Premières lignes #94

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Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de Stéréotypes de Gilles Abier édité chez Actes Sud Junior. C’est un roman dystopique où les êtres de notre semble être classé selon leur personnalité. Un roman surprise que j’ai reçu cette semaine et dont je suis très curieuse de découvrir ce qu’il contient.

Quatrième de couverture : La Dernière Guerre et la folie des hommes ont failli anéantir l’humanité. Pour éviter une nouvelle catastrophe, les survivants ont établi une société basée sur la Synthèse. Le trait de caractère principal de chaque individu est déterminé parmi neuf Types, et le numéro du Type est tatoué sur son poignet droit. Ainsi, chacun est censé vivre en paix selon sa personnalité profonde. Mais, les années passant, une hiérarchie s’installe et empêche que des liens se nouent entre des personnes de Types différents. Cachés dans des cités souterraines, des jeunes gens entrent en résistance contre la Synthèse au nom de la liberté d’être ce que l’on est et d’aimer qui l’on veut.

Voici les premières lignes :

Un conflit généralisé a détruit quatre-vingts pour cent de l’humanité.
Les survivants se sont regroupés en une nation unique, sur un même Territoire. Pour que cette horreur – communément appelée la Dernière Guerre – ne se reproduise pas, deux décisions déterminantes sont prises. La première interdit le progrès. Il est admis que la connaissance scientifique acquise au moment de la catastrophe permet de vivre correctement. Mais il ne suffisait pas d‘avoir créé des armes sophistiquées pour que les hommes s‘entretuent, encore fallait-il qu‘ils aient des raisons de les utiliser. Or un être heureux, menant une existence en harmonie avec sa personnalité profonde, n’est pas enclin à faire le mal autour de lui. ll est donc aussi décidé que chaque nouveau-né sera testé pour déterminer son trait de caractère principal parmi neuf Types référencés.

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

• La Chambre rose et noire
Pousse de Gingko
Camellia Burrows
Au baz’art des mots
Eléonore B
La Marmotte qui lit
Light & Smell
Ibidouu
Chronicroqueuse de livres
Chez Xander
Les livres de Rose
Les livres de George
La couleur des mots
Rêveuse Éveillée
Les Histoires d’Amélia
Félicie lit aussi
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Lectrice assidue en devenir
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Le monde enchanté de mes lectures
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Les tribulations de Coco
Chroniques étoilées
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« La Tour tome 2 : Le territoire des Kroms » d’Emmanuel ARDICHVILI

Quatrième de couverture  : « Nous lui devons tous la vie. S’il ne m’avait pas donné son cylindre argenté, l’hélice ne tournerait plus, la Plante serait morte et les Kroms nous auraient dévorés ! »

Sous la Plante, au pied de la Tour, le calme est revenu au village. Swalee, Orkann et Ool ont éloigné le danger, aidés par le Géant Blanc. Les trois amis se sentent redevables. Et lorsque, dans son antre secret, ils découvrent que leur protecteur est gravement malade, ils décident de tout tenter pour le sauver. Ils vont devoir rejoindre l’autre Tour, braver l’inconnu et affronter les créatures étranges qui peuplent le territoire des Kroms !


Ce que j’aime dans ce roman, c’est que ça foisonne d’imagination et d’imaginaire, les créatures se succèdent les unes autres, les paysages aussi et l’action se présente toujours au détour du chemin. Difficile de ne pas y retrouver notre âme d’enfant !

Dans cette suite des aventures d’Orkann, Swalee et Ool, les trois amis vont découvrir le territoire qui s’étire bien au delà de leur petit village et de la forêt qui l’entoure. Monstres, paysages, dangers vont défiler dans cette nouvelle aventure qui a pour but de sauver le géant blanc de la tour blanche qui surmonte leur village. Ce dernier est malade, son caisson soignant ne fonctionne plus, mais pour Orkann et ses amis, il est impossible de laisser celui qui les a aidés dans cette mauvaise posture au risque qu’il meurt. La solution est de se rendre dans cette autre tour, mais pour cela il est nécessaire de traverser le vaste territoire menaçant des Kroms.

Il est bon de souligner que l’auteur a une imagination assez folle notamment au niveau des créatures qui peuplent son récit. Elles sont plus ou moins menaçantes, plus ou moins ragoutantes mais toujours originales et décrites avec précision, il est donc aisé de se les imaginer et c’est finalement encore plus immersif. Quant aux paysages, on est également servis de ce côté là, les trois amis traversent des zones hyper végétalisées, magnifiques et luxuriantes mais certainement pas dénuées de danger, des zones plus sèches, dépourvues de végétation, plus inquiétantes, des zones souterraines sombres où rôde le danger, et bien d’autres. Il ne faut pas trop en dire non plus, mais sachez que le roman n’est peut-être pas très long, mais qu’il invite à une aventure épique et dépaysante.

