« AliN tous différents » d’Axelle COLAU

Quatrième de couverture : Le collège, c’est l’enfer. Surtout depuis que Guillaume et sa bande m’ont pris pour cible. Moqueries, coups bas, brimades, ils s’acharnent sur moi et je subis, paralysé par la peur. Lili, ma meilleure amie, est également devenue leur souffre-douleur. Guillaume nous a éloignés l’un de l’autre et je n’arrive plus à atteindre celle que j’aime… Sauf lorsque je prends mon violon et qu’elle chante. Alors, je me sens pousser des ailes. Ces ailes que la réalité nous coupe, dès que nous mettons un pied au collège. Comment nous envoler à nouveau et retrouver notre liberté ?


Un ouvrage court et efficace qui aborde le harcèlement scolaire avec beaucoup de  sensibilité et d’empathie.


« La musique parlait pour nous là où les mots ne suffisaient plus. »

Adrien est un adolescent au physique fluet, le genre premier de la classe à lunettes, qui excelle au violon. Lili est une adolescente tout en rondeur, avec une crinière rousse flamboyante qui chante d’une voix cristalline. Tous les deux sont amis depuis l’enfance, inséparables, liés par la musique, leur langage propre et sensible.  Pourtant de cette belle relation innocente et tendre, il ne reste plus grand chose depuis que Guillaume est entré dans leur vie.

Guillaume, le nouvel élève du collège, un garçon au physique avantageux qui fait craquer les filles et enthousiasme les adultes, une image de perfection évidente, lisse et sans histoire et pourtant… C’est un harceleur, le genre vicieux et très intelligent, réfléchi et méthodique, qui appâte sa proie avant d’en faire ce qu’il veut puis de la détruire en jouissant de son petit effet sur la psychologie de sa victime.

Ainsi Adrien doit – il chaque lundi transmettre les devoirs de la semaine à Guillaume et sa bande, sous peine d’être insulté, voir même battu. Il se sent profondément lâche de ne pas résister, affronter et n’en parle à personne. De son côté, Lili subit les brimades sur son poids, des moqueries psychologiquement violentes, des harcèlements moraux où personne n’intervient, de quoi perdre toute estime de soi, elle aussi n’en parle pas. On ne peut s’empêcher de penser à l’aveuglement et l’impuissance parentaux qui sont quelque part désarmants.

Pourtant, à côté de cela, les deux amis qui se sont éloignés vont peu à peu se retrouver dans la musique et ensemble devenir AliN, une lueur d’espoir dans leur vie ternie.  Adrien ne souhaite que retrouver le sourire de Lili sur son visage et va tout faire pour lui montrer que ce n’est pas son physique qui fait d’elle ce qu’elle est, en tentant de l’aider à reprendre confiance. Leur relation, c’est aussi les prémices du premier amour adolescent avec cette sincérité teintée de maladresse et d’une pudeur puissante. Quelque part ces deux personnages m’ont rappelé Eleanor et Park du roman du même nom de Rainbow Rowell.

Mais Guillaume est malin, il connaît le lien entre Adrien et Lili et n’hésite pas à en jouer pour attendre l’un ou l’autre.  Et cela devient encore plus violent quand Adrien décide d’intervenir pour défendre Lili et de réagir, enfin ! On peut dire que ça va très loin, peut-être même un peu trop loin. C’est d’ailleurs le seul reproche que je pourrai faire, c’est que le harcèlement me semble aller un peu trop loin vers la fin et que du coup manquerait un peu de réalisme.

J’ai profondément détester Guillaume, il n’a pas de véritables circonstances atténuantes, il est vil, complètement dérangé psychologiquement, avec un vice profond qui dépasse tout entendement et le pire c’est qu’il est suffisamment malin pour éviter toutes représailles jusqu’à ce qu’il commence à perdre pied dans son petit jeu… Se dire que des gamins pareils peuvent exister fait froid dans le dos.

Le texte contient une puissance émotionnelle qui n’est pas toujours facile à canaliser, à ressentir, difficile de ne pas avoir le cœur qui se serre en suivant le désarroi de ses adolescents en pleine perdition d’eux même face à la virulence dont ils font l’objet, le stress qui monte face à certaines scènes, qui franchement fait bouillir le sang dans nos veines. Colère, haine, tristesse, désemparement mais aussi, plus rares, quelques émotions plus positives dans les moments plus doux, plus tendres, plus fusionnels entre Lili et Adrien.

C’est écrit avec une certaine délicatesse et une grande fluidité, on sent peut-être même du vécu ou le partage d’expérience connue et c’est assez déstabilisant. On multiplie aussi les points de vue, on touche du doigt l’ensemble des sentiments des personnages, un ensemble qui transpire l’adolescence difficile, parfois violente, souvent peu tendre, toujours psychologiquement instable ; un cri dans une déferlante d’émotions qui n’est pas toujours aisée de supporter.

En bref, un très joli roman court sur le harcèlement scolaire, où des adolescents flirtent dangereusement avec leurs limites psychologiques mais où l’espoir demeure entre la musique et l’amour. Une petite perle dans le genre que je conseille !

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3 commentaires pour « AliN tous différents » d’Axelle COLAU

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  2. OmbreBones dit :

    Très belle chronique, tu donnes vraiment envie de découvrir ce roman !

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