Seduced in the dark de C.J. ROBERTS

Quatrième de couverture : « Je sais que l’on m’observe. Il y a toujours quelqu’un. Quelqu’un qui essaie de me faire manger. C’est une femme. Elle me dit son nom, mais ça m’est égal. Elle ne m’intéresse pas. Rien ni personne ne m’intéresse vraiment. Il y a toujours quelqu’un qui m’observe. Toujours. Je veux partir d’ici, Je ne suis pas malade. Si Caleb était là, je sortirais sur mes deux pieds, heureuse, souriante, complète. Mais il est parti. Et ils ne me laissent pas le pleurer ».

Livvie est aux mains du FBI. Caleb n’est plus là. Leur amour aura-t-il plus de prix que la vengeance ?


Le roman est fort et dérangeant mais ne laisse certainement pas indifférent. Le tout est maîtrisé, bien ficelé et psychologiquement travaillé. A ne pas mettre entre toutes les mains cependant…

Seduced in the dark est une parfaite suite de Captive in the dark, un roman dérangeant mais addictif et prenant, tout en nuance psychologique des personnages, vraiment très intéressant et passionnant à lire et à suivre.

Si dans le premier opus, on était sur un huit clos entre deux personnages que tout opposait, un bourreau et sa victime, un dominant et une soumise (quoi que pas tant que ça finalement), dans ce second opus, il en est tout autre. D’autres personnages secondaires font leur entrée, ceux évoqués dans le premier tome, Rafiq par exemple, mais aussi d’autres protagonistes appartenant en partie au monde glauque et sombre de Caleb et en partie au monde réel et bienfaisant de Livvie, notamment un membre du FBI et une psychologue. Cette entrée de nouveaux personnages va venir étoffer le développement du lien unissant Caleb à celle qu’il doit former comme esclave sexuelle, Livvie, et certainement précipiter une relation irrémédiable.

On démarre le roman là où le premier tome se terminait plus ou moins, Caleb a récupéré Livvie et l’a sauvée in extremis d’un viol par une bande de motard alcoolisée. Elle est toutefois blessée loin de la jolie esclave en bonne santé que Caleb préparait et formait pour assouvir sa vengeance. Pourtant, il sort de sa bulle glauque et violente pour s’occuper d’elle, il en prend soin et tend vers une relation trouble où la tendresse et l’inquiétude viennent s’immiscer, se laissant aller à des gestes qu’il ne devrait pas avoir. On ressent pleinement la colère du personnage protecteur qui va vite se révéler possessif mais ce début n’est qu’une parenthèse, Caleb reprend vite ses esprits et tâche de faire comprendre à Livvie qu’il n’y a aucun avenir possible entre eux, il est détruit et sa fidélité va à Rafiq et à sa vengeance qu’ils préparent ensemble depuis douze années.

A partir de là, on repart sur des sujets difficiles et sensibles, et une projection dans le présent. On comprend que l’on est dans les souvenirs de Livvie, ceux qu’elle raconte aux autorités alors qu’elle est détenue dans un hôpital. Cette dernière a pu se sauver, on ne sait pas comment, on apprend qu’elle est suivie par une psychologue et régulièrement interrogée par le FBI.

On suit donc encore une fois essentiellement les sentiments et les pensées de Livvie. Dans le présent, elle est esseulée et ébranlée par la perte de Caleb, dont l’absence est un manque cruel et douloureux, elle pleure souvent, et l’on comprend qu’elle est très amoureuse de Caleb et qu’elle tente de comprendre comment elle en est arrivée là. A côté de cela, elle se révèle toujours aussi forte et déterminée, les entretiens avec l’agent Mathew sont nombreux mais Livvie prend le temps de raconter son histoire et de distiller les informations qui lui semblent les plus pertinentes, il y a du jeu avec l’agent, une forme de séduction pour obtenir ce qu’elle veut, la jeune fille se révèle calculatrice et très intelligente pour ses dix-huit ans. Avec la psychologue, c’est plus distant, plus froid mais aussi parfois a contrario plus chaleureux. Ces relations multiples dans le présent sont assez intéressantes à suivre car elles en disent beaucoup sur la personnalité de Livvie, sur ses blessures et sur la personne qu’elle est devenue, bien plus qu’une simple victime, et les personnalités de la psy et de l’agent du FBI viennent s’entremêler à tout ça.

