« Petit traité d’écologie sauvage : La cosmologie du futur » d’Alessandro PIGNOCCHI

Quatrième de couverture : Des mésanges punks qui se mêlent de politique,
Des hommes politiques plus animistes que des Indiens d’Amazonie,
Un anthropologue jivaro qui tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale.
Voici quelques-uns des habitants de ce monde nouveau où le concept de « nature » a disparu, et où les plantes et les animaux sont considérés comme des partenaires sociaux ordinaires.
Après la lecture de ce livre, vous ne regarderez plus jamais les mésanges et les hommes politiques de la même façon.


La cosmologie du futur est une BD aux idées écologiques qui vaut vraiment le coup d’œil. J’ai adoré la vision de la politique et des politiciens actuel et la façon dont le scénariste à détourner certaines idées reçues ou certains faits qui semblent inaliénables pour la société.


Écologie et politique sont les deux thématiques principales de cette BD qui oscille entre l’humour pragmatique et la réflexion fine et intelligente. L’auteur a choisi d’inverser les rôles d’une société qui s’abîme de plus en plus vite, jouant sur l’attitude des hommes politiques bien connus du grand public et des réflexions de mésanges punko-hilarantes qui cherchent à nuire aux hommes. A côté de cela, un anthropologue Jivaro observe avec intérêt et circonspection les us et coutumes des occidentaux qui semblent bien loin de la symbiose de son propre peuple avec la nature.

Cela n’est plus une surprise, notre monde va mal, et ce ne sont pas les politiciens actuels qui vont arranger les choses mais là n’est pas le débat. Ici l’auteur use d’un contexte politique récent, Trump & Macron en prennent pour leur grade, mais ce se sont pas les seuls, et des débats entre les uns et les autres joyeusement commentés par des créatures ornithologiques. C’est certainement le plus drôle, les commentaires des mésanges, leur opinion sur les êtres humains et leurs manigances pour leur nuire, c’est finalement assez ironique que ce soit la nature même qui en vienne à rendre l’appareil à ceux qui ne savent plus les protéger. Aussi étonnant soit-il, les politiciens ici décrits sont au bord du gouffre avec une verve sincère pour la faune et la flore et des envies de retour à la nature, pour certains jusqu’au camp des Jivaros. Gardons à l’esprit qu’il s’agit surtout d’une critique envers les politiciens plus qu’autres choses, n’y voyez pas un espoir de les voir d’un coup se réveiller, pour devenir ce qu’ils devraient être…

L’introduction du Jivaro au cœur de la culture occidentale a aussi quelque chose d’assez ironique, les occidentaux auraient tendance à penser que le Jivaro est un être à part, avec des habitudes traditionnelles et ancestrales, loin du développement de leur propre société. Et pourtant l’anthropologue observe avec un intérêt sincère, les attitudes des uns et des autres, les interprétants avec son expérience personnelle, sa vision des choses et aussi une certaine forme d’innocence mais surtout une grande perspicacité. Il analyse le comportement de l’occidental et de sa relation avec l’approvisionnement de la nature qu’il tente vainement d’ignorer alors qu’inévitablement elle s’appauvrit.

Graphiquement, la touche aquarelle du visuel est juste sublime, c’est délicat, épuré et en même temps coloré, expressif et plein de vie ! Il n’y a pas grand chose à dire de plus si ce n’est que l’œil appréciera la douceur et la rondeur du « trait » qui tempère quelque peu les propos et le côté parfois « pince sans rire » du scénario souvent farfelu.

En bref, une bande dessinée très plaisante à regarder et amusante à lire, qui est surtout là pour réveiller les consciences face aux problématiques écologiques actuelles, plus particulièrement l’épuisement des ressources, et bien loin d’être résolues par une soi-disant élite politique absolument inefficace… A découvrir !

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2 commentaires pour « Petit traité d’écologie sauvage : La cosmologie du futur » d’Alessandro PIGNOCCHI

  1. Fred K dit :

    Ça a l’air intéressant. J’adore le concept des mésanges punks. 😀

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