Premières lignes #82

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Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de « Lilie-Miracle » de Martial VICTORAIN paru aux éditions l’Astre Bleu. Connaissant l’auteur, cela promet un très bon moment de lecture en perspective.

Quatrième de couverture : « En gravissant cette montagne ramollie, ce matin-là, nous étions à la maternité, Lilie. Tu avais quelques heures et je t’arrachais au sein écrasant de notre mère. Bientôt, dans une allée du parc Monceau, tu te jetterais dans mes bras ; je les fermerais à double tour sur tes frêles épaules et alors, plus jamais je ne te laisserais partir. Je voulais du velours pour toi, Lilie. Toujours. Qu’il ne t’arrive jamais rien. Je te voulais le monde à tes pieds, petite sœur. Te le servir sur un plateau de « grâces » matinées, dorées au soleil de nos enfances. Par transparence, tu étais ce monde idéal ! Je te voulais tous les jours de la vie, toutes les aurores et tous les crépuscules infinis. Des éclairs et des clairs de lune, des ciels zébrés d’or, oxydés, mélangés d’éclats d’onyx et de coulées de cuivre. Je te voulais tout l’amour du monde, Lilie. Je t’étouffais, je crois. »

Voici les premières lignes :

1

En ce temps-là le monde était une matière imprécise aux contours tissés de lin blanc.
C’est sous le ciel d’un tipi halluciné que chaque nuit nous tenions conciliabule et que se déroulaient les moments les plus précieux de nos journées. Au-delà de cette fragile forteresse, chaque bruissement était suspect, tout devenait prétexte à chimères et cauchemars. Marchant dans l’obscurité, l’inconnu rodait partout, mystérieux, effrayant. Alors déambulaient des ombres aux formes étranges, créatures terrifiantes, imparfaites ; des fantômes aux orbites phosphorescentes sortis tout droit des armoires, descendus du grenier, montant de la cave, surgissant de nos esprits féconds de petites filles.
Le plancher qui craquait, un bruit sous la toiture, un autre derrière les lattes des volets à persiennes qui donnaient sur la cour.
Le manche d’un balai dressé an milieu du lit servait de mâtereau à ces maigres remparts et la lampe de poche que nous allumions par alternance – afin d’en économiser les piles – tentait de nous rassurer.
A cette époque nous étions squaws, fées des neiges parfois, ondines ou bien lucioles échouées sur le rivage d’une île déserte, chuchotant à nos instincts de survie des mondes imaginaires.
Dans la chambre où nous partagions le même lit, nos existences se tenaient blotties dans le faisceau de la lampe.
Souvent nos soirées se terminaient en chuchotant :
– … cent quarante deux coquelicots rouges, cent quarante trois coquelicots rouges, cent quarante-quatre coquelicots rouges, cent quarante-cinq coqu…
– J’pourrai emmener Chouchourse ?

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« Chaman » de Maxence FERMINE

Quatrième de couverture : « Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été si proche du ciel. »

Charpentier sur les immenses tours d’acier de Duluth, dans le nord des États-Unis, Richard Adam n’a jamais oublié le sang indien qui coule dans ses veines. Mais le retour sur sa terre natale pour enterrer sa mère va le plonger dans un monde dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence.

— Chronique —

« Il y a de nombreux hivers, nos sages ancêtres ont prédit qu’un grand monstre aux yeux blancs viendrait de l’Est, et qu’au fur et à mesure qu’il avancerait il dévorerait la terre. Ce monstre, c’est la race blanche, et la prédiction est proche de son accomplissement. »

Maxence Fermine avec ce nouveau titre revient sur les pas d’un genre et d’un style qui ont fait son succès, on se souvient de « Neige » ou de « Zen », deux romans courts intenses, mélancoliques, humains, magnifiques. Avec « Chaman », on joue dans la cour poétique de l’auteur, d’une mélancolie certaine, d’un onirisme magique synonyme d’évasion et d’historique réaliste. La culture et l’histoire amérindienne est un sujet qui se prête à merveille à l’univers de Maxence Fermince, l’auteur a un talent indéniable pour dire les choses sans agressivité, mais avec délicatesse et sincérité, en racontant des histoires empruntent d’un réalisme suffisant pour faire prendre conscience au lecteur du message qu’il souhaite faire passer et d’une réflexion qu’il souhaite lui susciter.

« Nous autres, indiens, vivons dans un monde de symboles et d’images où le spirituel et l’ordinaire des jours ne font qu’un. »

« Chaman » est un roman à double aspect.

Un premier réaliste qui raconte l’histoire d’un homme, Richard Adam, métisse issu d’un père blanc qui l’a abandonné et d’une mère indienne très attachée à ses racines mais exclue de son peuple pour sa relation intime avec un homme blanc. Elevé par sa mère dans une société américaine où il n’a jamais été réellement adopté, il travaille à Duluth en tant que charpentier sur la construction d’ouvrages de grandes hauteurs, la tête et le cœur dans les nuages, vit simplement, rustre et asocial, il a peu de relations. Un jour, sa mère décède, pour Richard, la peine est immense mais il lui doit une promesse et c’est ainsi que débute un voyage au cœur de ses racines où le cœur du peuple indien et les rites initiatiques l’attendent.

Un second plus onirique et spirituel où justement les rites initiatiques viennent prendre le pas sur l’homme, ses devoirs et ses promesses. Où son cœur indien se réveille, telle une âme qui éclot, fait de rêves semi-réalistes, de communion naturaliste, d’animal totem, de transe alimentée par du tabac hallucinogène, de chaleur humaine et de simplicité.

Tout cela pour nous parler d’un peuple au cœur noble, heureux, sain,  aujourd’hui opprimé, détruit, sali et laissé à l’abandon. Parqué dans des réserves, dans la misère et la pauvreté, où l’alcool et la drogue semblent le seul recours à l’impuissance, l’abandon, le désarroi, et où le chômage sévit plus qu’ailleurs. On évoque souvent ces ethnies proches de la nature, la respectant, se contentant du bonheur simple des choses et de ce que la Terre leur offre, s’adaptant tout simplement sans chercher le profit et le dispensable. A l’heure où l’homme saccage son propre environnement pour se tuer à petit feu, le sujet est bien choisi, ciblé la thématique du roman sur les amérindiens renforce encore davantage son intensité et son quota émotionnel.

