« Voyage en Terre Rouge » de Simon BRÄNDLI & Stéphanie CHAULOT

Quatrième de couverture : Voyage en terre rouge est tout à la fois un récit de voyage et une réflexion sur Madagascar.
Stéphanie Chaulot et Simon Brändli retracent les mois passés là-bas fin 2010, peu de temps après le coup d’état qui a vu arriver Andry Rajoelina au pouvoir.
Dès les premières pages, nous sommes plongés dans ce que Madagascar a de plus beau et de plus terrible : d’un côté, une biodiversité unique au monde, un peuple chaleureux, courageux — dont la culture n’a rien de commun avec notre culture occidentale — un sous-sol parmi les plus riches du monde ; d’un autre coté, une situation économique, écologique et politique désastreuse, des convoitises nombreuses auxquelles n’arrive pas à faire face le peuple malgache, une situation qui se dégrade rapidement, un pays qui court inévitablement vers sa destruction.
Sac au dos à travers le pays, ils vous emmènent pour le plus incroyable des voyages…


Un ouvrage à la fois récit de voyage et documentaire d’un pays mal connu ; Madagascar et ses paysages nombreux, incroyables, magnifiques ; Madagascar et sa pauvreté humaine, Madagascar et sa situation écologique catastrophique…


Voyage en Terre Rouge est le compte rendu d’une expérience d’immersion malgache vécue par un couple, Simon et Stéphanie, il y a maintenant huit ans. Pour l’un, grand amateur des grands espaces et des voyages, le pays était à découvrir pour sa nature et son peuple, pour l’autre, une expérience familiale vivant dans le pays et une curiosité et un rêve de gamine à assouvir. C’est donc ensemble qu’il se lance le défi de passer trois mois à Madagascar. Pour cela, ils ont monté une association en France « Objectif Mada » afin de favoriser les échanges entres écoliers malgaches et Français, mais aussi dans l’objectif de les sensibiliser aux contions de ce pays dramatiquement pauvre et  corrompu mais tout aussi grandiose. Ainsi démarre, leur aventure, un dimanche de septembre 2010, au cœur même de la capitale déroutante, bruyante et polluée, Tananarive.

De là, le couple nous raconte leur périple au travers de la grande île, périple semble un faible mot face à la dureté et la réalité du pays. Une petite carte est intégrée en début d’ouvrage pour illustrer le parcours des auteurs, une carte qui manque de détails et qui aurait mérité un peu plus d’attention et de précisions pour le lecteur. Les débuts sont hasardeux et difficiles dans la capitale, des expériences avec l’économie malgache et de l’exploitation des « richesses » du vasaha (comprenez touriste étranger, qui est considéré comme riche par les malgaches), des approches étouffantes, imposantes, agaçantes à répétition, une pollution éprouvante… Tananarive n’offre pas un accueil des plus faciles au couple qui bénéficiera d’aides de connaissances pour s’en sortir.

Ils finiront pas prendre la route pour des kilomètres de pistes plus défoncées et accidentées les unes que les autres, pour découvrir la brousse du pays et ses paysages à couper le souffle mais aussi un constat alarmant, la culture sur brûlis qui est une véritable catastrophe écologique, détruisant des milliers d’hectares de végétations et de faunes endémiques associées. A bord des taxis – brousses surchargés à l’extrême, les conditions de voyage ne sont pas idéales pour des français qui ont des habitudes bien forgées. Pourtant le couple résiste, passe par des épisodes de maladies, de faiblesse physique et morale en découvrant la pauvreté du pays, les extrêmes aussi entre ceux qui n’ont rien et ceux qui font leurs courses au Leader Price, face à la corruption bien ancrée dans la culture, ici la justice prend un autre sens que le notre et ce ne sont pas toujours ce qui ont tord qui sont punis pour peu qu’ils aient les moyens financiers de se sortir  du pétrin. Au delà de ça, le couple découvre des personnalités malgaches attachantes, une véritable richesse de faunes et de flores, s’émerveillent face aux lémuriens et aux baobabs, tout autant de choses qui rendent ce pays unique et marquant pour le couple.

D’un point de vue écriture, l’ouvrage se lit très bien, on ne sait jamais vraiment trop qui parle, Simon ? Stéphanie ? les deux ensembles ?  Ce n’est pas tellement dérangeant en soi, on finit par s’y habituer à la lecture, on devine toutefois des caractères bien différents. Simon est plus aventurier avec une soif de découvrir et de vivre des sensations, Stéphanie est plus dans l’humain et les échanges avec les locaux. Ils ont l’avantage de rester honnêtes dans leurs propos, leurs émotions et leurs réactions, malgré une ambition de se rapprocher au maximum des malgaches et de leur façon de vivre (ce ne sont pas des touristes comme tant d’autres), ils restent profondément européens avec des habitudes de confort et alimentaires, même si cela restait des réminiscences ponctuelles, on sentait bien là leurs racines, certaines de leurs remarques peuvent aussi faire tiquer. Ce n’est pas forcément un reproche car on devine à quel point ce voyage n’était pas de tout repos, leur fatigue accumulée, les traitements anti-paludisme qui les affaiblissaient, la chaleur accablante, les conditions de transport et de vie difficiles, harassantes souvent. A mon sens, cet ouvrage est écrit comme ils ont ressenti les choses sur le moment, ce voyage ils se le sont pris en pleine figure et ne s’attendaient certainement pas à tout ce qu’ils ont vécu.

En bref, une expérience intéressante à découvrir qui ouvre un œil curieux sur ce pays qu’est Madagascar. On en apprend beaucoup, le constat est certainement plus dramatique encore que celui qui nous connaissons depuis notre « pays riche », on relativise, on réfléchit sur ces conditions souvent dégradantes et inhumaines. En même temps, on découvre un pays merveilleux aux richesses nombreuses, une partie de la population qui se contente du peu qu’ils ont, un peuple débrouillard, et peut-être une once d’espoir dans une jeunesse à sensibiliser urgemment.

Je remercie Babelio et son partenaire Yucca éditions pour cet envoi.

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