On a cette impression d’être de nouveaux des enfants face leur imaginaire, à vivre des aventures absolument extraordinaires. L’auteur dresse une peinture d’un monde unique et créatif même si notre regard adulte pourrait bien y voir quelque chose de pas s’y éloigner que cela… Quelque part, il y a beaucoup de choses à imaginer tout en nous rappelant des choses familières, une impression peut-être ? A mon avis, il y a un peu des deux, l’auteur doit puiser dans notre propre monde pour peupler le sien, j’avoue avoir hâte de connaître le fin mois de l’histoire sur cette impression familière qui me gagnait souvent durant cette lecture.  Le tome 3 me dira certainement ce qu’il en est, tout est qu’il me tarde de lever le mystère sur ces géants blancs, ces tours et ces petites créatures attendrissantes et attachantes que sont nos trois héros. Le roman se clôt sur une nouvelle menace interne cette fois-ci, nos héros ne sont pas au bout de leur surprise.

Par ailleurs, le roman évoque aussi toute un panel de valeurs importantes à travers son histoire ; la forte amitié qui lie les trois héros, l’entraide qui les unit, la tolérance face à une créature inconnue et amusante, le courage face aux dangers récurrents, le respect et la loyauté du Géant Blanc, un peu d’amour aussi et beaucoup de curiosité face à leurs découvertes !

En bref, un univers riche et très immersif où l’aventure côtoie des créatures et des paysages incroyables. Le dénouement est proche puisque la série est une trilogie qui devrait se clore sur les révélations de l’origine des géants blancs. Ce tome suscite des questions et des incertitudes qu’il me tarde de lever à la lecture du prochain titre !

Je remercie les éditions Sombres Rets et particulièrement Cyril pour cet envoi rafraîchissant.

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« Coupée en deux » de Charlotte ERLICH

Quatrième de couverture : « – Qu’est-ce que tu voudrais, toi, dans un monde idéal ? reprend la juge après un silence.
Je voudrais ne vivre qu’avec Maman et ne vivre qu’avec Papa. Je voudrais arrêter d’être trimballée d’un endroit à un autre et en même temps vivre des deux côtés. Je voudrais partir en Australie avec Maman et que Papa y vienne aussi. Je voudrais que la question ne se pose pas. »
La garde alternée, Camille connaît. Une semaine chez son père avec une demi-sœur et une belle-mère, une semaine fille unique avec une mère rien que pour elle. Mais lorsque celle-ci trouve un travail en Australie, l’équilibre fragile est rompu. Devant la juge, Camille pourra-t-elle choisir entre son père et sa mère ?


Un roman court mais efficace qui traite d’un sujet difficile auquel sont confrontés de nombreux enfants aujourd’hui, le choix de vivre avec son père ou sa mère quand l’un des deux parents s’éloignent de la cellule géographique familiale.

Coupée en deux raconte le témoignage de Camille, une jeune adolescente de quatorze ans qui doit affronter le juge des affaires familiales pour choisir de vivre avec son père ou sa mère.

Jusqu’à présent l’équilibre était rodé, une semaine chez l’un, une semaine chez l’autre, une simple affaire d’organisation mais aussi de vives émotions à subir chaque semaine. Cependant, la mère de Camille a trouvé un poste en Australie, cela signifie une possibilité d’une autre vie, d’une autre expérience, de découvrir une autre culture  mais aussi et surtout de quitter un père, une demi-sœur et des amis. Un dilemme voire même un déchirement pour Camille qui ne souhaiterait qu’une chose ; que la question ne se pose pas.

L’auteure propose un roman concis mais juste où elle nous confronte aux émotions de l’enfant face au dur sujet de la séparation parentale, elle nous met tout simplement à sa place, dans sa tête, face à ses réflexions multiples, des réflexions matures dans le contexte familial, des réflexions plus futiles et innocentes face à ses expériences adolescentes (amitié, premier amour…). Un changement de vie où l’enfant doit s’adapter aux uns et aux autres, vivre avec une mère carriériste, rassurante et aux idéaux éducatifs, vivre avec un père tête en l’air,  plein d’humour, plus laxiste qui a refait sa vie où elle en deviendrait presque intruse, elle en devient une moitié de quelque chose, sans vraiment se sentir entière, difficile de trouver sa place entre deux chaises. L’auteure a choisi d’user de mots simples mais présente les choses de manière intelligente et réaliste.

Ce qui est intéressant aussi, c’est que Charlotte Erlich ne s’est pas contentée d’évoquer ce sujet sensible, elle a rendu les choses plus humaines, plus divertissantes en y instillant tout le contexte collégien de Camille ; la relation avec la meilleure amie qu’elle connaît depuis la crèche, le garçon qui secrètement la fait craquer, les nombreux échanges numériques qui font partis intégrantes dorénavant de la vie des ados. Ce qui a l’avantage de dédramatiser un peu les choses, puisque mine de rien, le début du récit où Camille se retrouve face à un palais de justice imposant et intimidant, une image tout en contraste entre une adolescente qui reste l’enfant de deux parents séparés et doit subir la confrontation d’un père et d’une mère qui peinent difficilement à se supporter l’un l’autre, ce qui ne présageait rien de gai. Pourtant, les pensées de Camille vagabondent entre cette douleur et ses soucis d’adolescentes avec un trait d’humour frais et léger qui régulièrement nous fait sourire.

Si l’on doit mettre un bémol sur ce titre, c’est certainement pour la fin, peut-être trop rapide par rapport au reste qui est plus développé, et qui ne m’a pas pleinement convaincue sur le choix de Camille, même si je peux le comprendre, ça m’a gêné sans trop savoir pourquoi exactement, me laissant une impression mitigée en fermant le roman.