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière, empoisonnée, le dernier poisson, capturé, alors le visage pâle s’apercevra que l’argent ne se mange pas. »

On suit donc le périple de Richard Adam jusqu’à Sioux Falls pour se rendre sur les terres natales de sa mère. Richard Adam est un personnage tempétueux, ours, sauvage, certainement un peu comme ces animaux en cage, je vois ce personnage comme le reflet d’un être que l’on a tenté de mettre dans une structure qui ne lui convenait pas, devenant ainsi taciturne, froid, triste ou du moins sans réelle once de joie, le reflet du peuple indien que l’on a parqué et qui peu à peu s’éteint. Quand Richard pénètre dans la réserve des Lakota, le constat est sans appel, le peuple si fier fait grise mine, la pauvreté est omniprésente, l’alcool et la drogue sévissent violemment, pourtant il y a du frémissement interne en lui, quelque chose qui sommeillait qui revient à lui, curieux des origines de sa mère, de sa culture, être baigné dans celle-ci le révèle à lui-même. Si ceux qu’il rencontre sont appauvris et n’ont rien, ils sont pourtant généreux, le cœur empli d’empathie, prêt à partager le peu qu’ils ont, il va nouer des relations intenses et surtout se découvrir plus proche de cette culture, de cette philosophie et de cette spiritualité qui leur est propre. L’essence même de ce peuple perdure malgré tout ce qu’il subit, Little Horse, le Chaman, Winona, la Rêveuse et Olowan, la tante en sont le parfait reflet, spiritualité, fierté et humanité.

Sans aller trop loin dans son récit puisque l’auteur ne s’enorgueillit point de détails, allant à l’essentiel même, les chapitres sont courts, concis, agrémentés chaque fois d’une pensée ou d’un proverbe amérindien qui viennent renforcer chaque fois le contenu. Le roman est donc court mais intense, profond, douloureux parfois, avec toujours cette note d’espoir, ce sentiment que le roman abouti comme il se doit sur ce petit quelque chose qui va au delà. La plume de Maxence Fermine est d’une beauté exquise et ensorcelante, une poésie digeste et imprégnante qui vous transporte chaque fois littéralement. L’auteur fait de nombreuses références historiques aux moments et lieux forts ; batailles décisives, signatures de traité non respecté, etc. L’importance de la nature, de vivre en harmonie avec elle a aussi toute son importance dans cette culture et est très largement mise en valeur.

« Avant de juger quelqu’un, il faut avoir marché plusieurs lunes dans ces souliers »

En bref, un nouveau roman beau et merveilleusement bien écrit qui trate d’un sujet sensible et fort, la déchéance d’une culture, d’un peuple qui pourtant garde une fierté à toute épreuve. Maxence Fermine avec une plume douce et tendre, et traite du sujet avec beaucoup de pudeur et respect. Un roman à découvrir absolument !

Je remercie les éditions Michel Lafon et plus particulièrement Camille pour ce merveilleux partenariat dédicacé en prime !

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Premières lignes #81

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Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de « Chaman » de Maxence Fermine paru aux éditions Michel Lafon. J’aime beaucoup la plume de cet auteur, souvent douce et poétique. Et la thématique des indiens d’Amériques sur ce nouveau titre me parle beaucoup. Je l’ai d’ailleurs commencé et il ne fera pas long feu…

Quatrième de couverture : Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été si proche du ciel. Et pour cause. Il se tenait en équilibre sur une poutrelle d’acier, à près de soixante mètres de hauteur. Parvenu au bout de son perchoir, il s’arrêta, retint son souffle, et contempla une dernière fois le paysage qui s’offrait à lui, telle une flaque d’or blanc. Il pensa que la vue était sublime, et la vie, terriblement fragile. Un souffle de vent, un faux pas, et il disparaîtrait à jamais. Il s’envolerait tel un oiseau dans les nuées.
Il n’avait jamais été vraiment sujet au vertige. Jusqu’à aujourd’hui. 

Voici les premières lignes :

Prologue

Au début de l’hiver, un homme disparut dans l’immensité des Black Hills, une chaîne de montagnes disséminées entre le Dakota du Sud et le Wyoming, dans le nord des États-Unis. Un endroit sauvage, lieu sacré des Sioux. Cet homme était un chaman indien, de la tribu Lakota Oglala, qui avait choisi le loup pour animal totem. Ce fut la dernière fois qu’on entendit parler de lui.
Le printemps suivant, et jusqu’à la fin de l’été, des recherches furent entreprises pour tenter de le retrouver, mais en vain.
L’hiver suivant, un chasseur découvrit les traces d’un loup solitaire, juste en dessous de Black Elk, le point culminant du massif.

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« Le sort en est jeté » d’Élodie SERRANO

Quatrième de couverture : C’est souvent au prix d’un coup de dé qu’on peut espérer parvenir à l’accomplissement de ses désirs. Mais ce résultat justifie-t-il le risque ? Pour qui s’est vu couronné de succès, la réponse est évidente. Mais au moindre faux pas, une fois les épreuves passées et les blessures pansées, ne reste que le regret de notre naïveté. Quoi que l’on souhaite – un oiseau perdu, une poupée, un ami, la reconnaissance ou la vengeance – le destin est joueur. Et si la mort est de mise, elle n’est pourtant pas la pire des éventualités. Oserez-vous lancer les dés du destin ? Alea jacta est : le sort en est jeté, comme on dit. Reste à découvrir s’il sera en votre faveur… Dans ce premier recueil d’Elodie Serrano, cauchemars et ironie, frissons et humour se donnent rendez-vous autour de ce coup de dés qui, paraît-il, n’abolira jamais le hasard… pour votre plus grand plaisir de lecture.

