« J’ai tué un homme » de Charlotte ERLICH

 

 

Quatrième de couverture : Surmenage scolaire, pic de stress ou trouble plus grave ? Arthur est hospitalisé pour cause d’épisode délirant. Qu’arrive – t – il à l’adolescent qui ne reconnaît plus les siens ni le monde qui l’entoure ? Parents, médecins, amis, tous s’interrogent…


Un roman court qui traite avec justesse et sensibilité de la maladie mentale, des conséquences sur les proches du malade et des jugements qui en découlent.


J’ai tué un homme est un roman court des éditions Actes Sud Junior qui met en scène Arthur, un élève brillant et collégien féru d’histoire qui bascule du jour au lendemain dans une phase psychologique délirante où il se prend pour Germaine Berton, une militante connue pour avoir tué Marius Plateau afin de venger Jean Jaurès dans les années vingt.  Alors que les signes d’un retour de sa propre personnalité s’éternisent, les proches d’Arthur s’interrogent, réagissent, chacun à leur façon, sur les causes et les conséquences des troubles du garçon.

Charlotte Erlich évoque avec pudeur et douceur la thématique méconnue des troubles mentaux, ici à travers le personnage d’Arthur, qui se présente sain d’esprit, bon élève avec toutefois une certaine tendance à la solitude, un adolescent comme beaucoup d’autre passionné par la lecture d’ouvrage relatif à l’histoire. La différence, c’est qu’Arthur fait partie des effectifs d’un collège de haut niveau où les places au lycée sont chères et sélectives. La pression n’est donc pas une inconnue pour lui. Pourtant malgré sa lucidité, ses motivations et son travail serein, Arthur sombre dans les méandres de la psychologie déroutée, il ne se reconnaît plus, ne reconnaît plus les autres et se prendre pour une jeune femme vivant dans les années vingt, persuadée d’être capturée et emprisonnée pour avoir tué un homme. Les blouses blanches lui inspirent la méfiance, pensant qu’ils sont là pour la torturer et la faire parler. Ses mots et cette personnalité qui se dégagent avec une précision historique du jeune homme sont terriblement inquiétants pour ceux qui entourent Arthur, les médecins, les infirmiers, les parents, les professeurs, les élèves. Chacun étant plus ou moins proche du phénomène y va de son avis et de son jugement.

L’auteure joue en effet sur les multiples points de vue pour aborder ce sujet assez méconnu et mal-jugé où les idées préconçues sont nombreuses ; le corps médical qui côtoie d’autres patients aux problématiques similaires, attend et observe avant d’établir leur diagnostic qui pourrait être dramatique pour Arthur et ses parents, les parents d’Arthur réagissent de manière discordante, la mère en soutien, espère et croit au rétablissement de son fils, le père dans le déni et la honte ne comprend pas, les autres élèves, dans le jugement ne se révèlent pas tous compréhensibles, portés par leur bêtise pour les uns, par l’intérêt et l’inquiétude pour d’autres. Ces différentes façons d’aborder, de penser et de vivre le sujet sont très intéressantes et permettent une réelle ouverture d’esprit au lecteur. Je pense que l’auteure cherche à sensibiliser sur le sujet, à ouvrir les questionnements, mais surtout à la tolérance et à l’acceptation, les maladies mentales peuvent s’avérer handicapantes et difficiles à vivres, mais à des niveaux variés, tout comme peuvent l’être certaines maladies génétiques ou auto-immunes, un traitement peut soulager, ralentir ou taire le phénomène pour finalement vivre comme les autres ou du moins en grande partie.

En bref, un roman où les réactions émotionnelles sont palpables et très variées face à la maladie mentale. Les causes sont souvent difficiles à définir, surcharge psychologique, pic de stress, de pression, fatigue mentale, choc émotionnel, tout autant de choses qui peuvent du jour au lendemain vous tomber dessus sans crier gare. L’auteure se penche sur le sujet avec sa plume sensible et ouvre à l’intérêt et surtout à la tolérance, une maladie mentale ne signifie pas forcément être fou ou inapte à vivre en société, elle demande le plus souvent juste un peu d’aide pour la canaliser.

Je remercie les éditions Actes Sud junior et l’auteure pour ce partenariat.

Cet article, publié dans Chroniques, Roman contemporain, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.