En bref, un roman qui exprime simplement et intensément le déchirement d’une enfant face à un choix difficile ; un père ou une mère. Des étapes clés, des réflexions personnelles qui donnent matière à réflexion et permettent de se mettre à la place de ces enfants. Ajoutez à cela un soupçon de fiction jeunesse réaliste et divertissante et vous obtenez un roman prenant qui se lit d’une traite.  Efficace !

Je remercie les éditions Actes Sud Junior pour cet envoi qui m’aura une nouvelle fois convaincue.

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Premières lignes #93

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Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de Coupée en deux de Charlotte Erlich édité chez Actes Sud Junior. Un roman pour adolescent qui traite du tiraillement d’une adolescente face à un choix difficile : sa mère ou son père. Je l’ai lu hier soir, vous aurez mon avis détaillé d’ici quelques jours.

Quatrième de couverture : « – Qu’est-ce que tu voudrais, toi, dans un monde idéal ? reprend la juge après un silence.
Je voudrais ne vivre qu’avec Maman et ne vivre qu’avec Papa. Je voudrais arrêter d’être trimballée d’un endroit à un autre et en même temps vivre des deux côtés. Je voudrais partir en Australie avec Maman et que Papa y vienne aussi. Je voudrais que la question ne se pose pas. »
La garde alternée, Camille connaît. Une semaine chez son père avec une demi-sœur et une belle-mère, une semaine fille unique avec une mère rien que pour elle. Mais lorsque celle-ci trouve un travail en Australie, l’équilibre fragile est rompu. Devant la juge, Camille pourra-t-elle choisir entre son père et sa mère ?

Voici les premières lignes :

METRO CITÉ. SUR L’ESCALATOR qui remonte vers la rue, Maman pose sa main sur mon épaule. Elle a un toucher spécial, ma mère. Elle n’appuie pas, on la sent à peine, pourtant c’est comme un courant tiède qui me traverse. Je peux être n’importe où, dans un hall de gare ou sur la table d’examen du médecin, dès qu’elle me pose la main dessus, je me sens chez moi.
Je monte à pied les dernières marches de l’escalier roulant. Maman n’anticipe pas mon mouvement. Sa main retombe le long de son buste. À l’endroit où elle me touchait, aujourd’hui, ça me brûle.
Le soleil m’éblouit. Je baisse la tête. J’aurais préféré qu’il pleuve. Ou au moins qu’il fasse gris.
– C’est là, dit ma mère en désignant l’autre côté du boulevard.
– Dans une église?!
– Non ! La Sainte-Chapelle se trouve dans le Palais de Justice mais les deux n’ont rien à voir.
Bizarre. ..

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

• La Chambre rose et noire
Pousse de Gingko
Camellia Burrows
Au baz’art des mots
Envie de lire
Eléonore B
La Marmotte qui lit
Light & Smell
Ibidouu
Chronicroqueuse de livres
Chez Xander
Les livres de Rose
Les livres de George
La couleur des mots
Rêveuse Éveillée
Les Histoires d’Amélia
Félicie lit aussi
Fifty Shades of Books
Café littéraire gourmand
Lectrice assidue en devenir
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Au détour d’un livre
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Seduced in the dark de C.J. ROBERTS

Quatrième de couverture : « Je sais que l’on m’observe. Il y a toujours quelqu’un. Quelqu’un qui essaie de me faire manger. C’est une femme. Elle me dit son nom, mais ça m’est égal. Elle ne m’intéresse pas. Rien ni personne ne m’intéresse vraiment. Il y a toujours quelqu’un qui m’observe. Toujours. Je veux partir d’ici, Je ne suis pas malade. Si Caleb était là, je sortirais sur mes deux pieds, heureuse, souriante, complète. Mais il est parti. Et ils ne me laissent pas le pleurer ».

Livvie est aux mains du FBI. Caleb n’est plus là. Leur amour aura-t-il plus de prix que la vengeance ?


Le roman est fort et dérangeant mais ne laisse certainement pas indifférent. Le tout est maîtrisé, bien ficelé et psychologiquement travaillé. A ne pas mettre entre toutes les mains cependant…

Seduced in the dark est une parfaite suite de Captive in the dark, un roman dérangeant mais addictif et prenant, tout en nuance psychologique des personnages, vraiment très intéressant et passionnant à lire et à suivre.

Si dans le premier opus, on était sur un huit clos entre deux personnages que tout opposait, un bourreau et sa victime, un dominant et une soumise (quoi que pas tant que ça finalement), dans ce second opus, il en est tout autre. D’autres personnages secondaires font leur entrée, ceux évoqués dans le premier tome, Rafiq par exemple, mais aussi d’autres protagonistes appartenant en partie au monde glauque et sombre de Caleb et en partie au monde réel et bienfaisant de Livvie, notamment un membre du FBI et une psychologue. Cette entrée de nouveaux personnages va venir étoffer le développement du lien unissant Caleb à celle qu’il doit former comme esclave sexuelle, Livvie, et certainement précipiter une relation irrémédiable.