— Avant – propos —

Je ne suis pas une grande appréciatrice de nouvelles en temps normal, j’en lis rarement à cause de ce sentiment de ne pas avoir le temps de m’immiscer dans l’histoire pour l’apprécier. Toutefois, aux Aventuriales, Thomas Bauduret, qui représentait les éditions MALPERTUIS et était accompagné de l’auteure (autrice préférera t-elle. 😉 ) Elodie Serrano, m’a proposé ce recueil de nouvelles en service – presse. Curieuse et attirée par la couverture, j’ai accepté avec plaisir, c’était l’occasion de découvrir quelque chose de différent, une nouvelle auteure et de sortir de ma zone de confort (bien que j’y reste assez peu finalement). Je ne suis pas partisane de présenter les nouvelles unes à unes, mais plutôt d’en faire un compte – rendu global.

— Chronique —

« Le sort en est jeté » est donc un recueil de dix-neuf nouvelles de taille assez variable, allant de quatre à une quinzaine de pages avec une moyenne d’une dizaine. De manière générale, je dirai qu’entre la couverture, le titre et le résumé de la quatrième, je m’attendais à toute autre chose. Des nouvelles plus effrayantes, plus horrifiques, peut-être plus trash mais aussi plus linéaires, moins éclectiques, finalement, j’ai trouvé que l’auteure balayait différentes thématiques propres à notre société, tout en jouant avec les différents codes du genre fantastique. C’est à dire qu’elle use de créatures, de peurs, du paranormal, de la Mort, du destin, et autre forme d’imaginaire pour raconter de petites histoires qui font réfléchir et viennent parfois remettre en question une société qui pourrait se perdre elle-même dans ses propres vices et sévices. C’est donc très hétéroclites.

Rapidement, pour reprendre les nouvelles, une à une, on a une mise en bouche oppressante et effrayante avec « Communion » et « Au fond du puits », « Muse à vendre, accepte âmes » sombre dans l’absurde et l’enfer, « Belle » et « Du coin de l’œil » jouent sur l’apparence trompeuse, « Ceci est mon corps » résonne de naïveté aux conséquences effroyables, « Créatures ratées anonymes » parle d’handicap et de dépassement de soi, « Buffet à volonté » dresse une satyre du trop manger, « La vengeance dans le feuillage » évoque la destruction massive des forêts, « Querelle de voisinage » voit à l’extrême les relations conflictuelles entre voisins, « Le collectionneur d’étoile » une histoire magique et une prise de conscience salutaire, « Un capybara et que ça saute » reflète certainement les demandes incongrues des plus « grands », « Festin nocturne » surfe entre influence des réseaux sociaux et mythe, « L’attaque des vaches zombies » mêle humour et abattoir, « La mort au tournant » parle de destin inaltérable, « Payer pour ses crimes » est une ironie du sort, « Le marionnettiste » évoque l’âme et le corps et « Le voleur de mot » parle de ce qu’on est prêt à faire pour protéger autrui. On a donc de quoi faire !

On a différents thèmes réalistes abordés, probablement chers à l’auteure, comme le handicap, la sur-consommation alimentaire, la maltraitance animale, l’annihilation téléphage, les désordres psychologiques, l’écologie, etc. s’associant astucieusement à un fond fantastique. Je ne pense pas me tromper en disant que l’auteure est végétarienne vu qu’un des thèmes récurrents est la consommation animale, où le vaudou prend le pas sur la Mort. Dans une autre mesure, il y a aussi de la sorcellerie, du zombie, de la magie, des choses donc moins terre à terre mais qui se rapprochent néanmoins du titre du recueil, on comprend alors ce lien qui existe entre chacune des nouvelles. On a une forme d’oppression développée, généralement les nouvelles montent crescendo en tension avant de retomber sur des fins assez inattendues. On a des conclusions rarement hâtives, toujours réfléchies, même si parfois on les voit arriver, l’auteure ne sombre pas dans le fatalisme, certaines nouvelles recèlent un espoir, une morale, une fin plutôt positive, optimiste, d’autres sont nettement plus horribles.

L’auteure a une qualité d’écriture indéniable, on peut même dire que c’est assez soutenu, les lectures sont fluides, claires et agréables, elle sait aller à l’essentiel, sans pour autant perdre la densité de son texte. Les nouvelles sont bien construites, bien amenées et bien dosées. Si certaines sont peut-être en deçà, l’ensemble est plutôt harmonieux, il n’y a pas de redites, de schémas qui se dessinent. Si certaines se recoupent par leur thème de fond, sur la forme, elles sont différentes. On y trouve de l’ironie, de l’absurde, de l’humour mais aussi de la tension horrifique, un suspens ménagé, de l’horreur.

En bref, un recueil de nouvelles de qualité mené par une écriture et un style travaillés aux multiples thématiques de société où le réalisme est rapidement rejoint par un univers fantastico-horrifique dans une relative mesure. Une très chouette découverte !

Je remercie Thomas Bauduret et les éditions MALPERTUIS pour ce partenariat qui ne manquait pas de piquant !

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« Lovestar » de Andri Snaer MAGNASON

Quatrième de couverture : LoveStar, industriel génial et visionnaire, a bâti sa fortune sur un système de communication inspiré des oiseaux migrateurs, libérant pour toujours l’humanité du carcan de l’électronique. Et ce n’était que le premier jalon de son empire. Entre autres inventions révolutionnaires, REGRET vous permet de rembobiner vos enfants, inLove calcule votre âme sœur sans erreur possible, et avec LoveMort vous pouvez offrir à vos concitoyens le spectacle grandiose de votre corps changé en étoile filante. Indridi et Sigidur filaient le parfait amour, jusqu’au jour où Sigidur reçoit sa lettre d’inLove : ça y est, le système a trouvé son seul et unique… mais ce n’est pas Indridi !

