« Quelques grammes de brutes dans un monde de finesse » de Patrick ERIS

Quatrième de couverture : La vie n’est pas facile lorsqu’on dirige une agence de mannequins. Certes, moi, Emilio Esteban, directeur de l’agence Esteban, n’ai que 13 ans, mais j’ai un QI stratosphérique et peux toujours compter sur ma grande sœur, Rhonda Jane !

Mais le jour où deux brutes ont fracassé la porte de mon bureau, je ne savais pas que j’allais me retrouver en plein Western.

Une course-poursuite, des coups de feu, des trafics, un blanchisseur fou et encore et toujours des brutes… Il s’en passe de belles à la frontière mexicaine !


Un western spaghetti pour la jeunesse bourré d’humour et truffé de clins d’œil. Un titre qui promet une bonne tranche de rigolade, la qualité de l’écriture en prime.


Emilio Esteban du haut de son jeune âge et de son QI hors norme a repris l’affaire familiale suite à la disparition parentale ; une agence de mannequin qui n’embauche que des jeunes talents. Protégé de près par son aînée, Rhonda Jane, une jeune adolescente au caractère trempé, qui ne brille pas par sa délicatesse et qui aime mater du méchant ! Les deux font la paire dans la disparité des personnalités. Et puis un jour, deux molosses viennent pimenter la vie bien rodée d’Emilio, une porte explosée, des menaces et c’est le début d’une aventure rocambolesque. J’ai bien aimé la confrontation de la finesse d’Emilio et de son affaire et la violence qui entre avec fracas dans sa vie pour l’embarquer dans une aventure où ce dernier devra affronter la mort, les menaces, la brutalité, les coups de feu pour s’engouffrer un peu plus dans des trafics et des affaires peu recommandables. Comment ce jeune garçon et sa sœur vont se sortir de ces affaires qui les dépassent complètement ?

Avec Patrick Eris, je suis plus habituée au thriller, au mystère et à des ambiances sombres avec souvent une touche de fantastique ou d’inconnu qui dépasse quelque peu le raisonnement cartésien. Je pense entre autre à Les arbres en hiver ou Ceux qui grattent la terre. Quelques grammes de brutes dans un monde de finesse joue sur un tout autre tableau, on prend un virage à 180 degré et on bascule dans une lecture jeunesse avec un humour décoiffant qui rôde et vous pique à chaque page, on sent inévitablement que l’auteur s’est fait plaisir, en multipliant des éléments farfelus limite invraisemblables mais qui fonctionnent. C’est étonnant de retrouver cette plume vraiment adaptée au thriller dans un univers à la limite du potache où le ridicule ne tue pas et où les jeunes personnages imposent là où les personnages adultes, souvent volontairement caricaturés (mine patibulaire, QI de poisson rouge, soif de pouvoir…) s’effacent. Côté ambiance, il ne manque que les chevaux, les santiags et les saloons pour se croire en plein western spaghetti d’une époque révolue, la modernité est passée par là et les chemises hawaïennes, le garage local et les grosses cylindrés ont remplacés ceux précédemment cités. Le lieu de l’intrigue joue aussi beaucoup sur cette ambiance particulière, on est à la frontière mexicaine, il fait chaud mais l’odeur de la poudre a remplacé celle du sable chaud. Humour au second degré et série B bienvenue !

Le dynamisme du récit swingue et balance à tout va, une écriture qui s’adapte à ces personnages de manière assez tranchée mais à mon sens volontaire pour accentuer le côté farfelu de cette histoire. N’allez pas chercher du réalisme dans cette affaire, il n’y en a pas, on vogue sur une aventure qui joue sur les contrastes, sur un humour complètement décalé et des déconvenues qui s’accumulent toujours plus entraînant les personnages dans des péripéties violentes et qui explosent dans tous les sens du terme ! Amatrice adolescente des films d’action des années 90, j’avoue avoir subi les réminiscences passées de ce qui ont fait ma jeunesse, Ninja Kid ou Maman, j’ai raté l’avion par exemple, où les méchants tournés en ridicule se font donner des leçons par des jeunes gamins intelligents (Emilio) et costauds (Rhonda Jane). Il n’empêche, c’est barré mais c’est aussi loin d’être idiot au contraire.

En bref, un roman jeunesse volontairement décalé qui tire son épingle du jeu en jouant les choses à fond. Loin des codes et force est de constater l’originalité, l’auteur offre une version pulp d’un thriller jeunesse dans un univers et une ambiance qu’il affectionne. Bonne idée !

Je remercie l’auteur et Séma Editions pour cet envoi.

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