On démarre le roman là où le premier tome se terminait plus ou moins, Caleb a récupéré Livvie et l’a sauvée in extremis d’un viol par une bande de motard alcoolisée. Elle est toutefois blessée loin de la jolie esclave en bonne santé que Caleb préparait et formait pour assouvir sa vengeance. Pourtant, il sort de sa bulle glauque et violente pour s’occuper d’elle, il en prend soin et tend vers une relation trouble où la tendresse et l’inquiétude viennent s’immiscer, se laissant aller à des gestes qu’il ne devrait pas avoir. On ressent pleinement la colère du personnage protecteur qui va vite se révéler possessif mais ce début n’est qu’une parenthèse, Caleb reprend vite ses esprits et tâche de faire comprendre à Livvie qu’il n’y a aucun avenir possible entre eux, il est détruit et sa fidélité va à Rafiq et à sa vengeance qu’ils préparent ensemble depuis douze années.

A partir de là, on repart sur des sujets difficiles et sensibles, et une projection dans le présent. On comprend que l’on est dans les souvenirs de Livvie, ceux qu’elle raconte aux autorités alors qu’elle est détenue dans un hôpital. Cette dernière a pu se sauver, on ne sait pas comment, on apprend qu’elle est suivie par une psychologue et régulièrement interrogée par le FBI.

On suit donc encore une fois essentiellement les sentiments et les pensées de Livvie. Dans le présent, elle est esseulée et ébranlée par la perte de Caleb, dont l’absence est un manque cruel et douloureux, elle pleure souvent, et l’on comprend qu’elle est très amoureuse de Caleb et qu’elle tente de comprendre comment elle en est arrivée là. A côté de cela, elle se révèle toujours aussi forte et déterminée, les entretiens avec l’agent Mathew sont nombreux mais Livvie prend le temps de raconter son histoire et de distiller les informations qui lui semblent les plus pertinentes, il y a du jeu avec l’agent, une forme de séduction pour obtenir ce qu’elle veut, la jeune fille se révèle calculatrice et très intelligente pour ses dix-huit ans. Avec la psychologue, c’est plus distant, plus froid mais aussi parfois a contrario plus chaleureux. Ces relations multiples dans le présent sont assez intéressantes à suivre car elles en disent beaucoup sur la personnalité de Livvie, sur ses blessures et sur la personne qu’elle est devenue, bien plus qu’une simple victime, et les personnalités de la psy et de l’agent du FBI viennent s’entremêler à tout ça.

Et puis il y a les souvenirs, le passé proche, les évènements avec Caleb et les autres. Livvie est loin d’être docile et obéissante, mais quand elle débarque dans une maison où il se passe de drôle de chose avec des esclaves sexuels et de riches gens, elle calme le jeu pour suivre les conseils de Caleb, obéir et éviter l’effronterie même si cela sera difficile pour elle. Dans cette maison, les choses deviennent tordues, vraiment glauques avec des actes horribles, du viol, de la violence, des abus divers et variés mais toujours beaucoup de plaisir dans la douleur, la soumission ou le rejet. C’est très ambigu, vraiment révoltant et franchement Livvie s’en sort bien dans toute cette noirceur à laquelle elle se retrouve confrontée surtout grâce à Caleb ironiquement qui tente de la protéger d’elle – même dans son monde.

Caleb est un personnage vraiment fascinant. Suivre sa transformation alors qu’il a toujours vécu dans le viol, l’exploitation du corps pour le plaisir, la violence vers quelque chose de plus nuancée, où sa part d’humanité ressurgit, mais aussi où ses réflexions, son regard vont changer, ses actes de protection se révéler moins prudents et donc transparents à certains qui pourraient en abuser. Caleb sait que s’il fait la moindre erreur et trahit Rafiq, c’est un homme mort. Le personnage est perdu entre sa loyauté vis à vis de l’homme qui l’a sauvé d’une vie de chien mais qui a des attitudes qu’il a du mal à cautionner, Caleb n’agit pas forcément dans le bon sens non plus mais tente de le faire sans douleur et sans violence pour ses victimes, et les prémices d’un quelque chose qui éclot au contact de Livvie, c’est psychologiquement passionnant. Et le moment où tout bascule est plus qu’intense !

Il y a vraiment une réflexion psychologique profonde et pertinente à travers ce personnage. On le déteste souvent, mais dans cette coque cruelle et dominatrice, il se cache un tout autre homme, difficile de pardonner ce qu’il a fait, ses femmes qu’il a dresser volontairement ou non, ses mains ensanglantés, mais difficile de ne pas se dire qu’un être est aussi formaté par ce qu’on lui enseigne, ce qu’on lui montre depuis son plus jeune âge, il a des exceptions évidemment mais tout de même ne le cachons pas si nous avions été élevés dans ce contexte que serions – nous devenus ? Caleb a été le bel esclave américain dès son enfance, esclave brutalisé et battu, qui garde encore des cicatrices physiques et des séquelles psychologiques. Et pourtant les émotions vont venir mettre leur grain de sel dans cette horreur sans nom et nos propres émotions de lecteurs vont être mises à mal ! Le roman est certes malsain mais difficile de ne pas être happé pas cette histoire.