— Chronique —

Dans un monde futuriste où les sternes arctiques ont élues domicile à Paris et les mouches à miel colonisées Chicago, notre monde n’est plus. Un génie aux idées aussi révolutionnaires qu’incongrues, Lovestar, a bâti son entreprise Istar à partir de l’étude des ondes de communication des oiseaux. Un univers d’anticipation où la profusion des ondes ont pris le pas sur l’ensemble des moyens de communication, l’homme est connecté, oublié les fils et l’électronique, tout un système est né et les aboyeurs, des crieurs de publicité et de compliments, avec. Mais, il n’y a malheureusement pas que ça. Dans ce monde régi d’idées folles de l’homme qui se fait appeler « Lovestar », l’entreprise islandaise Istar domine le monde par de multiples « sous-entreprises » ; LoveMort, envoie votre dépouille dans l’espace et le projette dans l’atmosphère brûlant ainsi en étoile filante, des obsèques incroyables ayant pour but de cantonner les obsèques traditionnelles et la putréfaction des corps au rang obsolète, ReGret, vous permet entre autre de vous rassurer quant à une décision qui vous turlupinerait, quelles seraient les conséquences si vous ne l’aviez pas prise ? Les réponses sont évidemment toujours funestes ou du moins horribles, InLove, vous permet entre autre via un calcul scientifique de trouver votre « seul et unique », l’amour et le bonheur vous y attendent ceci afin d’amener la population a une symbiose loin des discordances politiques et raciales, le tout est bien évidemment promu et vanté par Ambiance, le pôle communication et publicitaire de l’entreprise.

Dans ce contexte riche et extraordinaire d’imagination, l’auteur embarque son lectorat à travers deux histoires distinctes. Celle de Lovestar d’abord, l’homme par qui ce monde peut exister, démarre dans un avion, seul, une graine à la main, il ne lui reste que quelques heures à vivre mais la graine doit être sauvée. Que va t-il se passer ? Qu’est réellement cette graine ? A travers ce personnage, l’auteur nous ballade dans le temps, entre passé et présent du personnage, l’omniprésence d’une idée bien ancrée, la concrétisation de ses idées grandioses et tout le système qu’il a créé qui en découle. On a ainsi le regard du créateur de ce monde. Celle d’Indridi et de Sigridur ensuite, un couple vivant un amour passionnel hors conception d’InLove, persuadés d’être l’un et l’autre le « seul et unique » de l’autre, pourtant un jour, une lettre d’InLove arrive pour Sigridur, un certain Per Moller lui est destiné et peut lui être présenté rapidement dans le Nord au siège d’Istar. Sigridur refuse cette rencontre mais s’opposer au système va vite se révéler très difficile et nuisible pour le couple. On a ainsi le point de vue de victimes de cette société quasiment dictatoriale si vous n’entrez pas dans le moule.

Cette lecture est d’une richesse assez incroyable, on sent le foisonnement des idées et de l’imagination de l’auteur, si on met du temps à rentrer dans l’histoire, le temps de s’imprégner de l’univers, dense et étoffé, des différentes structures qui le régissent mais aussi de son origine, des personnages, une fois les bases posées, on s’immerge rapidement dans le délire de l’auteur. On peut très honnêtement parler de délire imaginatif et romantique, parce que ça part un peu dans tous les sens, mais cela reste néanmoins structuré et très détaillé, le lien entre le cartésianisme scientifique, l’incongruité de certaines idées et la naïveté des personnages, peut être difficile à assimiler, et tout cela mélangé donne quelque chose d’à la fois intelligent, magique et parfois même complètement absurde. Il faut le lire pour comprendre le fond de ma pensée, mais l’auteur a vraiment une imagination de dingue. On est clairement dans une espère de satire d’une société et d’une humanité en devenir : sur-consommation, dépendance d’un système, dictature, oppression, déshumanisation et crise écologique sont certainement les fléaux  qui nous attendent, conséquence d’une société où la technologie, la sur-consommation, la sur-production, et la sur-exploitation prennent le pas sur les bases de la vie humaine et de son environnement. Il y a donc énormément d’idées et de réflexions cachées dans cet ouvrage qui est soit dit en passant très soigneusement écrit, la plume est poétique et maîtrisée, très riche, parfois soporifique mais le fond est vraiment génial.

En bref, un ouvrage de science-fiction bluffant d’imagination et intelligent d’idées foisonnantes et anticipatives où l’amour trône au cœur. A titre personnel, si c’est le monde qui attend les générations à venir, il est effrayant par cette omniprésence de contrôle, ce manque de spontanéité si propre à notre espèce. Un regard certes extrémiste mais qui mérite qu’on y réfléchisse. Une lecture à conseiller !

Je remercie Louve du forum Mort Sure et son partenaire les éditions J’ai lu pour ce partenariat original.

 

 

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« Chupacabra et la quenotte cassée » de Sébastien TISSANDIER & Vael CAT

Quatrième de couverture : La vie de Chupacabra est déjà compliquée : c’est le seul vampire allergique au sang humain et il supporte de moins en moins la présence de Rustine, sa fidèle chèvre anémiée, constamment à ses côtés. Il devient irritable avec tout le monde et sa différence l’éloigne peu à peu de ses amis. Mais Chupacabra n’est pas au bout de ses peines : que peut-il arriver de pire à un vampire que de se casser une quenotte ?
Il n’a pas d’autre choix que de s’en remettre à ses amis afin de trouver une solution pour remplacer cette dent cassée. Ensemble, ils vont pouvoir mettre à profit les sorts magiques appris à l’école.
L’amitié sera-t-elle plus forte que les différences ?
Suivez Faucheuse l’araignée dans ce second tome des aventures de votre petit vampire préféré…

— Chronique —

On retrouve Chupabra, le petit vampire allergique au sang humain dans ce second opus toujours aussi beau et drôle. Cette fois-ci, il se retrouve face à une problématique de taille pour un vampire, Grummel, dans une énième chute, s’est cassé une dent ! Et pas n’importe laquelle, une canine. Est ce que les dents des petits vampires repoussent comme celles des enfants humains ? Ou alors Grummel portera t-il ce handicap toute sa vie ? Évidemment, la petite bande de vampires décide de venir en aide à leur ami et est bien décidée à trouver une solution pour le pauvre petit vampire.

