« Fernand, un arc-en-ciel sous la lune » de Martial VICTORAIN

Fernand

Quatrième de couverture : Le dépliant publicitaire montre une belle propriété posée au bord d’un étang. Un grand parc de verdure, la campagne et les arbres autour… Ah ! les arbres…Tout est fait pour plaire à Fernand sur ce prospectus; tout est fait pour qu’il se décide enfin à s’arracher de la Salamandre et à sa charge de souvenirs… Alors, c’est par un bel après-midi d’avril qu’il arrive au Perce-neige, la maison de retraite dans laquelle il a décidé que le mènerait une dernière fois son chemin de vie. Malgré un accueil chaleureux et les sourires du personnel, les choses ne semblent pas aussi réjouissantes qu’elles en ont l’air vu de l’extérieur… L’établissement est un trop-plein de souffreteux, de petits vieux presque encombrants… Un endroit débordant de solitudes et d’abandons… Un mouroir comme ils en existent beaucoup… un miroir dans lequel Fernand refuse de se voir. Que faire alors ? Et si les choses finalement ne s’arrêtaient pas là, juste là où elles semblent vouloir s’arrêter ?
Et si les petits vieux décidaient de jouer les prolongations ?…

Avis :

Un roman contemporain plein d’espoir qui traite du sujet des personnages âgées et des maisons de retraite, et soulevant aussi quelques non dits encombrants et dérangeants. Une ode au courage et à la vaillance de ces personnes souvent trop vite isolées dans ces structures si peu stimulantes.

Depuis la mort de son chien, Fernand pense qu’il est temps de quitter sa chère Salamandre, lieu dit de sa petite maison au cœur de la Lozère qu’il a partagé avec sa femme Fantine décédée bien trop tôt et son fils qu’il ne voit que deux ou trois fois par an à de rares occasions. Les volets fermés, la porte close, Fernand se pose une dernière fois sur un banc avant d’embarquer à bord de sa vieille Citroën GS pour un voyage sans retour ; il confit sa propriété en viager aux mains d’un couple d’instituteurs. Il roule alors vers une maison retraite « Perce-Neige » quelques centaines de kilomètres plus loin, le cadre naturel paraît idéal pour cet amoureux de la nature. Et pourtant, à peine arrivé, Fernand déchante et se rend vite compte que les règles de l’établissement ne lui conviennent pas et que les habitants semblent tous voguer vers une fin funeste. Un jour, une autre habitante des lieux se présente à sa porte, elle se rappelle de lui, de son don pour soigner les gens et lui demande de la sauver d’une opération chirurgicale mortelle. De là, l’espoir et la vie se réveillent enfin peu à peu au Perce-Neige.

Le roman doit beaucoup à son protagoniste principal, Fernand. Ce vieil homme rempli de bonté et d’une tendresse profonde. Il respire la bonne santé pour son âge, aspire à la joie de vivre et au plaisir innocent et simple que la vie propose ; écouter le vent dans les arbres, croquer à pleine dents dans une pomme juteuse, se balader au clair de lune… Fernand se retrouve du jour au lendemain dans une maison de retraite, lieu des derniers jours de vie des personnes âgées, lieu souvent morne et triste et où la nourriture est insipide et les plaisirs inexistants. C’est la douche froide pour cet homme qui aspire à profiter de chaque jour que la vie lui offre, de profiter de ses sens et de ses membres encore vacants et des possibilités qui lui sont offertes. Grâce à la complicité du veilleur de nuit, Charles, Fernand retrouvera ses habitudes. Fernand, c’est aussi l’espoir et la gentillesse incarnés et pour les autres habitants de Perce – Neige, ce personnage leur ouvre les portes d’une seconde vie tout simplement. Guérisseur aux mains magiques, il leur ouvre les yeux, les invite à profiter de la nature qui les entoure, à bouger leur vieux membres rouillés, à lire pour stimuler leur cerveau souvent endormi par des liasses de médicaments inutiles et même à voyager… C’est donc rapidement le branle bas de combat au Perce – Neige et peu à peu les employés de la structure sont décontenancés par ce revirement et cette vie éveillée par ces petits vieux abandonnés.

C’est aussi un récit plein d’humour où les petits vieux nous donnent quelques leçons de vie et nous invitent à réfléchir à ce que nous avons et dont ne nous profitons pas, mais aussi à considérer avec plus d’attention nos aïeuls trop souvent isolés. Ainsi, une ribambelle de personnages viennent nous émouvoir et nous faire rire, le veilleur de nuit,  « Le petit sac de pomme de terre », la « clopinante qui ne clopinait plus », le « grinchard » ou encore le vieux tremblotant. Il s’embarque dans des situations rocambolesques et loufoques qui entraînent le lecteur à sourire de certaines situations, on imagine ces petits vieux aussi naïfs et impulsifs que des gamins. C’est une véritable renaissance pour eux.

Le tout est empreint d’une petite touche de mysticisme car Fernand a le don de magnétisme, c’est un héros magnétiseur qui puise son énergie dans la nature et dans ses balades au clair de lune. Le sujet est traité de manière très intéressante. Un petit côté magique et incroyable et pourtant maintes fois prouvé, l’auteur use du sujet avec beaucoup de connaissances. Il y a donc beaucoup de magie qui se dégage de cette histoire.

Du côté du style de l’auteur, c’est une écriture pleine de poésie, de jolis mots, de tendresse pour les personnages et de beaucoup de douceur. On pourra reprocher des longueurs et des descriptions peut-être trop poussées, il y a donc parfois des situations qui traînent en longueur ce qui a pour effet de ralentir la lecture. Après, c’est le genre de récit que l’on prend le temps de lire et que l’on savoure. C’est aussi parfois surréaliste, un peu idéaliste, difficile de croire en certaines situations même si on aimerait beaucoup. La fin marque cependant un retour à la réalité.

En bref, un roman que l’on prend le temps de lire, qui apporte beaucoup d’espoir et qui réveille avec beaucoup d’empathie les consciences collectives. Une jolie découverte !

Je remercie l’auteur pour m’avoir permis de découvrir son roman et son univers.

franco

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Un commentaire pour « Fernand, un arc-en-ciel sous la lune » de Martial VICTORAIN

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