Surtout que l’auteure écrit avec une fluidité et une aisance incroyable, on dévore son récit malgré son nombre de pages, elle ne joue pas non plus dans l’excès, c’est bien dosé, il y a des scènes vraiment trashs mais elles sont rares, bien placées et justifiées dans le récit. Pour le reste, ce sont essentiellement des scènes très érotiques dans un univers BDSM avec des dominants et des dominés, où l’obligation se confronte à l’autorisation, on est sur le fil et on peut rapidement basculer d’un côté ou de l’autre. CJ Roberts maîtrise un minimum ce monde d’esclavagisme sexuel et cette violence qui l’entoure, dans ce tome il n’y a pas que de la romance, il y a aussi du thriller et beaucoup de psychologie.

En bref, un roman psychologiquement fascinant et intéressant, une histoire à la fois malsaine et très belle à sa façon. L’entrée en scène de nouveaux personnages vient pimenter ce second tome qui est encore plus sombre et dérangeant mais aussi addictif et prenant. Une série à ne pas mettre entre toutes les mains mais qui mérite vraiment d’être découverte. Il existe un épilogue du point de vue de Caleb, je ne sais pas encore si je le lirais ou non, le diptyque se suffit à lui même tel qu’il est écrit. A voir donc !

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Rétrospective de l’année 2017 !

Voici les moments forts qui ont faits mon année livresque 2017 :

Un au revoir à une belle petite maison d’édition…

editionsduriez-logoEn début d’année 2017, une maison d’édition que j’affectionnais particulièrement a du fermer ses portes, un évènement douloureux dans mon cœur de lectrice. En écrivant ces lignes, j’ai une petite pensée particulière pour Alexis Lorens, l’ancien gestionnaire.

Du côté de la blogosphère et de booktube…

De ce côté là, je suis restée dans ma bulle sans trop sortir des sentiers battus, j’essaie de suivre régulièrement un K à part, MaLecturothèque, les Victimes de Louve ou encore Bazar de la Littérature. Des blogs que je connais depuis un moment maintenant et qui restent dans leur ligne de conduite, du coup je ne suis pas dépaysée et ça a tendance à me rassurer.

De manière plus parcimonieuse, je zieute aussi bien d’autres blogs notamment grâce au rendez – vous « Premières lignes » de malecturothèque mais je ne suis pas très assidue et fidèle je l’avoue…

Un petit nouveau a pourtant fait son entré dans les blogs que je visite régulièrement, étonnamment Chez Xander a réussi à obtenir rapidement ma fidélité (c’est assez rare pour le signaler ! 😉 Je papillonne en général.). Son blog ne parle pas uniquement de romans, au contraire, on y parle davantage de mangas, d’animés, de comics, de Bd et de jeux vidéos. Ce côté « geek » me plaît bien et me rappelle une autre époque… C’est dépaysant et rafraîchissant et Xander a une très bonne aura sympathie, on le sent motivé et très enclin à discuter ou à répondre à ceux qui le suivent, il y a un réel échange et c’est plutôt agréable ! Si vous voulez faire les curieux, c’est par ici :

Du côté des vidéos, je regarde celles de Bazar de Littérature (qui ne devrait plus en faire sur Youtube d’ailleurs) et celles de Margaud Liseuse, j’adore le côté très nature de cette fille.

Un retour aux mangas…

2017, c’est aussi un retour  des mangas dans mes lectures régulières et c’est un peu (beaucoup) grâce au blog de Chez Xander qui a su me redonner envie de m’y plonger. Depuis, j’en lis régulièrement tous les mois. J’ai une affection particulière pour les Shojo, mais les Seinen et les Yaoï ont aussi une bonne place dans les mangas que je lis. Des lectures souvent idéales quand je n’ai pas la motivation de plonger mon nez dans un roman.

Un salon littéraire toujours aussi génial…

Pour la deuxième année consécutive, je me suis rendue au salon littéraire des Aventuriales de Ménétrol (63), de nouvelles rencontres littéraires riches et très épanouissantes. Je dois dire que ce salon a tendance à engendrer en moi une certaine euphorie et quand c’est fini, je me retrouve avec une tonne de livres et pourtant je ne sais pas quoi lire, comme si la pression une fois retombée, m’entraînait dans une forme d’abîme dont j’ai du mal à me sortir. Effet psychologique classique d’un état d’excitation extrême qui s’achève un peu trop vite ! Évidemment, je serai de nouveau présente en 2018 !

Un nouveau partenaire…

L’année 2017, c’est aussi un nouveau partenariat avec les éditions Actes Sud Junior dont je découvre régulièrement les nouveautés, de très beaux titres à découvrir chez eux !

Et un bilan lecture plutôt modeste…

Côté lecture, ce sont 76 romans, 5 albums jeunesse, 58 mangas  et 5 bandes – dessinées lus et qui ont trouvé une petite place bien au chaud sur le blog.