Les petits personnages sont toujours mignonnement croqués et bien individualisés : Chupacabra, le héros, colérique mais attendrissant et allergique au sang humain, tare parfois difficile à vivre ! Anita, toujours aussi jolie et intelligente, Grummel, maladroit mais tellement drôle et adorable et Hector, l’ami sur qui vous pouvez compter. Ils ont chacun leur point fort et leur point faible mais sont tout aussi attachants les uns que les autres, et surtout efficaces ensemble dans l’adversité et les bêtises soit dit en passant, ils sont souvent bien trop curieux. A travers eux, l’amitié, l’entraide, le soutien sont des valeurs qui sont développées dans l’ouvrage. Du côté des adultes, on découvre un nouveau personnage et pas des moindres qui devrait apporter son lot de palpitation à la jauge « peur » des jeunes lecteurs. Un personnage qui devient évidemment l’un de mes favoris et qui donne un très joli clin d’oeil au genre fantastico-horrifique.

La relation de Chupacrabra avec Rustine atteint ici son paroxysme, c’est même très insistant, un peu trop peut-être, mais bon elle sait parfaitement se défendre et se moquer de Chupacabra, qui n’arrive jamais pour notre plus grand sourire à atteindre ou à nuire à cette pauvre chèvre, toujours aussi nonchalante et désabusée. On aimerait franchement être dans sa tête desfois, je suis sûre qu’on serait surpris. Et le prochain tome intitulé « Chupacabra : Rustine a disparu » devrait nous en apprendre bien davantage sur cette chèvre ruminante anémiée.

Un nouvel animal de compagnie fait aussi son entrée dans cet opus, aussi atypique que Rustine, la chèvre au regard vide et qui fait la morte au moindre danger ou Globule, la chauve-souris au regard louchant et à la langue pendue qui semble avoir le QI d’une poule. Faucheuse, l’Araignée, elle aussi dans le genre est mal équipée la pauvre, je n’en dirai pas plus mais on a là un trio gagnant ! Mais n’allez pas croire qu’ils sont obsolètes, bien au contraire, ils sont bien utiles pour nos amis !

Si on rit beaucoup en suivant les péripéties de ces petits monstres, j’avoue avoir eu deux petites choses qui m’ont fait tiquer sans que cela soit dramatique en soi, mais cet opus m’aura globalement moins emballé que le premier. Peut-être une histoire de nouveauté/surprise en moins aussi, mais surtout une impression de lecture moins fluide , plus saccadée avec des phrases courtes, qui nuisaient à mon dynamisme de lecture, après gardons bien en tête que l’ouvrage est destiné aux 8-12 ans, ce qui peut expliquer cela,  toutefois dans mon souvenir cela n’avait aucunement gêné ma lecture du premier opus. Des répétions aussi dans les gags notamment avec Rustine, après les enfants ne seront pas perturbés par ce genre de choses puisqu’ils sont capables de lire 50 fois le même ouvrage ! Par ailleurs, autre petite chose, a priori indépendante de la maison d’édition, sachez qu’aux pages 53 et 54, il manque deux bouts de phrases, et même si c’est parfaitement compréhensible, cela reste deux belles coquilles.

Enfin, si l’auteur a bien sûr sa part de mérite, cela va de soi, l’imagination de Sébastien Tissandier est ici débordante et on sent vraiment qu’il s’amuse avec son personnage et son univers, et ça c’est assez génial pour le souligner, le must de l’ouvrage reste quand même les illustrations de Vael Cat. Elles sont vraiment superbes et très expressives, c’est un pari osé de réaliser un ouvrage jeunesse en noir et blanc pour un public qui adule les couleurs de l’arc-en-ciel ! Mais franchement ça fonctionne très bien. Les illustrations sont très nuancées, très contrastées, très travaillées pour obtenir quelque chose d’assez bluffant. Il n’y a qu’à voir la couverture pour s’en convaincre. On retrouve ainsi un ouvrage vampirique jeunesse qui ose le gothisme qui lui est associé en littérature adulte du genre, ce qui ajoute certainement un peu ce côté effrayant mais pas trop aux enfants qui on le sait trop bien adore ça.

Petit extrait :

source de l’image : http://sebtissandier.wixsite.com/ecrivain/chupacabra-2

En bref, cette nouvelle aventure de Chupacabra offre à nouveau une belle histoire emplie de personnages, tant vampiriques qu’animaux, adorables et attachants mais aussi de personnages adultes qui impressionnent et font un peu peur, nul doute que le public jeunesse devrait y trouver son compte et que les parents qui aiment ce genre d’ambiance sombre, fantastique et légère devraient également l’adopter. Rendez – vous pris l’an prochain pour la suite !

— Roman lu dans le cadre des challenges suivants —

 

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Premières lignes #80

2807834

Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de « Le sort en est jeté » d’Elodie Serrano, un recueil de nouvelles paru aux éditions Malpertuis. La couverture intrigue beaucoup et la quatrième est plutôt appétissante. Je devrais rapidement le lire celui-ci surtout avec Halloween qui approche…

Quatrième de couverture : C’est souvent au prix d’un coup de dé qu’on peut espérer parvenir à l’accomplissement de ses désirs. Mais ce résultat justifie-t-il le risque ? Pour qui s’est vu couronné de succès, la réponse est évidente. Mais au moindre faux pas, une fois les épreuves passées et les blessures pansées, ne reste que le regret de notre naïveté. Quoi que l’on souhaite – un oiseau perdu, une poupée, un ami, la reconnaissance ou la vengeance – le destin est joueur. Et si la mort est de mise, elle n’est pourtant pas la pire des éventualités.