Et puis il y a les souvenirs, le passé proche, les évènements avec Caleb et les autres. Livvie est loin d’être docile et obéissante, mais quand elle débarque dans une maison où il se passe de drôle de chose avec des esclaves sexuels et de riches gens, elle calme le jeu pour suivre les conseils de Caleb, obéir et éviter l’effronterie même si cela sera difficile pour elle. Dans cette maison, les choses deviennent tordues, vraiment glauques avec des actes horribles, du viol, de la violence, des abus divers et variés mais toujours beaucoup de plaisir dans la douleur, la soumission ou le rejet. C’est très ambigu, vraiment révoltant et franchement Livvie s’en sort bien dans toute cette noirceur à laquelle elle se retrouve confrontée surtout grâce à Caleb ironiquement qui tente de la protéger d’elle – même dans son monde.

Caleb est un personnage vraiment fascinant. Suivre sa transformation alors qu’il a toujours vécu dans le viol, l’exploitation du corps pour le plaisir, la violence vers quelque chose de plus nuancée, où sa part d’humanité ressurgit, mais aussi où ses réflexions, son regard vont changer, ses actes de protection se révéler moins prudents et donc transparents à certains qui pourraient en abuser. Caleb sait que s’il fait la moindre erreur et trahit Rafiq, c’est un homme mort. Le personnage est perdu entre sa loyauté vis à vis de l’homme qui l’a sauvé d’une vie de chien mais qui a des attitudes qu’il a du mal à cautionner, Caleb n’agit pas forcément dans le bon sens non plus mais tente de le faire sans douleur et sans violence pour ses victimes, et les prémices d’un quelque chose qui éclot au contact de Livvie, c’est psychologiquement passionnant. Et le moment où tout bascule est plus qu’intense !

Il y a vraiment une réflexion psychologique profonde et pertinente à travers ce personnage. On le déteste souvent, mais dans cette coque cruelle et dominatrice, il se cache un tout autre homme, difficile de pardonner ce qu’il a fait, ses femmes qu’il a dresser volontairement ou non, ses mains ensanglantés, mais difficile de ne pas se dire qu’un être est aussi formaté par ce qu’on lui enseigne, ce qu’on lui montre depuis son plus jeune âge, il a des exceptions évidemment mais tout de même ne le cachons pas si nous avions été élevés dans ce contexte que serions – nous devenus ? Caleb a été le bel esclave américain dès son enfance, esclave brutalisé et battu, qui garde encore des cicatrices physiques et des séquelles psychologiques. Et pourtant les émotions vont venir mettre leur grain de sel dans cette horreur sans nom et nos propres émotions de lecteurs vont être mises à mal ! Le roman est certes malsain mais difficile de ne pas être happé pas cette histoire.

Surtout que l’auteure écrit avec une fluidité et une aisance incroyable, on dévore son récit malgré son nombre de pages, elle ne joue pas non plus dans l’excès, c’est bien dosé, il y a des scènes vraiment trashs mais elles sont rares, bien placées et justifiées dans le récit. Pour le reste, ce sont essentiellement des scènes très érotiques dans un univers BDSM avec des dominants et des dominés, où l’obligation se confronte à l’autorisation, on est sur le fil et on peut rapidement basculer d’un côté ou de l’autre. CJ Roberts maîtrise un minimum ce monde d’esclavagisme sexuel et cette violence qui l’entoure, dans ce tome il n’y a pas que de la romance, il y a aussi du thriller et beaucoup de psychologie.

En bref, un roman psychologiquement fascinant et intéressant, une histoire à la fois malsaine et très belle à sa façon. L’entrée en scène de nouveaux personnages vient pimenter ce second tome qui est encore plus sombre et dérangeant mais aussi addictif et prenant. Une série à ne pas mettre entre toutes les mains mais qui mérite vraiment d’être découverte. Il existe un épilogue du point de vue de Caleb, je ne sais pas encore si je le lirais ou non, le diptyque se suffit à lui même tel qu’il est écrit. A voir donc !

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8 commentaires pour Seduced in the dark de C.J. ROBERTS

  1. Xander dit :

    Ça a l’air sympa ! C’est le dernier tome ?

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