouvoir profite de la faiblesse de certains de ses artistes. J’ai eu mal au cœur pour cette magique ballerine enfantine, divine dans les airs, absolument mélancolique sur terre, j’ai été en colère pour la vie de l’homme sans visage, une vie tragique, triste et sombre. Je me suis attachée à cette bohémienne Catalina, empathique et pleine de bienveillance, mais qui ne fera pas forcément les bons choix. On a ainsi tout un lot de personnages épris de blessures profondes, de malheur qui se retrouvent dans ce cirque uniquement pour leur survie.

Une romance sous forme de tragédie inévitable…

La partie histoire amoureuse plus romancée mais qui ne le restera pas malheureusement, est aussi intéressante. Deux jeunes gens de l’époque aux origines différentes, qui s’aiment et se retrouvent pleinement dans leur passion musicale mais tout comme l’ensemble de l’ouvrage, ce va vite tourner au drame. L’envie, la jalousie, la colère et la magie vont venir se greffer à une relation qui était particulièrement belle mais aussi éphémère. Les deux amants vont se perdre.

Un style à quatre mains qui manquait peut-être d’unité…

Ce roman est donc un livre écrit à quatre mains par le couple qui gère brillamment les éditions du Chat Noir. Pour être honnête, j’ai l’impression que les deux voix se distinguaient et par là même qu’elles manquaient de fusion, je m’explique. Je connaissais déjà la plume de Mathieu Guibé, qui me semble être très lyrique et poétique mais aussi très visuel. Pour Cécile Guillot, c’est le premier ouvrage que je lis mais je pense qu’elle a globalement un style plus simple, plus romantique aussi (sans que cela soit une critique, je vais tâcher de la lire en solo pour me faire un avis), du coup ça déséquilibrait un peu l’ensemble. C’est du moins le sentiment que j’en ai eu.

En bref, un titre qui m’a bien plu dans l’ambiance ancienne, mélancolique et lugubre qu’il génère, on est servi par cette foire aux monstres et aux morts…  Mais à qui il manquait un petit quelque chose pour que ce soit excellent. Une bonne lecture toutefois !

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Un commentaire pour « Tragic Circus » de Cécile GUILLOT et Mathieu GUIBE

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