Oserez-vous lancer les dés du destin ? Alea jacta est : le sort en est jeté, comme on dit. Reste à découvrir s’il sera en votre faveur…

Dans ce premier recueil d’Elodie Serrano, cauchemars et ironie, frissons et humour se donnent rendez-vous autour de ce coup de dés qui, paraît-il, n’abolira jamais le hasard… pour votre plus grand plaisir de lecture.

Voici les premières lignes :

Communion

Marie passe devant la première cage d’ascenseur et appuie sur le bouton de la seconde. Les portes s’ouvrent à sa gauche. Fichus mécanismes qui envoient toujours celle-ci en premier. Agacée, elle se penche à l’intérieur en évitant de regarder les murs, sélectionne l’étage dix et ressort, non sans un frisson. Elle n’avait pas besoin de faire ça mais une impulsion l’a saisie. Une fois l’ascenseur expédié au sommet de l’immeuble, Marie appuie de nouveau sur le bouton d’appel. Vu l’usage qui en est fait, les techniciens pourraient tout aussi bien mettre l’appareil hors service pour de bon. Aucun habitant ne l’emprunte jamais, sous aucun prétexte. Du plus superstitieux, au plus raisonnable. Difficile d’ignorer les griffures sur le métal des murs. De ne pas penser à elle. Combien de jours a-t-elle tenu ? La question hante Marie depuis qu’elle vit ici.
Les portes de droite s’ouvrent enfin et elle grimpe à bord. Vers le sixième. Parfois, on la regarde de travers quand Marie rentre chez elle. Ses voisins de palier, surtout. Vivre dans l’ancien appartement de la décédée, forcément un mauvais présage. Mais la femme n’y est pas morte, alors cela convient bien à Marie. Au moins, elle a réussi à négocier un prix ridiculement bas avec les héritiers. De la famille lointaine qui n’avait jamais adressé la parole à l’ancienne propriétaire, soulagée de se débarrasser de l’encombrant bien.
Marie rentre chez elle et verrouille la porte. Avec un soupir, elle jette les clefs sur le comptoir. Pas envie de cuisiner. Livraison à domicile ? Pas ce soir, elle ne se sent pas plus d’humeur à expliquer. Les livreurs empruntent toujours la mauvaise cage d’ascenseur. Elle descend en premier, forcément. On lui demande pour les griffures.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

• La Chambre rose et noire
• Lectoplum
Pousse de Gingko
Camellia Burrows
Au baz’art des mots
Eléonore B
La Marmotte qui lit
Light & Smell
Ibidouu
Page blanche et noire
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Au détour d’un livre
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Qui a rejoint ma PAL ?

walkyrie6

Voici les livres qui ont rejoint dernièrement ma PAL. Comme vous le savez, les Aventuriales sont passées par là… J’ai aussi craqué sur un nouveau manga que j’ai pris dans mes achats France Loisir trimestriels, et enfin, qui dit rentrée littéraire, dit nombreux services presse reçus. Bien évidemment, l’éclectisme reste le maître mot, vous allez voir…


Du côté des services presse : On peut dire que j’ai été gâté de ce point de vue là. J’ai reçu « Eden » des éditions Michel Lafon, la suite de Hadès que j’avais beaucoup aimé. J’espère que ce thriller tiendra ses promesses ! Dans la foulée, j’ai aussi reçu le dernier titre de Maxence Fermine, « Chaman », dédicacé en plus, j’ai hâte de m’y plonger, l’auteur a une plume très poétique.  « Lady Rudge », je ne sais pas bien de quoi il en retourne mais c’est publié au Peuple de Mü et la couverture est sublime, il n’en fallait pas plus pour me convaincre.

« Le sort en est  jeté «  d’Elodie Serrano paru aux éditions Malpertuis titille ma curiosité, il devrait être vite dévoré. « Nightwork » aux éditions Actes Sud Junior est un service presse surprise que j’ai reçu sans être consultée mais qui annonce une histoire fort intéressante. Du côté de l’Astre Bleu éditions, j’ai reçu le dernier roman de Martial Victorain « Lilie-Miracle », pour avoir déjà lu plusieurs ouvrages de l’auteur, je risque de passer un très joli moment.

Enfin, lors de la dernière masse critique Babelio, j’ai été sélectionnée pour recevoir « Pentes douces », un roman-photo au concept qui m’a rendue très curieuse !

Du côté des achats : « Tragic Circus » de Mathieu Guibé et Cécile Guillot paru aux éditions du Chat Noir me tentait énormément pour l’univers du cirque à l’ancienne qui semble y être traité. « Les yeux améthystes » paru dans la même édition me faisait envie depuis très longtemps, j’adore les romances gothiques. « La Fée, la Pie et le Printemps » paru aux éditions ActuSF annonce une bien belle lecture pleine de magie et de féerie, et la couverture ne gâche rien !

« Tout au milieu du monde » paru aux Moutons électriques est visuellement magnifique et je pense que l’histoire l’est tout autant. « Chupacabra et la quenotte cassée » paru chez l’Ivre-Book raconte une nouvelle aventure amusante du petit vampire allergique au sang humain. « Le rédempteur » du même auteur, du même éditeur et de la même illustratrice, a l’air plutôt chouette, j’espère ne pas être déçue.

Au Peuple de Mü, j’ai investi dans « La débusqueuse de Mondes » de Luce Basseterre, roman SF qui a un synopsis plutôt accrocheur et « Petit Blanc », bah je ne vous le présente plus, je l’ai lu et c’est juste excellent. Si vous êtes curieux, mon avis est ici.

Étant maman de deux petits monstres, « Fred et le Gloutru » et « Coucou ! T’es qui, toi ? » paru aux éditions la Poule qui pond ont rejoint la maisonnée et ont été vite consommés !

Ma période manga ne semble pas trop s’effilocher, alors je continue mes achats dans le genre, cette fois-ci, j’ai changé de registre avec « Tokyo-Ghoul » dans la version double volume éditée chez France Loisir. J’ai donc pris les trois premier « double » volume regroupant les tomes 1 à 6. J’espère apprécier (en tous cas j’adore le dessin !).