Dans mes favoris ou mes excellentes lectures cette année ont y trouvent :

  • de la romance, on ne me changera pas… Je trouve toujours autant de plaisir à lire de la romance car elle me fait du bien et on y trouve de merveilleuses histoires. Si je devais en conseiller un seul, ce serait certainement Eleanor & Park, une lecture qui m’a particulièrement marquée :

  • du fantastique, mon autre genre de prédilection, j’adore m’évader dans des univers peuplés de créatures ou d’être atypiques. Si je devais en choisir un seul, ce serait difficile, mais Moi, Peter Pan et Petit Blanc sont tous deux exceptionnels :

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  • de la science – fiction, je me rends compte que j’en ai pas mal lu cette année et que j’ai adoré ça. L’anticipation entre autre est quelque chose qui m’attire et me parle beaucoup pour peu qu’on y ajoute énormément d’humanité et c’est jackpot pour moi ! Lovestar est un cru particulièrement réussi mais Marie Béatrice et Où s’imposent les silences sont aussi à noter :

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  • des romans graphiques, albums jeunesses, mangas et BD, pas mal de titres très différents, du côté jeunesse, l’arbre à chat est vraiment sublime…

… L’enfant et le Maudit, The first love in ultramarine et Ten Count mais aussi In These Words sont mes chouchous côté mangas…

Elfes est une très belle bande-dessinée…

… Et enfin Pentes douces est une excellente surprise !

  • du thriller, Résilience est très marquant, un crève cœur ce titre et Billie Morgan est aussi poignant à sa façon ! Deux très beaux thrillers que je recommande.

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  • du roman contemporain, là encore il y a de beaux titres. J’ai l’impression d’en avoir moins lu que les années précédentes, si je dois vous en conseiller, je retiendrai le titre de Maxime Gillio et celui de Vincent Mondiot :

  • de la fantasy :

  • de l’horreur :

Je note qu’il n’y a pas de lecture notée Bit lit… Mes lectures prennent dans l’ensemble un virage intéressant !

En bref…

L’année 2017 aura été livresquement un peu moins forte que l’année 2016. Elle avait plutôt bien démarré avec un bon rythme de lecture, pas mal de diversité, un retour des mangas dans mes lectures, de nouveaux horizons à découvrir, etc… Et puis au dernier trimestre des ennuis professionnels et un stress accumulé ont eu raison de ma forme, j’ai accumulé la fatigue, grandement baissé mon rythme et perdu un peu cette motivation d’écrire des avis. J’espère que cela ne sera qu’une passade mais vu comment s’annonce 2018, je n’en suis pas si sûre… Sans faire étalage de ma vie privée, puisque ce n’est ni mon genre et ni le sujet ici, il est possible que je sois moins présente sur le blog et que j’arrête certaines activités livresques, je réfléchis encore à tout ça, mais je vais devoir faire des choix si je veux garder du plaisir et un quota de sommeil raisonnable ! 😉

Et pour 2018 ?

Souhaitez – moi des lectures toujours meilleures et plus nombreuses ! Je souhaiterai garder le cap sur le blog mais cela devient de plus en plus complexe, il y aura donc certainement du changement à venir… Le principal étant de rester motivée et passionnée, de pouvoir continuer à lire et à tous partager nos lectures ! Je vous souhaite à tous une très bonne année 2018 et je vous dis à l’année prochaine !

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C’est l’heure du bilan !

Voici le bilan de mes lectures du mois de Décembre.

Vous pouvez cliquer sur l’image pour obtenir mon avis sur le roman ou le titre en question. (Il manque pas mal de chroniques qui arrivent au plus vite vite !). Ce mois-ci, le maître mot est « romance », et chose très rare, j’ai lu trois tomes d’affilé d’une même série ! Par contre, je suis très très en retard sur la rédaction des avis…


Mon Favori : Ce mois-ci, la lecture qui m’aura certainement fait vivre une multitude d’émotions est Seduced in the dark de CJ Roberts, le roman est fort et dérangeant mais ne laisse certainement pas indifférent. Le tout est maîtrisé, bien ficelé et psychologiquement travaillé.

Les très bonnes lectures : Du côté des très bonnes lectures, on retrouve le tome 3 de la série de Lisa Kleypas La Ronde des Saisons : Un diable en hiver, l’héroïne innocente et timide aux cheveux flamboyants et au caractère imprévisible et le héros vaurien et débauché m’ont beaucoup plu !  Une alchimie entre les deux personnages qui fonctionne très bien.

  

Les bonnes lectures : Du côté des bonnes lectures, trois romances encore… Les tomes 1 et 2 de la Ronde des saisons : Secrets d’une nuit d’été et Parfum d’automne ont su parfaitement m’offrir un moment cocooning et romantique ! Quant à Flocons d’amour, ce fut une lecture rafraîchissante et amusante.

Du côté des bulles… Deux excellents titres radicalement opposés ! Le premier tome de In these Words est indéfinissable, une claque dans le genre, subtile mélange de thriller psychologique à l’américaine et perversité japonaise. Je suis curieuse de voir comment les auteures envisagent une romance dans cette atmosphère. Le tome 3 de l’Enfant et le Maudit est en accord avec le début de la série, visuellement sublime et l’histoire ne cesse de s’approfondir. Vivement la suite !

Du côté des tout petits / jeunesse… L’histoire de Ferdinand offre un joli conte aux touts petits entre écologie, tolérance et différence.


