« La fille au sac de plumes » de Michèle BECK

Quatrième de couverture : Vic, 28 ans, vit en Haute-Savoie, au bord du lac d’Annecy. Un jour, elle voit sa vie basculer lorsque son frère, sa femme et leurs jumelles décèdent tragiquement. Après des mois passés à faire la fête avec des inconnus pour oublier, Vic décide sur un coup de tête de partir pour le seul endroit où elle a été vraiment heureuse dans sa vie.
Le problème, c’est qu’elle n’a ni argent ni voiture pour parcourir les huit-cents kilomètres qui la séparent de Saint-Jean-de-Luz.
Mais quand Vic a quelque chose en tête, elle est prête à tout pour y arriver, y compris partir avec un sac sur le dos et parcourir ces kilomètres à pied.
Pensant s’engager pour un long périple en solitaire, Vic va se rendre compte que sur les routes on peut faire de drôles de rencontres, dont certaines capables de changer une vie, et peut-être même de lui donner un sens.


Un roman qui embarque son lecteur dans un tourbillon d’émotions et de bons sentiments entachés de drames, une quête de soi aux paysages multiples, aux rencontres inoubliables, avec au bout du chemin, une belle note d’espoir.


La fille au sac de plumes est le premier roman auto-édité de l’auteure qui a déjà vu deux de ses romans paraître chez des éditeurs (cf. Full contact et Mémoire d’Ange). Il met en scène Vic, une jeune femme qui vit à Annecy. A la suite d’un drame familial, elle a perdu les personnes qui la rattachaient à la vie ; son frère Tommy, sa meilleure amie Constance, et leurs deux jolies jumelles. Une perte qui a entraîné Vic au fond du gouffre, se noyant dans l’alcool, s’abandonnant dans les bras des premiers venus, jusqu’à perdre son job et s’emportant contre une mère plus attachée aux apparences qu’à la douleur de sa fille. Un jour, elle décide de tout plaquer, d’entamer une quête de liberté, de toucher à nouveau du doigt le seul moment où elle a été heureuse, hors emprise de l’influence et de la pression familiale, loin d’Annecy, lors de vacances quelques années plus tôt passées à Saint Jean de Luz en compagnie de son frère et de son pote Samuel, et de son premier amour. De là démarre un périple piéton de huit cents kilomètres parsemé de rencontres, d’émotions, de douleur et d’espoir.

Vic va donc entamer une longue marche à travers laquelle, elle va tenter de se retrouver, se reconstruire, traiter à la source ce qui a nui à son équilibre depuis tout ce temps et qui s’est aggravé après avoir perdu les quatre êtres qu’elle aimait le plus. Vic est un personnage libre et en marge de son éducation stricte et dictée, elle se confronte à sa mère et lui jette ouvertement sa rancœur à la figure.  Certes, Vic souffre et le deuil est difficile mais il y a aussi des blessures du passé qui n’ont certainement pas arrangées les choses et fragilisées sa psychologie. Il est intéressant de voir comment le personnage va peu à peu alléger son fardeau, sa peine au travers de rencontres inopinées, parfois douces, parfois violentes, souvent sensibles et toujours positives. Ces rencontres permettent d’aborder des thématiques de la vie courante grâce à la galerie de personnages secondaires souvent éphémères ; homosexualité, querelle familiale, apparence, maladie mentale et j’en oublie sans doute.

La plume de l’auteure est très douce, très empathique, on sent qu’elle partage les souffrances de son personnage et qu’il y a énormément de sensibilité derrière les mots. L’écriture est de belle qualité, fluide et sans coquilles, l’auteure a soigné son texte avant de le publier, ce qui n’est pas toujours le cas de l’auto-édition. On imagine tout le travail qu’il y a derrière. J’ai bien aimé ses choix narratifs, essentiellement du point de vue de Vic, naviguant entre le présent et des moments du passé, le parallèle parfois entre l’un et l’autre, les réflexions induites, les prises de conscience, les révélations sur la psychologie de l’héroïne déjà bien abîmée avant le drame. On pourrait penser qu’il y a beaucoup de bons sentiments qui sortent des situations dramatiques, des situations rapidement solutionnées de façon positive et bienveillante, mais je pense que l’auteure souhaitait ce contraste, souhaitait montrer à son lectorat l’espoir et la positivité dans chaque situations dramatiques, que parfois une rencontre, un échange, une écoute peut tout changer.

En bref, un roman qui m’a embarqué du début à la fin, j’ai adoré l’ensemble des personnages rencontrés, j’ai aimé apprendre et écouter leur histoire à travers le point de vue de Vic, ces fragments de vie à ressouder sans oublier Vic qui porte un lourd bagage émotionnel qui s’allège au fil des pages. C’est empli d’émotions, de sensibilité, de tendresse et d’espoir. Délicat et intense comme une plume !

Je remercie l‘auteure pour l’envoi de son titre, c’est une belle découverte !

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