Du côté des cadeaux : Là, je ne peux que remercier les éditions du Chat Noir, du Petit Caveau et Thomas Bauduret (alias Patrick Eris) pour leurs générosités !

Un mois de septembre qui fait mal à la PAL ! Mais bon se faire plaisir ne peut pas franchement faire de mal… Si ? 😉

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« Petit Blanc » de Nicolas CARTELET

Quatrième de couverture : Dans l’espoir d’y trouver meilleure fortune qu’en France, Albert Villeneuve s’embarque pour un long voyage vers les colonies avec sa femme et sa fille. Il accoste seul à Sainte-Madeleine, son moral et ses espoirs noyés loin derrière lui.

Commence alors une nouvelle vie, faite d’alcool, de mensonges et de frustrations. Piégé sur cette île devenue prison, Albert fuit la folie vengeresse du sergent Arpagon. Sur la route du café, il cherchera la paix intérieure.

Petit Blanc est un conte cruel et onirique sur l’absence et les espoirs perdus. Nicolas Cartelet nous entraîne dans un monde où immigrés pauvres et peuples colonisés partagent les mêmes chaînes.

— Chronique —

1896, Marseille, une famille de trois personnes quitte le port vers un avenir meilleur, enfin c’est du moins ce qu’ils espèrent. Enserrées à bord d’un vétuste navire, de nombreuses familles ont également eu cettte idée, devrais-je dire, cet espoir, d’avoir une vie décente et heureuse, une vie tout simplement. Il ne faut pas bien longtemps avant que les conditions d’hygiène viennent à se rappeler à eux, ces familles pleines d’envie, maladies, morts, faim, viennent peu à peu ternir les regards et vider les listes humaines dans ce voyage maritime sans fin. Un médecin à bord accompagné d’un religieux passent chaque jour dans les rangs pour un éternel constat, des âmes perdues à travers les flots, des vies toujours plus essaimées, des visages fatigués, abîmés par la tristesse des pertes. Albert Villeneuve est l’un d’eux. En quête des plaines exploitant le café, il débarque sur l’île se Sainte Madeleine, à Fort – Djaba, sans femme, sans fille, Marthe et Louise ne sont plus. L’espoir est devenu un objectif. Accompagné des fantômes de celles qu’il aimait, il se présente chaque jour au bureau d’administration dans le vain espoir d’obtenir un bout de terre pour devenir fermier, exploiter la terre et cultiver le café.

« Et puis, comme Fort-Djaba s’offrait à moi, toute une journée rien qu’à moi, pour la première fois sans que je l’aie décidé, il me prit soudain une sorte de furieux optimisme. Peut-être bien que c’était un signe, ce jour chômé ! Symboliquement je quittais la mine, pas le choix, je m’ouvrais à quelque chose de nouveau ; ce vide laissé par le refus de l’intendant allait nécessairement se remplir, c’était physiquement indiscutable. Il allait se remplir par quelque chose de nouveau. Une ferme ? Un champ par-delà la brousse ? Des rangs de caféiers, des caféiers par milliers ? Ça me semblait tout à fait certain, oui. Les espoirs fumaient par mes oreilles. Je retournerais à l’Administration, ce midi-là, et cette fois tout aurait changé : on me tendrait les bras, on me chanterait la Marseillaise, on m’attribuerait la plus riche des terres de toute Sainte-Madeleine. En six mois je produirais bien davantage que tous les autres seigneurs réunis : le seigneur des temps modernes ce serait moi. Je retournerais à l’Administration, oui, à midi ou bien dans l’après-midi, peut-être. Tout se passerait comme j’avais dit, exactement. Mon bonheur, c’était pour maintenant ou pour jamais, alors je pris le chemin de la ville, le pas certes titubant mais tout à fait décidé, dans l’intention. »

Une faible mise en bouche d’une histoire qui surprend et recèle une profondeur incroyable. A travers l’histoire d’Albert Villeneuve, personnage ambigu et au cœur meurtri, l’auteur propose un conte tragique, où la réalité se mêle subrepticement au rêve voire même un peu au surnaturel. Une base coloniale du XIXème siècle, où des hordes de familles françaises, peuple appauvri, viennent tenter leur chance sur les terres caféines des noirs colonisées. Jusque là, on surfe sur un réalisme historique, misère, colonialisme, immigration, thèmes clé, et pourtant, la rencontre d’Albert Villeneuve avec un sergent pas comme les autres, rustre et violent, dominateur despotique, être assoiffé de vengeance et empreint d’une folie certaine, Arpagon, va venir bousculer tout ça et faire prendre au récit un tournant intéressant et inattendu. De là démarre, une sorte de conte fantasmagorique et philosophique, fait d’aventures et de réflexions riches et métaphores nombreuses. Une course – poursuite, une fuite, une quête, un objectif à atteindre, voilà ce qui va attendre Albert à travers une multitude d’étapes jusqu’à la conclusion finale, tout un rite initiatique du personnage à suivre avec beaucoup d’émotions.

On démarre donc dans une certaine réalité avant de sombrer peu à peu dans un onirisme presque chamanique, la rencontre d’Albert Villeneuve et du peuple noir colonisé, ouvre aux croyances de ces derniers, qui sont de plus en plus abîmés et pervertis par l’alcool et l’argent des blancs, un peuple aussi profondément simple et humain, l’amour de l’autre, le partage, la simplicité, la chaleur humaine, malgré tout toujours entachée dans notre conte, dualité sociale, perversion, violence, mort. On peut y voir un regard négatif sur la colonisation, un regard positif sur les croyances et le style de vie de tout un peuple peu à peu opprimé, tout en contant la quête de rédemption d’un personnage immigré, sombrant toujours plus et pourchassé par un être diabolisé, surréaliste et effrayant comme ces personnages sombres des contes noirs, reflet probable du désespoir et de la destruction de ce monde.