Et j’ai entamé deux lectures en parallèle, deux services presse car là aussi je suis en retard…


5 romans, 2 mangas, 1 album jeunesse, petit bilan…

RDV le mois prochain !

Et en passant, bonne année à tous !

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Premières lignes #92

2807834

Rendez – vous initié par Ma Lecturothèque

Le terme « incipit » vient du verbe latin incipire qui signifie commencer. L’incipit sert à désigner le début d’un roman.

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de Seduced in the dark de CJ Roberts. Il s’agit d’un tome 2 d’une Dark Romance, le genre de lecture qui suscite le débat, mais justement j’aime bien ces lectures dérangeantes et celle là est franchement bien ficelée.

Quatrième de couverture : « Je sais que l’on m’observe. Il y a toujours quelqu’un. Quelqu’un qui essaie de me faire manger. C’est une femme. Elle me dit son nom, mais ça m’est égal. Elle ne m’intéresse pas. Rien ni personne ne m’intéresse vraiment. Il y a toujours quelqu’un qui m’observe. Toujours. Je veux partir d’ici, Je ne suis pas malade. Si Caleb était là, je sortirais sur mes deux pieds, heureuse, souriante, complète. Mais il est parti. Et ils ne me laissent pas le pleurer ». Livvie est aux mains du FBI. Caleb n’est plus là. Leur amour aura-t-il plus de prix que la vengeance ?

Voici les premières lignes :

Prologue

« C’est une technique que je pratique de longue date manipuler les gens pour obtenir ce que je veux. C’est pour ça que tu crois m’aimer. Parce que je t’ai brisée et reconstruite précisément dans ce but. Ce n’était pas un accident. Quand tout cela sera derrière toi… tu t’en apercevras. »

Caleb

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

• La Chambre rose et noire
Pousse de Gingko
Camellia Burrows
Au baz’art des mots
Envie de lire
Eléonore B
La Marmotte qui lit
Light & Smell
Ibidouu
Chronicroqueuse de livres
Chez Xander
Les livres de Rose
Les livres de George
La couleur des mots
Rêveuse Éveillée
Les Histoires d’Amélia
Félicie lit aussi
Fifty Shades of Books
Café littéraire gourmand
Lectrice assidue en devenir
Solivresse
Au détour d’un livre
La bibliothèque du manoir
1001 nuits de lectures
Akatsuki no Manga
Lady Butterfly & Co
World des books
Lectures de Laurine
La bibliothèque d’une fangirl
Book & Share
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco

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« Romantic obsession » de Saki AIKAWA

  

Quatrième de couverture du tome 1 : Le jour de la rentrée est arrivé, Hotaru partage désormais le même lycée qu’Haruna sensei, l’homme de ses rêves. À partir d’aujourd’hui, la vie ensemble peut enfin commencer. Cette dernière totalement transportée par cette idée, ne tarde pourtant pas à déchanter en tombant sur le désagréable Kôsuke. Manque de chance, celui-ci n’est autre que le petit frère de Haruna sensei ! Elle qui déteste les gens qui n’en font qu’à leur tête, décide de tout faire pour l’éviter. C’est alors qu’il vient la secourir alors qu’elle était en mauvaise posture. Devant sa gentillesse, Hotaru ne peut s’empêcher d’être troublée…


Avant propos…

Romantic obsession est un shojo manga dont l’intégrale de la série comporte quatre tomes tous traduits et sortis en France.

Il s’agit d’une série d’une mangaka que j’apprécie pour son romantisme et la subtilité des sujets abordés à la fois légers et dans l’air du temps. Avec Saki Aikawa, on sort rarement des sentiers battus, un défaut qui peut lasser, une qualité qui rassure…


De jolis dessins qui peuvent toutefois manquer de proportions, un amoureux transi et une fille innocente promesse d’une romance agréable mais qui manque parfois de maturité, des personnages amusants et sensibles qui se retrouvent parfois dans des situations peu crédibles. Des qualités et des défauts dans ce manga qui promettent néanmoins un bon moment de lecture…

Amoureuse depuis plus de deux années d’Haruna Sensei qui l’a aidée dans le métro alors qu’elle faisait un malaise, Hotaru espère enfin pouvoir s’en approcher suffisamment pour en profiter chaque jour en entrant dans un lycée prestigieux. Mais ses plans sont vites mis à mal par l’intervention de Kôsuké, un jeune garçon plutôt froid et moqueur qui ne lui inspire pas grand chose si ce n’est de l’animosité. Pourtant Kôsuké n’hésite pas à l’aider au moment opportun ce qui va profondément troubler Hotaru ainsi que ses émotions.

Hotaru est l’archétype de la jeune fille fleur bleue, naïve,  innocente et très amoureuse des mangas shojo, elle n’est toutefois pas complètement empotée non plus. Dans l’ensemble, c’est un personnage amusant, et sympathique, très vive aussi dans son obsession. On peut également dire qu’elle est persévérante puisqu’elle a tout fait pour entrer dans le lycée où enseigne Haruna Sensei qu’elle aime en secret afin de pouvoir enfin s’en approcher. Pourtant sûre de ses sentiments, Hotaru va vite être perturbée par Kôsuké qui n’est autre que le petit frère d’Haruna.

