« Aigre-doux » de Wilfried N’SONDE

 

 

Quatrième de couverture : Tu viens d’où ? Marre de cette question, du regard des autres et des préjugés à cause d’un physique, d’une couleur de peau. Français à part entière, et pourtant… Réclamer simplement le droit d’exister comme ado ici et maintenant, sans avoir à se justifier ou provoquer, c’est trop demander ?!


Un petit ouvrage où les mots viennent exprimer au travers des pages, les blessures, la lassitude et l’énervement de l’adolescent.e fasse à cette éternelle question « D’où viens-tu ? »


Ce court ouvrage appartient à la collection « d’une seule voix » des éditions Actes Sud Junior, des ouvrages qui se veulent vifs, incisifs, des mots souvent bruts, éjectés, percutants en quelques pages sur des maux qui touchent les adolescents mais qui sensibilisent tout autant l’adulte. Aigre-doux n’échappe pas à cette règle, un ou une adolescent.e, une thématique forte ; la discrimination, le racisme, les origines, des heurts qui s’accumulent et un monologue qui éclate face à ces préjugés, à ces regards, à ces questions systématiques dans l’oubli que la nationalité, le droit d’être et d’exister sur le territoire, ne se cantonnent pas à une simple question de couleur de peau ou d’origine.

Vous l’aurez compris ce texte pose le questionnement de l’identité, du droit d’être français, de vivre sur un territoire en tant que citoyen à part entière, d’être né.e français.e, et de justifier sans cesse ce droit acquis à la naissance (ou de toutes autres façons) à cause d’une couleur de peau, d’un léger accent, d’une attitude, bref de préjugés discriminants qui viennent sans cesse nuire au bien être et au fait d’être bien sans sa peau notamment pour des adolescents. Ces derniers qui sont, on le sait, en continuel questionnement de ce qu’ils sont, des interrogations qui façonnent leur être profond, ce qu’ils deviendront adulte, des interrogations justifiées lorsque l’on est en perpétuelle quête de soi, ajouter à cette crise hormonale et existentielle (plus ou moins accentuée chez les uns et les autres) un besoin de se justifier sans cesse, de subir les idées préconçues, d’entendre les questions qui font mal même entre « amis »,  de sentir les regards, tout cela sous prétexte que vous êtes différents, la peau plus foncée, les cheveux plus crépus, les traits plus marqués, quelle différence avec le fait d’être blond, brun, roux, d’être grand ou petit, d’être athlétique, filiforme ou plein de rondeur ? Le regard sur l’origine des personnes a la dent dure, les esprits sont marqués, jusqu’aux nouvelles générations qui, certainement sans penser à mal la plupart du temps, viennent poser les questions qui fâchent…

Ici l’adolescent ou adolescente, je n’ai pas vraiment réussi à savoir et à mon sens c’était voulu par l’auteur afin que le lectorat visé, les adolescents, puissent tous s’identifier à ce personnage, a une corde qui cède face à cette énième question tendancieuse sur ses origines, alors les gestes et les mots éclatent, un haussement de ton, des cris, une fuite et ce grand moment de solitude qui survient après… Alors il ou elle s’interroge, pourquoi ne pas avoir contenu cette rancœur, cette colère qui bouillonnait en elle ou en lui, pourquoi ne pas avoir répondu autrement, et pourquoi cet amour ne l’appelle pas ? Le mal être déjà bien immiscé dans les entrailles, s’installe davantage et le monologue s’envenime, les mots sont déballés, bruts et écorchés, les liens familiaux sont insuffisants, au contraire ils accentuent ce mal être. Petit à petit, le flot s’épuise, une lueur d’espoir apparaît, pourquoi attendre si on peut tenter d’agir, de faire changer les choses, de passer outre, de tenter d’adoucir cette aigreur qui fatigue ? La conclusion de ce texte est très justement dosée et surtout positive.

En bref, un roman percutant comme le sont la plupart des ouvrages de cette collection que j’affectionne particulièrement, c’est simple, concis mais surtout écorché, violent émotionnellement, nul doute qu’encore une fois, les mots résonnent dans la tête et le cœur des adolescents qui le liront.

Je remercie les éditions Actes Sud Junior pour ce partenariat.

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