« Scories » de Bruno POCHESCI

Quatrième de couverture : La lueur et l’explosion. L’Événement… Ces paysages martiens, qui l’instant d’avant n’étaient que verdure et collines… Tu les as vus s’évaporer. La peur de ta vie. Cette peur animale, qui vient te rendre visite pratiquement toutes les nuits, tu ne l’as jamais oubliée… Fidèle compagne d’une vie en dents de scie… De si…

Un 25 juin d’il y a très longtemps, tu pars te balader. Respirer un peu de bon air hors de la ville, mais pas trop loin quand même. Tu as la trentaine à peine entamée, un job d’ingénieur spécialisé dans la lyophilisation et une déception amoureuse toute fraîche à digérer. Le monde t’appartient, mais tu penses sottement qu’il est en train de s’écrouler.

Et soudain, il s’écroule vraiment.


Une novella post apocalyptique furieuse et insolente qui vous pète à la figure, embarqués et vous ne le lâcherez plus !


Scories est une novella post apocalyptique des éditions 1115. Je dois dire que c’est un ouvrage choisi uniquement pour son titre (je suis géologue de formation…) et sa très belle couverture. Pas besoin de lire le résumé pour me donner envie de le découvrir et franchement j’ai bien fait ! Scories a un ton particulièrement décalé et prenant, un humour incisif, des dialogues percutants et une thématique sensible et actuelle ; la catastrophe nucléaire et ses conséquences. Ajoutez à cela un univers postapocalyptique, un système politique limite dystopique, une course contre la montre et vous obtenez une novella courte mais intense, sans temps mort et de qualité.

 » – Truffaut ? Que vient donc faire le jardinage dans notre discussion ?
« Putain, ces jeunots… Bonjour les lacunes ! »
– François Truffaut était un des réalisateurs phares de ce qu’on appelait au siècle dernier la Nouvelle Vague. Et il faisait plus dans la pépite cinéphile que dans la pépinière arboricole. » p.55

François est un septuagénaire appelé urgemment en plein couvre feu par le président français depuis plusieurs décennies. Un groupuscule menace d’une nouvelle catastrophe et réclame à parler uniquement à François. Il ne lui reste que quelques heures pour rejoindre le point de rendez – vous et le voici lancer à vive allure à bord d’une voiture de luxe en compagnie d’un pilote hors pair  au travers des dangers et menaces que préserve le couvre – feu suite à un certain « Évènement » ; tirs, explosions, paysages désolés, routes chaotiques, créatures étranges et toujours en sourdine, la voix et les répliques détonantes du président !

« – Monsieur le Président ?
– Quoi encore ? On t’a attendu, on a causé, on a pissé et on s’est installé ! Alors qu’est ce que tu veux de plus, François, merde !
– Le café qu’on m’a promis en me dégringolant du lit. » p.26

L’ambiance est furieuse et vive dans cette histoire, on n’a pas le temps de s’ennuyer, c’est très dynamique et les échanges entre François et le président sont juste bidonnants ; entre jeux de mot et réparties cinglantes ! L’humour s’impose et l’auteur a parfaitement su le doser et en jouer, car là aussi pas de temps de pause. Il faut dire qu’il met en scène des personnages atypiques et très drôles, François un septuagénaire désabusé, un président du même age qui balance, tacle et s’impose à tout va en quête perpétuel d’un nouveau ministre et pour adoucir le tout (ou pas), une jeune femme, Nora, qui apporte sa touche féminine tout en révélant son côté brutal.

« Attendez un instant… Oh, c’est pas vrai… Merde !
– Comment ça merde ?
– Il y a une étiquette sur l’emballage : « piles non fournies » ! » p.82-83

En bref, vous l’aurez compris, Scories n’est pas une novella lente et mollassonne malgré ces héros septuagénaires, au contraire, ces derniers ont de l’énergie à revendre, le ton est résolument décalé en contraste permanent avec l’univers dramatique et post-apocalystique décrit. Je tire mon chapeau à l’auteur qui a su gérer son choix narratif du début à la fin en gardant le rythme ce qui n’est pas forcément aisé ! Une très belle découverte.

Je remercie Babelio et son partenaire les éditions  pour ce partenariat.

                    

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