« Mourir, la belle affaire » d’Alfredo NORIEGA

mourir la belle affaire

Quatrième de couverture : Équateur, Quito, 2850 mètres d’altitude. Une Subaru est percutée par une Cherokee. Dans la Subaru, deux morts et une survivante, María del Carmen. A l’arrivée de la police, la jeune fille, encore sous le choc, promet à l’inspecteur Heriberto Gonzaga de l’épouser s’il retrouve les coupables. Mais à Quito, les accidents de la route sont légions et l’affaire est vite classée. Quelques mois plus tard, rongée par la culpabilité d’avoir survécu, María del Carmen se jette du haut d’une falaise. En découvrant son corps, Heriberto se souvient de sa promesse et reprend l’affaire. Il découvre que le dossier a été étouffé…

Avis :

Quito, capitale de l’Équateur, un accident de la route a lieu entre une Cherokee rouge et une vieille Subaru. Bilan : deux morts violentes, une survivante et des fuyards. Quand l’inspecteur Heriberto gonzaga intervient sur les lieux, la survivante lui demande de retrouver les coupables, responsables de la mort de ses deux amis. L’affaire est vite classée dans les banalités locales. Cependant, quand on retrouve le corps de celle qui avait survécu au pied d’une falaise, probable suicide, l’inspecteur se souvient d’elle et décide de mettre son nez dans l’enquête qui a été volontairement bâclée.

Quito est une ville perché dans les hautes altitudes montagneuses des Andes et des volcans. Construit sur un remblai, cette ville est un lieu oppressant où les accidents de la route sont monnaie courante, les fusillades et les gangs, légion, et où les innocents sont des victimes collatérales d’un système corrompu et socialement injuste. La police effraie mais ne brille pas par ses déductions et ses interventions judicieuses. Ce roman, c’est un peu une visite touristique à cent à l’heure où les spécialités culinaires et monuments historiques côtoient des vies sociales antagonistes, des valeurs familiales mais surtout l’injustice et les meurtres. L’intrigue paraît quelque peu décousue, des passés et des présent qui se mélangent, des personnages divers, sans lien apparent, donnant une impression de course poursuite effrénée pour découvrir la vérité sur ce fil conducteur qu’est l’accident et la vengeance.  On croit que l’auteur s’égare mais passé les premières pages, on se fait à ce style et l’écriture se révèle fluide, efficace et très incisive. C’est assez chaotique mais les éléments sont tous intimement liés pour dépeindre un tableau tristement réaliste de la ville de Quito.

A travers le narrateur qui n’est autre que le légiste de la ville, l’auteur parle aussi de la mort dans tous ces états, des morts de tout âge, du jeune homme de dix-neuf ans au vieillard octogénaire, des morts de toute nature, accidents, fusillades, bagarres, mort naturelle et même catastrophe naturelle compte tenu de l’environnement hostile au cœur duquel, la ville est fondée. Arturo parle  donc de ces vies et surtout de ces morts dont, chaque jour, il sort les corps de leur froide conservation pour couper, peser, observer, ces êtres de chairs qui ont basculés entre ses mains bien trop tôt.

Du côté des personnages,  le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils sont éclectiques, le légiste Arturo qui se lasse d’être l’attention des morts et qui rêve à une vie tout autre ailleurs, l’inspecteur Heriberto Gonzaga qui se retrouve face à une promesse, à une vérité indésirable, à une jeune fille, Paulina, qui semble cacher bien des choses, un brigadier repenti, déçu par son métier de policier et qui tente une reconversion insolite et enfin la grand – mère de l’inspecteur, parfait reflet des liens familiaux unis ou non. Ces protagonistes permettent à l’auteur encore une fois de nous décrire davantage cette culture et cette société équatorienne locale qui régissent la ville de Quito.

En bref, vous sortez de votre lecture avec l’impression d’avoir visité la ville, goûté à ses spécialités culinaires, effrayé par les bavures et la circulation, émerveillé par la nature ceinturant cette ville et reprenant ses droits de manière violente. Un polar plus qu’original !

Je remercie Louve du forum Mort Sure et les éditions J’ai lu pour ce partenariat dépaysant et ébouriffant !

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