« Un été surréel » de Maxence FERMINE

 

Quatrième de couverture : Cadaqués, été 1929. Salvador Dalí, génie en devenir, reçoit chez lui la fine fleur des surréalistes. Parmi eux, Paul Éluard et sa femme, Gala. Or  » Dalí est hypnotisé par cette lumineuse déesse qu’il élève à mille pieds au-dessus du sol « .
D’un regard, leurs destins seront scellés à jamais. Lui deviendra un peintre extraordinaire et elle, sa muse éternelle. 


Une singulière histoire d’amour mettant en valeur l’art surréaliste.


Eté 1929, Salvador Dali, troisième du nom, est un jeune homme innocent qui ne vit qu’à travers sa passion ; la peinture et l’Océan bordant Cadaqués en Espagne. Entretenu par un père notaire reconnu, Dali est considéré par sa famille comme un doux rêveur qui finira par s’éveiller à la réalité de la vie. Mais dans son antre, Dali accumule les toiles, exprime sa folie maladive à travers ses tableaux, expression d’idées et d’objets incongrus, il est très vite repéré par le groupe Surréaliste parisien dirigé par André Breton et que côtoie de grands noms comme Paul Eluard. Ce dernier, rejoint une partie du groupe surréaliste parti à la rencontre de Dali en compagnie de sa femme Gala. Cette dernière pleine de dédain pour les amis de son mari, va rapidement s’intéresser à Salvador, et surtout succomber aux charmes anodins du jeune homme pour une relation qui durera toute leur vie.

Maxence Fermine raconte la très belle histoire d’amour entre Dali et Gala mais surtout évoque le talent et la singularité de Salvador Dali dans son art qui n’aurait probablement jamais été le même sans celle qu’il rencontra un été 1929. Il s’agit d’une romance mais surtout de l’histoire de l’icône de l’art surréaliste poussé au plus extrême, une immersion dans l’art pictural décalé, burlesque et passionné de Dali, qui sous ses airs d’homme psychologiquement instable, se révélait être plus sain d’esprit qu’il ne le révélait, une part de son intimité que seule Gala connaissait, un homme qui se cachait sous ses moustaches savamment recourbées.

Cette transformation du peintre est passionnante à suivre, à lire et à découvrir pour ceux qui ne connaîtrait pas une partie bien connue de la vie de Dali. Salvador sans Gala ne serait jamais devenu Dali, le peintre surréaliste de référence, celui à qui tout réussi. Un coup de foudre amoureux qui aura servi chacun dans ce qu’ils savent faire le mieux ; Dali peindre au devant de la scène, Gala gestionnaire dans l’ombre, un duo parfait tant dans la vie intime que « professionnelle ». Il est intéressant de découvrir comment ses deux personnages bien différents l’un de l’autre s’apprivoisent, s’aiment et vivent passionnément les choses au fil des années. Car avant d’être un peintre reconnu, Dali avait ses délires et ses faiblesses qui n’exultaient pas son art, l’entrée de Gala dans sa vie va tout changer, la maturité, l’expérience et l’intelligence de la femme vont faire de lui un autre homme, celui qui assumera et surtout entretiendra son succès. Le temps file mais l’amour reste.

Évidemment, on rencontre également les autres ; Paul Eluard, qui deviendra ami avec Dali et ce malgré que ce dernier lui ai pris sa femme, on découvre un écrivain à la personnalité ouverte et libre des mœurs adultères de son épouse, bien loin de celui de l’écrivain que l’on connaît aujourd’hui sur les bancs de l’école. André Breton, le chef de file du mouvement surréaliste, se révèle quant à lui jaloux. D’autres sont aussi évoqués à l’image de Picasso, tous auront une influence sur Dali. Ce cercle d’artistes était finalement assez intimiste.

L’auteur garde son style premier, sans excès de poésie, il embarque avec simplicité son lectorat dans cette folle passion amoureuse et artistique, à la rencontre d’un peintre unique et de ses confrères surréalistes. Les chapitres sont courts, agrémentés au début de chacun de citations de Dali, c’est très dynamique et attractif. On retrouve avec plaisir tous ces noms d’artistes connus pour la plupart dans le cadre d’études sous un autre jour. Plus intimes, plus humains, plus accessibles.

En bref, ce roman qui se veut être un « hommage poétique » à l’histoire de Dali et Gala et non « une biographie ou un pan historique » de la vie de Dali est avant tout une histoire d’amour, de l’amour entre un homme et une femme, de l’amour d’une passion artistique. Qu’il est agréable de se replonger dans l’univers de ces artistes, de ces noms aux histoires passionnantes, libres et talentueux surréalistes d’une époque aujourd’hui révolue. Très bel hommage M. Fermine !

Je remercie les éditions Michel Lafon et plus particulièrement Camille pour cet envoi d’un auteur que j’affectionne beaucoup !

Michellafon

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