« Juste un signe » de Liz PLUM

Quatrième de couverture : À la suite d’un événement traumatisant, Raine a perdu l’usage de sa voix. Trois ans plus tard, elle est toujours murée dans son silence et communique grâce à ses mains. Entourée par son frère et ses meilleurs amis, Raine s’est habituée à ce mode de vie. Elle en a fait son refuge.Jusqu’à ce qu’un nouvel élève débarque au lycée et vienne fissurer, à coup de sourire, les remparts qu’elle avait soigneusement érigés autour d’elle. Lui est une célébrité locale : tout juste sorti d’une prison pour mineurs, West Love intrigue autant qu’il inquiète. Il est beau, audacieux et, pour une raison qui échappe complètement à Raine, déterminé à se rapprocher d’elle ! Il la taquine en permanence, la drague ouvertement et va jusqu’à lui demander de lui enseigner la langue des signes !Ce que Raine ne sait pas, c’est que West est prêt à tout pour la sortir de son silence.


Une jolie romance sur fond de gravité dommage que les clichés et les facilités viennent encombrer l’ensemble !


Raine est muette depuis maintenant presque trois ans, trois ans de silence, seul l’apprentissage de la langue des signes lui permet aujourd’hui de communiquer avec ses proches, son frère entre autre et ses amis qui ont eux aussi appris ce langage pour ne pas qu’elle se sente à part. Ce silence est du à un traumatisme qu’elle n’a pas su surmonté malgré les années. Aujourd’hui, elle vit seul avec son frère, son père ayant fui le navire pour des raisons professionnelles, ne s’étant jamais remis de la mort de sa femme. Raine est très soudée avec son frère, Toby. C’est une jeune fille sage, discrète, intelligente, qui fuit les soirées lycéennes, un peu trop couvée par ses amis et son frère. Raine est donc une adolescente classique qui ne sort pas vraiment du lot si ce n’est pas son silence, pourtant sa rencontre avec West va changer beaucoup de choses.

West Love a une réputation qui le précède, après avoir passé près d’une année en prison pour adolescents, toutes les rumeurs circulent à son sujet suite à son retour au lycée ; bagarre, viol, meurtre, aussi est-il craint alors même qu’il n’a pas encore remis les pieds au lycée. Pourtant, le jeune homme qui débarque dans la bande de Raine, semble bien différent de ce qui ce dit sur lui, il est plutôt prévenant, attentif, et particulièrement honnête et franc, si ce n’est son côté taquin, qui irrite beaucoup Raine, il reste néanmoins très mystérieux.  West est donc le bad boy de service, le beau gosse qui traîne quelques casseroles, celui qui les fait toutes craquer mais qui ne s’intéresse finalement qu’à celle qui se révèle discrète voire même indifférente.

La relation entre les deux personnages démarre sur une relation amicale, West s’intéresse au langage des signes et demande à Raine de le lui enseigner pour un devoir d’Anglais, une façon de se rapprocher et d’apprendre à connaître davantage la jeune fille. Celle – ci au départ réfractaire, ne voulant pas trop se rapprocher du jeune homme à la mauvaise réputation, va finalement accepter. C’est ainsi que tous les deux vont commencer à se voir en dehors du reste de la bande, le frère de Raine, Toby, ne va pas apprécier ces tête-à-tête qui sont pourtant innocents et sans réelles ambiguïtés, du moins au début. Peu à peu, ils vont apprendre à se connaître, se découvrir l’un l’autre à travers leurs blessures et leurs secrets, chacun ayant un passé douloureux à révéler. Ce qui est intéressant, c’est justement ces étapes d’apprivoisement entre les deux personnages, c’est tout en douceur, ils prennent vraiment le temps, ce qui apporte un peu de complexité et de profondeur à cette relation naissante.

Autour d’eux gravitent une série de personnages, quelque peu clichés avouons – le, mais que l’on apprécie quand même, un frère, très (trop) protecteur avec sa sœur et qui cumule les conquêtes et les coups d’un soir sans voir ce qu’il a sous le nez, deux amis aussi beaux gosses que Toby mais avec chacun son caractère stéréotypé, on a le « stylé intello » et le « bout en train blagueur et un peu idiot » qui fait rire tout le monde, une meilleure amie, folle amoureuse du grand frère depuis des années et qui souffre en silence de son attitude volage, du côté de West, il y a sa mère, pleine d’empathie, de douceur et de tendresse maternelle et son petit frère, adorable. Soit une ribambelle de personnages que l’on a l’habitude de côtoyer dans les titres young adult mais qui restent efficaces pour une romance divertissante.

Vous l’aurez compris, la partie romance est plutôt sympa, on peut même dire qu’elle est très prenante et l’ensemble est d’ailleurs tellement addictif que l’on a du mal à lâcher le roman. On a très envie de connaître les secrets des personnages et d’attendre les conclusions, certes pas franchement inattendues, mais qui nous rassurent. Évidemment qu’en lisant ce genre de roman, on souhaite une happy end ! On pourra lui reprocher un manque de réalisme flagrant ; des jeunes laissés à l’abandon par leurs parents, d’autres qui quittent le domicile parental… et des facilités d’intrigue ; l’apprentissage de la langue des signes par West ou encore la façon dont est gérer le traumatisme de Raine, mais si on sait passer outre, on passe vraiment un bon moment.

Cependant, j’avoue avoir quelques reproches hors des clichés et des facilités pré-cités à lui faire. D’une part, l’image de la femme véhiculée, ici elle se présente fragile, innocente, avec une sexualité limitée (que l’on peut aisément comprendre du côté de Raine), tout en contraste avec les hommes qui flirtent à tout va, accumulent les conquêtes sexuelles, vivent dans l’ivresse et l’accumulation de soirées lycéennes, ce n’est pas tant le stéréotype qui me gêne, mais la scission entre les deux, trop antagoniste, trop clivé, qui reflète une image de chacun complètement en marge de la réalité, il n’y a pas de nuance et c’est assez agaçant à  la longue. D’autre part, le fort côté américain, on grince des dents sur la « mal-bouffe » particulièrement, chaque repas qui est passé dans le récit ne présente que burger, sandwich, frites, nuggets et j’en passe, on en est encore là ?!  C’est dommage parce que quelque part ce titre alimente les idées préconçues ; les femmes sont des choses fragiles et innocentes, les hommes sont des bêtes de sexe et l’adolescent américain est un gouffre à gras et à sucre. Un détail peut-être, personnellement ça m’a souvent fait mal aux yeux en lisant cet ouvrage.

En bref, une romance qui devrait trouver son public, les adolescentes, les romantiques fleur bleue, tout(e) amatrice(teur) de romance où il est question de thématique forte (traumatisme psychologique, violence physique, ….), un public qui cherche à se divertir avec de bons sentiments, toutefois, gardons à l’esprit qu’il y a certes des clichés et des facilités, ce n’est pas le plus gênant, mais qu’il y a surtout une image de la jeunesse américaine et de la dualité femme / homme qui me laissent un tant soit peu perplexe à transmettre. Cela reste néanmoins très divertissant et prenant !

Je remercie Netgalley et son partenaire les éditions Hachette pour ce partenariat.

           

 

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4 commentaires pour « Juste un signe » de Liz PLUM

  1. Les détails, ça fait un livre ! Ce titre n’est pas pour moi – j’ai presque envie de dire « ouf! » parce que je l’avais repéré mais ça m’arrange finalement de ne pas faire encore grossir ma PAL ^^’

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