« L’âme de l’enfer » d’Alexandra V. BACH et Westley DIGUET

 

Quatrième de couverture : Il est le dieu des Enfers. Redouté des Hommes. Honni par les siens.
Au fond de son cœur continue de brûler le désir ardent d’être enfin heureux malgré la tâche qui lui a été dévolue.
Hadès n’a pas souhaité régner sur les âmes des mortels. Cependant, rien ne l’empêchera de choisir sa reine. Quand bien même cela déchaînerait les puissances des dieux de l’Olympe.


Avant – propos

Pour un ouvrage illustré, on s’attend en général à un packaging de qualité, un format travaillé, on ose imaginer une couverture hard-back, bref à quelque chose de l’ordre du « beaux livres ». J’avoue que ce fut une réelle déception de découvrir au moment de mon achat que l’ouvrage n’était finalement qu’un « banal » semi-poche d’une valeur mirobolante de 21 euros (en réalité 18,90 euros plus des FDP mais pas forcément stipulés comme tel sur la facture, là est un autre débat…). Évidemment, l’hésitation est venue se greffer à mon envie, mais j’apprécie beaucoup le travail d’Alexandra V. Bach, aussi je me suis laissée convaincre.

Pourtant, autre chose est venue me contrarier quelques jours à peine après la réception de l’ouvrage. Un petit mail de la maison d’édition m’indiquant que le roman que j’avais reçu (et donc payé 21 euros…) ne correspondait pas à la version définitive suite à une erreur d’envoi de fichier à l’imprimerie. Alors là, cela m’a mis les abeilles sur le moment, en compensation on me proposait de choisir dans leur catalogue un ebook (que je n’ai d’ailleurs jamais reçu suite à ma demande…). Bref, tu reçois un ouvrage qui frôle le format poche, payé 21 euros, qui en fait n’est pas la bonne version mais bien sûr on ne te remboursera pas ou ne t’enverra pas une version définitive puisque financièrement parlant ce n’est pas possible, je le comprends évidemment pour une petite maison d’éditions mais tout même je trouve ça assez irrespectueux du client et du lectorat. A mon sens, cela se passe de commentaires.

Je clos cet avant-propos en rédigeant en suivant ma chronique mais je tenais tout de même à signaler ces faits qui ne sont certainement qu’une mauvaise expérience d’achat comme on peut en voir peut-être beaucoup (et je ne suis pas la seule sur cet ouvrage…), pour ma part c’est la première, et pour quelqu’un comme moi qui essaie de soutenir les petites ME ou des artistes auteurs – illustrateurs en acceptant d’y mettre le prix, je trouve vraiment dommage d’être finalement aussi déçue.


Hadès, Poséidon et Zeus sont trois frères, des Dieux vénérés par les hommes dont l’adoration accroît leur puissance. Pourtant, Zeus décide de mettre Hadès à la tête des Enfers dont personne ne veut malgré le potentiel guerrier et fin stratège du Dieu. Ce dernier ne souhaite pas se retrouver dans les ombres, dans cet endroit à la réputation funeste, violente et dévastatrice, pourtant il n’a pas le choix d’accepter. Abandonné, seul avec sa « conscience », Hadès traverse les temps, les ténèbres et se transforment peu à peu, devenant plus que l’ombre de lui – même, sans toutefois perdre un objectif, trouver une femme qui l’accompagnera dans son règne, trouver l’amour qui le rendra un peu moins seul dans ce lieux sordide, trouver celle qui pourrait lui rendre son âme.

Hadès est un personnage mythique, que l’on soutient dès le départ malgré sa transformation au cours du temps, c’est finalement le frère mal aimé, celui que l’on abandonne à son propre sort, celui dont on se méfiait du potentiel que l’on a subtilement éteint en l’envoyant dans le pire des endroits. Pourtant, Hadès aussi désespéré parait-il, il n’en n’oublie pas son envie d’être accompagné, de trouver l’amour. C’est un bon Dieu, qui prend les choses à cœur ainsi que son rôle mais qui au cours du temps est brisé par la noirceur des morts qu’il côtoie et par sa réputation ternie, les hommes le craignent plus qu’ils l’adorent. On ne peut que s’attacher à ce personnage, espérant qu’il trouve celle qui le réanimera un peu, lui souhaitant de retrouver le chemin de la lumière plutôt que de continuer à sombrer toujours plus dans les ténèbres.

Des rencontres féminines, il en fera, des déceptions, il en aura également, l’amour peut parfois faire plus de mal que de bien, et Hadès l’apprendra à ses dépends jusqu’à ce que Perséphone, fille de Zeus et de Demeter (déesse de l’agriculture et des moissons) fasse son apparition… De là, naîtra une très belle romance mythologique, loin d’être facile et acceptée cependant. L’auteur offre avec cette réécriture une belle histoire d’amour éprise de solitude et de noirceur avec une conclusion pleine de poésie, à la fois dramatique et pleine d’espoir. L’ensemble est joliment illustré par la talentueuse Alexandra V. Bach.

Des illustrations soignées et magnifiques mais pas forcément toutes inédites, j’en connaissais déjà beaucoup et ce manque d’innovation ou de renouveau, c’est selon, m’a un peu frustrée. J’aurais aimé plus d’images non connues, plus de créations spécialement faites pour l’ouvrage, et non finalement une illustration choisie dans le superbe répertoire d’Alexandra et accolée à un passage du récit auquel elle correspond. Elles restent belles et en parfaites adéquation avec le récit mais le format ne les met malheureusement pas en valeur. C’est dommage, finalement un peu plus de fioritures n’auraient pas été du luxe pour améliorer l’ensemble texte / illustration, pour l’harmoniser davantage et former un tout indissociable.

Je n’ai pour le coup pas du tout retrouvé l’excellence de Requiem écrit par Arnaud Armant ou encore du très beau Le Cabinet de Curiosité écrit avec la plume poétique d’Hilda d’Alonso, tout deux magnifiquement illustrés par Alexandra. J’avoue, j’attendais vraiment quelque chose du même acabit, une œuvre soignée et parfaite sur la forme, franchement cela aurait pu en le travaillant davantage.

En bref, un roman court avec des illustrations de qualité qui met en avant une réécriture du magnifique personnage d’Hadès et de sa très belle histoire d’amour avec Perséphone. Il est juste dommage que le format soit si peu soigné pour le mettre véritablement en valeur ! Quant à son prix, c’est là aussi à discuter.

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