« Coincée ! » de Catherine MONROY & Anouk LACLOS

Quatrième de couverture : En rentrant chez elle un soir, Iris a la surprise d’apprendre que son mari, Hugo, grand galeriste d’art contemporain est parti dans le Nordeste brésilien pour tout recommencer « là où tout est encore possible » avec Paloma, la jeune fille au pair brésilienne, qu’il a prise – Oups ! – pour la « jeune fille au père ». Il n’en pouvait plus de partager l’existence d’une femme « coincée » comme elle !
Iris se retrouve seule du jour au lendemain avec ses enfants gâtés, Nine 17 ans et Marin 15 ans, dans une situation financière catastrophique. Elle doit pour la première fois de sa vie – c’est presqu’un gros mot – travailler. Pas si simple. À 45 ans, femme de plus personne, sans aucune expérience professionnelle, trop diplômée, trop senior, Iris voit les portes se fermer les unes après les autres.
Elle finira, à son corps défendant, par accepter la seule proposition qui s’offre à elle : écrire un roman historico-érotique.
Ce « livre de fesses », comme elle l’appelle, va l’emmener bien au delà de sa zone de confort, lui faire redécouvrir la femme qui sommeillait en elle, mais pourrait bien la conduire à sa perte au moment où elle prend la présidence de l’association de parents d’élèves du lycée huppé de ses enfants.


Un roman qui présente un bon synopsis de départ non dénué d’humour mais qui se perd un peu au fil du récit.


Iris Van Styn, une femme bourgeoise, se retrouve du jour au lendemain, seule et sans le sou, le mari ayant quitté le foyer familial avec la jeune fille au pair pour s’installer au Brésil, emportant avec lui ce qu’il restait d’argent sur le compte et laissant à sa femme des dettes dont elle n’avait pas connaissance. Comment s’en sortir quand vous êtes quadragénaire, que vous n’avez aucune expérience professionnelle si ce n’est dans l’ombre d’un mari et que vous avez l’habitude d’un train de vie élevé ? Iris pense alors trouver la solution en recontactant un ancien ami de fac de lettre qui travaille dans l’édition, elle lui propose de rédiger une biographique d’un personnage historique ; Aliénor d’Aquitaine. Il accepte en imposant toutefois une contrainte de taille, raconter la vie d’Alienor oui, mais sous sa forme érotique.

L’idée du synopsis est plutôt intéressante, suivre les péripéties d’une bourgeoise qui transpire le protocole et les mondanités, des valeurs bien éloignées de l’érotisme et du sexe dans lesquels elle va devoir s’immiscer pour réussir à écrire un roman à succès et tendance. Cela amène à des situations farfelues et amusantes. Le roman n’est d’ailleurs pas dénué d’humour et mise aussi beaucoup sur les situations gênantes du personnage. On est ici dans une comédie loufoque, avec un léger trait érotique, les scènes sont rares et sont essentiellement extraites du roman qu’écrit le personnage principal ou d’échanges qu’elle peut avoir avec des professionnelles du sexe (comprenez prostitués) qu’elle questionne à ce sujet. Évidemment, Iris va devoir jouer sur deux tableaux, d’un côté, sa vie réelle de femme et mère parfaite, celle qui devra taire ses problèmes financiers et tenter de rattraper le coup avec ses enfants, de l’autre, sa nouvelle vie de romancière érotique qu’elle va tenter de cacher pas tous les moyens possibles, difficile d’éviter le télescopage des deux, et c’est là que les cocasseries s’accumulent.

Les auteures proposent donc à travers leur roman, un portrait de femme, une femme qui se retrouve à assumer le foyer et qui ne sait comment s’en sortir, vis à vis des autres de son monde mais aussi et surtout vis à vis de ses enfants qui, adolescents, lui mènent la vie dure, mais aussi sa vie de femme sexualisée, les rencontres avec les hommes, le réveil d’une féminité qu’elle croyait anesthésiée par des années de pseudo abstinence passées à côté d’un mari qu’elle découvre volage et dilettante. C’est donc plutôt intéressant sur cet aspect là.

Cependant, le roman présente quelques défauts qui ternissent l’ensemble de l’ouvrage et qui font que je suis très mitigée sur ce titre. Le manque de réalisme avec des situations alambiquées qui s’accumulent que cela en devient parfois trop exagéré et lourd, un certain manque de fluidité et de consistance, l’ensemble en devient décousu et précipité. C’est dommage car il y a de l’idée et cela pouvait aboutir à une très bonne comédie.

En bref, je suis un peu moins emballée par ce titre que ceux que j’ai pu lire des deux auteures (Mon cher stagiaire d’Anouk, Le prince charmant existe… Je l’ai inventé de Catherine). Il y a des éléments intéressants et drôles sur la féminité et la place de la femme, tout autant de notions qui auraient mérité que le roman soit plus dense et plus approfondi. Un ressenti mitigé donc pour ce titre.

Je remercie les auteures, Catherine Monroy et Anouk Laclos pour la découverte de ce titre.

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Un commentaire pour « Coincée ! » de Catherine MONROY & Anouk LACLOS

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