Kôsuke est un personnage qui m’a particulièrement bien plu dans le genre ténébreux et colérique au grand coeur. Pour une fois, on a un personnage masculin intéressé voire même amoureux d’une fille qui ne le regarde absolument pas, puisque obnubilée par quelqu’un d’autre. Un contraste entre les sentiments qu’il éprouve et ceux d’Hotaru plus frivoles pour Haruna. J’ai bien aimé ce que représente ce personnage nettement plus profond que l’héroïne elle-même, le conflit avec un frère plus âgé, la sensation d’être inférieur, toujours comparé à la réussite de l’aîné, y compris dans les histoires amoureuses. Le personnage est énigmatique, mystérieux et charmeur.

Sans réelle surprise, ce shojo est très classique, on reste sur les basiques « romance et vie scolaire lycéenne », avec son lot de drames et de rebondissements qui vont venir mettre à mal la relation entre les deux protagonistes principaux.  L’ensemble reste malgré tout très romantique et dynamisé par un personnage masculin qui se démarque.

On peut reprocher aussi une qualité visuelle qui n’est pas constante sur l’intégralité du manga. Il y a parfois des soucis de proportions qui viennent entacher l’harmonie des visages notamment ce qui est bien dommage.

En bref, une romance assez classique mais plutôt efficace et prenante qui promet un sympathique moment de lecture.

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« L’enfant et le Maudit » de NAGABE

Quatrième de couverture du tome 1 : Il y a très longtemps, dans une contrée lointaine, existaient deux pays… “L’intérieur” où vivaient les humains, et “l’extérieur”, où habitaient des créatures monstrueuses qu’il ne fallait surtout pas toucher, sous peine de subir la malédiction. Cette histoire commence le jour où se sont rencontrés deux êtres qui n’auraient jamais dû se croiser… Ils sont aussi différents que le jour et la nuit… Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux…


Avant-propos…

L’enfant et le maudit est un shonen fantastique actuellement en cours d’édition. Trois tomes sont parus en France et un quatrième sort en mars prochain.


Deux mondes, deux univers, « l’intérieur » peuplé d’être humain, « l’extérieur » maudit où vivent de drôles de créatures, un monstre empathique, une petite fille innocente, un lien d’affection intime et des dangers sans cesse menaçants…

Un manga tout en contraste et poésie, où animalité et humanité s’entrecroisent, où la tendresse et l’amour se retrouvent sous des traits inattendus, où la violence, l’intolérance se heurtent à l’innocence et à la différence, où la jeunesse et l’expérience adulte font front ensemble, où les traits angéliques et démoniaques ne sont pas ceux qu’ils paraissent. Toute une dualité maîtrisée et des plus intéressante et touchante que l’on retrouve dans ce titre.

Tout cela est renforcée par le lien unissant les deux principaux protagonistes de cette histoire, d’un côté le personnage du professeur, épris d’une certaine tristesse, image sombre, diabolisée, habitant de l’extérieur, maudit, créature de l’ombre considérée comme nuisible et dangereuse et pourtant tout autre chose. Le Professeur est nettement plus humain que les hommes eux mêmes, il s’inquiète pour la petite Sheeva, n’hésitant pas à enjoliver une histoire pour la rassurer et ne pas lui révéler la sombre vérité, la prenant sous son aile pour la protéger des autres autant issus de l’extérieur que de l’intérieur. C’est un personnage souvent perplexe face à ses sentiments et aux questionnements de la petite Sheeva. Le personnage de Sheeva est à l’image de ce qu’elle est, naïve, innocente, enfantine, ne maîtrisant pas la notion de danger, faisant aisément confiance avec une petite touche de caprice quand elle veut quelque chose, un sourire communicatif et une tolérance à la différence envers les maudits et toujours cet espoir qu’un jour sa tata revienne la chercher pour reprendre son ancienne vie. Un véritable petit ange qui ne se rend pas bien compte de tout ce qui l’entoure.

  

Il y a beaucoup de douceur et tendresse entre eux même s’ils ne peuvent se montrer leur affection par des actes au risque de maudire la petite, on ressent tout l’amour qu’ils se portent, un sentiment qui s’apparente à un amour filiale, beaucoup de complicité et c’est bien le plus beau dans ce récit. On suit finalement leur histoire, on cherche à savoir comment ils vont se sortir des épreuves pour rester unis envers et contre tout.

Cette union si innocente est vite entachée par l’atmosphère sombre et pesante qui perdure au fil des pages, des épreuves ou des embûches que les personnages devront affronter ; des hommes de l’armée intérieure, d’autres maudits vengeurs, des légendes alimentées sournoisement, de mystérieuses organisations, des secrets et de drôles de manigances…

Un manga graphiquement magnifique jouant avec virtuosité sur les contrastes du noir et du blanc, de légères nuances de gris tranchées et subtiles, des traits précis dépourvus de fioritures, riche d’une simplicité et d’une expressivité indéniable des personnages, le mangaka maîtrise son sujet pour notre plus grand plaisir.

En bref, un chef d’œuvre visuel et littéraire, mélancolique et poétique où la magie d’un lien tendre éclos peu à peu. Une série manga à découvrir absolument. Il ne reste plus qu’à attendre patiemment le tome 4 !

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