« — Tu sais, Albert, commença-t-il par m’expliquer, cela peut paraître étrange aujourd’hui, parce que nous n’avons connu que cette situation, mais les gens de ton peuple n’ont pas toujours vécu ici. Pendant trois cents vies d’hommes mes ancêtres étaient seuls, ils allaient librement de la brousse à la mer. Bien sûr ils se battaient déjà, il y avait des vainqueurs et puis des vaincus, des heureux et des malheureux. Mais tout ça arrivait entre eux ; entre frères et cousins. Lorsque la guerre cessait ils se réconciliaient, chacun rentrait chez soi et comptait son igname, chacun faisait la fête après la récolte. Parfois même les chefs de clans s’invitaient au festin, et alors tous les enfants de l’île échangeaient les présents, les danses et les histoires. En ce temps-là on ne détruisait rien, rien n’était jamais définitif : si un fils ou un frère venait à mourir au combat, aussitôt on sonnait la retraite, on déclamait la paix. Jamais lignée ne s’éteignait, jamais un ancêtre ne restait sans foyer pour honorer son nom. En ce temps-là tout perdurait, toujours. »

Émotions vous ai-je dit, parlons-en, sachez que ce roman est fort et qu’il retourne le cœur avec des choses les plus simples. L’auteur a ce quelque chose d’assez subtil pour amener un élément qui paraîtrait impromptu à prendre en force et à le rendre comme élément à part entière à son histoire, à tel point que le lecteur va complètement se faire prendre à cet art, notamment avec ce perroquet. Un simple animal et pourtant bien plus ici, certainement un des passages qui aura ma préférence, même si un autre, où il est question de boule à neige, est aussi complètement génial dans le délire de l’auteur. Il y a du contraste chez Nicolas Cartelet, si l’homme paraît sage et académique, il y a dans sa tête des choses complètement dingues, qui peuvent dérouter. Il n’en perd pas moins son discours et les réflexions qu’il souhaite amener au lecteur. C’est tellement bien fait et magnifiquement écrit.

Talent d’écriture parlons-en aussi, Nicolas Cartelet écrit de manière délicate et poétique des choses aussi triviales que pleines de beauté, les descriptions sont riches sans être alourdies, on a plusieurs fois ce sentiment d’être perdu dans la brousse, de sentir l’humidité des pluies diluviennes et la chaleur étouffante. On vibre aussi beaucoup émotionnellement avec Albert Villeneuve, on sombre dans son gouffre de solitude qui ne cesse de s’agrandir, dans sa déchéance, on subit ses deuils, ses coups, cette oppression qu’induit sa peur. Cette histoire est assez douce-amère. Douce parce que magnifique et écrite avec de jolies mots. Amère car elle est difficile parfois cruelle.

« Car je menais désormais la grande vie sur le port, et qui dit grande vie dit grands soucis. En triplant ou quadruplant ma consommation je forçai le respect des copains, mais je creusai aussi ma bourse. Plus j’étais au bistrot, moins j’étais à la mine, et moins j’étais à la mine moindre était mon pécule. Cependant je m’habituais au rhum, il me prenait des besoins impossibles à refréner, de véritables gouffres que même un bourgeois aurait eu du mal à combler : bientôt il me fallut trouver une solution à l’équation, la pauvreté d’un côté, le goût du rhum de l’autre, sous peine de voir surgir une nouvelle angoisse, que je pressentais presque aussi grosse que toutes les autres réunies. »

La couverture de Gilles Francescano est sublime et reflète parfaitement le contenu de l’ouvrage, des morts, nombreux, un personnage qui porte le poids de malheurs inconsolables, mais une petite touche d’espoir par la luminosité dans le dos du personnage et les touches de couleur à ses pieds.

En bref, couverture magnifique, conte magnifiquement sombre avec cette touche d’espoir, écriture magnifique. « Petit Blanc », est certes petit par son nombre de pages (moins de 200) mais grand par son contenu. Je n’ai qu’une seule chose à vous dire : lisez – le !

 

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Premières lignes #79

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Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes d’un roman que je vais commencer ce soir. Il s’agit de « Lovestar » de Andri Snaer Magnason paru récemment aux éditions J’ai Lu. Je ne sais pas à quoi m’attendre, de la science-fiction a priori, mais un avis a suffi à me convaincre de le lire, on verra donc ce que cela donne.

Quatrième de couverture : LoveStar LoveStar, industriel génial et visionnaire, a bâti sa fortune sur un système de communication inspiré des oiseaux migrateurs, libérant pour toujours l’humanité du carcan de l’électronique. Et ce n’était que le premier jalon de son empire. Entre autres inventions révolutionnaires, ReGret vous permet de rembobiner vos enfants, inLove calcule votre âme soeur sans erreur possible, et avec LoveMort vous pouvez offrir à vos concitoyens le spectacle grandiose de votre corps changé en étoile filante. Indriði et Sigrfður filaient le parfait amour, jusqu’au jour où Sigrfður reçoit sa lettre d’inLovE : ça y est, le système a trouvé son seul et unique… mais ce n’est pas Indriði !

Voici les premières lignes :

GRAINE

Graine devient arbre devient forêt devient tapis vert comme la moquette.
Œuf devient oiseau devient oiseaux emplissant l’air comme les nuages.
Œuf devient ventre arrondi devient homme devient humanité, fabrique des voitures, écrit des livres, bâtit des demeures, pose de la moquette, plante des forêts et peint des tableaux de nuages et d’oiseaux.
Au commencement toute chose était dans l’œuf et dans la graine.
La forêt. les oiseaux. l’humanité.
L’œuf humain ne pèse pas lourd mais le premier œuf‘ de l’homme contenait en germe tout ce qui advint ensuite:
l’amour, la joie, la haine, le malheur, l’art, la science et l’espoir.
Au commencement était la graine et rien d’autre.
toute chose fut engendrée à partir de cette graine.

L’homme pouvait tout créer‘sauf la vie.
C’était scientifiquement prouvé.
ll avait le pouvoir d’éradiquer la vie, de la détruire, de la modifier,(….)

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