« Loba » de Myrtille BASTARD

Quatrième de couverture : « Salut, moi c’est Lisa. Française, vingt-sept ans, célibataire… (Non, il ne faut pas que je dise ça ! Ou alors je vais être étiquetée comme la fille qui cherche à se caser !) C’est mon premier séjour en Argentine. Je suis sur ce tournage comme spécialiste historique des loups-garous, enfin, c’est le sujet de ma thèse, quoi. Non, c’est nul. Quitte à me présenter, autant être honnête. En France, je n’ai aucune relation sociale ou amoureuse. Juste mes études. Je suis terrorisée par les voyages et le travail en équipe. Mais j’ai accepté de traverser l’Atlantique car il faut vraiment que ce documentaire sur le lobison change ma vie. » Lisa n’a pas idée à quel point son souhait va être exaucé !


Un voyage surprenant en Argentine en quête du mythe du loup – garou local : le lobison.


Loba de Myrtille Bastard est le premier roman des éditions Alter Real que je découvre. J’avoue qu’en optant pour ce titre, je pensais voyager dans une Argentine fantastique peuplée de loups garous avec une héroïne à la Bridget Jones : maladroite, complexée, intelligente et pleine d’humour. L’héroïne, pleine d’auto-dérision, tout en forme et pauvre en clichés des protagonistes féminins habituels, est une étudiante qui prépare sa thèse sur le loup garou dans la littérature et guette les signes d’une existence réelle de la créature, un peu loufoque mais pourquoi pas, le sujet est intéressant. Et puis une opportunité s’offre à elle, rejoindre une équipe de scientifiques en Argentine pour réaliser un documentaire sur le lobison, un mythe fortement présent dans la culture locale. Sur place, rien ne se passe comme elle le pensait, le documentaire se révèle être plus proche d’une vaste supercherie digne d’une série B que d’un réel documentaire basé sur des faits et, bien éloigné de l’avancé qu’elle espérait tant pour sa thèse.

On imagine aisément à travers la lecture du synopsis une aventure rocambolesque, le genre pétillant et divertissant. A vrai dire, on s’en approche par le côté un peu « chick lit » avec une première partie inattendue dans le concept, on s’éloigne nettement du fantastique attendu pour une approche fantasque et détournée du mythe du Lobison. Cela peut d’ailleurs perturber et questionner, c’était d’ailleurs mon cas, je ne comprenais pas bien où l’auteure voulait nous amener et ce qu’elle souhaitait raconter à partir de cette bande de scientifiques pour la plupart en manque de reconnaissance et prête à jouer le jeu d’un documentaire factice pour amuser les amateurs des plus grands musées naturalistes du monde. Coiffure, maquillage, look, effets spéciaux, témoignages édulcorés, on se croyait dans une véritable fiction hollywoodienne avec ses personnages caricaturaux et le moins que l’on puisse dire c’est que notre héroïne, Lisa, nature et sans artifice de prime abord se retrouve vite transformée en femme plantureuse et sexy devant la caméra. Si cela ne manque pas d’humour, que l’approche de la population locale n’est pas dénuée d’intérêt et que l’héroïne ne manque pas de répartie et de piment en n’hésitant pas à intervenir et exposer son point de vue, ce n’est pas la partie la plus intéressante du roman mais elle permet d’aborder le mythe du loup garou sous une facette plus moderne et d’introduire l’Argentine et les croyances de sa population.

Ce côté un peu superficiel (à mon goût) n’a pas forcément su m’appâter, j’ai au contraire bien aimé les relations amicales ou non, amoureuses que Lisa nouent avec les autres personnages ; Marie la québécoise est juste incompréhensible quand elle parle mais elle est tellement drôle ! Pali est adorable, très humain et empathique mais aussi très mystérieux, j’ai beaucoup aimé ce personnage, Tobias laisse de marbre, un bellâtre allemand sans réelle saveur, la mère est incroyablement déconcertante, le père absolument génial et j’en passe. Il y en a pour tous les goûts !

Autre point appréciable, c’est le parallèle de l’expérience de Lisa et d’un scientifique, Pierre Faugier, du XIX ème où l’on évoque ses recherches et expéditions lycanthropiques de la France à l’Argentine profonde. On est finalement transporté dans cette époque perdue mais où les découvertes scientifiques avaient une toute autre saveur, ce qui dynamise d’autant plus l’expérience de Lisa puisque les chapitres s’alternent.

La seconde partie s’intègre davantage dans l’imaginaire, le fantastique et surfe sur le mystique. Elle est plus introspective, personnelle, intime et proche des mythes et traditions chamaniques des peuplades amérindiennes et nettement plus captivante et prenante. Elle présente un rythme plus soutenu dans l’action et les évènements qui s’y passent, parfois même un peu trop. Tout est que j’ai davantage dévoré cette partie-là, on est vite alpagué surtout quand l’urgence de la situation se fait sentir et ouvre à des thématiques qui me parlent davantage ; le passé des amérindiens, le contexte socio-politique de cette peuplade aujourd’hui minoritaire, leur relationnel avec les blancs, la violence induite, les mythes et traditions qui perdurent à travers le temps, la quête de soi pour une nouvelle Lisa, le retour à la simplicité, à la nature, à l’émotion pure sans aspérité. C’est aussi là où la romance s’impose dans une forme assez brute et viscérale et donc en harmonie avec cette seconde partie.

Le tout présente un joli travail d’écriture et de relecture, aucune coquille observée, l’ensemble se lit de manière fluide et agréable, et l’auteure a su parfaitement s’adapter à ses personnages et aux situations qu’elle présentait. J’ai bien aimé le contraste entre la partie actuelle et la partie XIXème.

En bref, si la première partie du récit est un peu longue et ne m’a pas forcément convaincue dans cette histoire de documentaire sur le lobison où les scientifiques jouent plus un rôle que leur devoir d’objectivité (une histoire de goût), le personnage de Lisa, ses relations avec les autres et la seconde partie qui embarque les lecteurs dans un fantastique mystique ont nettement su plus happer mon attention. Sans oublier, le soin avec lequel le roman a été travaillé. Un ouvrage qui devrait plaire aux amateurs de chick lit, romance, fantastique et de loups garous d’un autre genre !

Cet article, publié dans Chroniques, Fantastique, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour « Loba » de Myrtille BASTARD

  1. Ping : C’est l’heure du bilan ! | Songes d'une Walkyrie

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.